Votre vie privée et Internet

La protection de la vie privée est un sujet qui revient périodiquement à la surface lorsqu’il est question d’Internet.  Nous savons tous, dans un coin de notre tête, que nos activités sur le web sont suivies.  Dans les faits, nous ignorons souvent jusqu’à quel point les entreprises emmagasinent des quantités sidérantes d’informations à notre sujet.

La semaine dernière, la commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Jennifer Stoddart a déposé un cadre règlementaire visant à mieux protéger la vie privée des internautes canadiens.  À l’ère des «fichiers-témoins zombies», «pixels invisibles» et «supercookies» il devenait de plus en plus nécessaire d’encadrer les pratiques commerciales de certaines entreprises dans la collecte de données.  Chaque fois que nous appuyons sur une touche du clavier ou de la souris alors que nous naviguons sur Internet, l’information est transmise et enregistrée quelque part.  Le plus souvent, l’objectif est de fournir une publicité ciblée à l’internaute.  Pour la commissaire, il est «carrément terrifiant» de constater à quel point les internautes sont laissés dans l’ignorance face à la «publicité comportementale».  Le cadre règlementaire qu’elle propose vise à redresser certains des pires comportements actuels.  Tout d’abord, il faudrait informer les internautes avant qu’une opération de collecte d’informations soit effectuée et de quelles façons ces informations pourraient éventuellement être utilisées.  De plus, les utilisateurs devraient avoir la possibilité de refuser que l’on collecte des données à leur sujet, ce qui n’est pas le cas actuellement.  Certaines informations (relatives à la santé) devraient être protégées de toute forme de collecte dans un but commercial.

Notons que la collecte d’informations afin d’offrir une publicité ciblée ne représente que la pointe de l’iceberg de ce problème grandissant.  Les risques de dérapages sont innombrables.

Je vous recommande fortement d’aller faire un tour sur le site web de la commissaire à la protection de la vie privée du Canada.  Il y a une foule d’informations utiles.

Je vous offre également un petit texte complémentaire au sujet de Facebook.

Textes traitant du rapport de la commissaire : ici et ici.


Ergonomie Web : d’autres points à souligner

Comme il a été vu lors du dernier cours, l’ergonomie Web est quelque chose d’important à prendre en considération lorsqu’il s’agit de créer un site internet. Après tout, l’historien doit avoir quelques connaissances en ergonomie Web lorsqu’il décide de faire partager lui-même en tant que webmaître ses travaux en ligne. L’ergonomie Web sert non seulement à rendre plus facile la navigation sur un site, mais également à donner plus de visibilité au contenu du site dans les moteurs de recherche en ligne et, donc, par le fait même, à attirer plus de visiteur. Je n’ai pas l’intention de reprendre ici tout ce qui a été dit sur le sujet dans les lectures et dans le cadre du cours. En juin 2010, j’ai assisté à deux séminaires du SITEL portant sur la création de pages Web. Évidemment, il a été question de l’ergonomie Web. Dans cette entrée de blog, j’aimerais plutôt rajouter quelques informations de plus sur l’ergonomie Web tirées de mes notes prises lors de ces séminaires.

Créer un site Web n’est pas sorcier. Il suffit juste de créer les pages comme vous les aimeriez voir en tant que visiteurs, c’est-à-dire une navigation facile et claire. Tout d’abord, lorsqu’il faut nommer vos fichiers et vos répertoires, il faut utiliser des termes significatifs. Une page html est avant tout un fichier que vous sauvegardes dans un ordinateur. Lorsque cette page ou un autre fichier est téléchargée sur votre hébergeur, le nom du fichier sera inclus dans une adresse URL. Par exemple, si votre fichier html se nomme «produits», son adresse URL se terminera par /produits.html une fois qu’il sera téléchargé. En faisant cela, vous facilitez la gestion de votre site, tout en améliorant le positionnement de votre page Web dans les moteurs de recherche, car ceux-ci utilisent les noms de fichiers comme des mots-clés. Toutefois, il ne faut pas confondre le nom d’un fichier avec le titre d’une page. Ce dernier peut être différent du précédant, mais il influence aussi le référencement d’une page dans les moteurs de recherche. Il se trouve toujours dans la barre titre (celle qui se trouve en haut de votre navigateur). Le titre compte normalement de cinq à dix mots-clés ou cent caractères qui témoignent du contenu de la page.

À l’intérieur d’une page Web, les titres des sections doivent être séparés du reste du texte par un saut de paragraphe, en plus d’être en caractère gras. S’il y a des titres et des sous-titres, la grosseur des caractères déterminera l’importance de chacun. Ils sont alors hiérarchisés de manière à ce que le plus important ait le plus gros caractère, tandis que le moins important se retrouve avec le plus petit caractère. De cette manière, il est plus simple d’accrocher les regards des visiteurs, tout en aidant les navigateurs Web pour non-voyants à mieux décoder la page. D’ailleurs, les mots-clés en caractères gras à l’intérieur d’un texte aident également les navigateurs Web pour non-voyants et à accrocher les regards, puisque ça donne de l’intonation ou met en évidence ces mots.

D’autres points intéressants de soulever en ergonomie Web concernent ce qui pourrait être qualifié de l’apparence physique du site. Lorsqu’il s’agit de créer des divisions sur une même page ou pour aérer un texte, il est possible de mettre des séparateurs, c’est-à-dire de tracer des lignes. Évidemment, il ne faut pas surcharger une page avec des lignes, mais en mettre quelques-unes peut rendre un site plus agréable à visiter. Dans le cas des images, celles-ci ne doivent pas être lourdes. Un visiteur va préférer un site dont le contenu apparaît rapidement. Plus une image est lourde, plus elle prendra du temps à apparaître à l’écran. C’est pourquoi il est préférable d’utiliser le format gif pour des éléments de design ou de texte, comme le titre, car, sa palette de couleurs étant limitée, l’image sera moins lourde. Par contre, le format jpg a une palette de 16 millions de couleurs. Ce format servira plutôt pour des images photographiques ou qui ont beaucoup de nuance dans les couleurs. Les jpg peuvent être compressés, mais la qualité de l’image diminuera aussi.

En somme, j’espère vous avoir fait découvrir d’autres éléments intéressants de l’ergonomie Web. J’aurais pu en rajouter d’autres, mais je vous conseille fortement d’aller assister aux séminaires du SITEL. Vous y apprendriez beaucoup d’informations sur la création de pages Web, en plus de mettre en pratique vos connaissances d’ergonomie Web. Pour un historien qui décide de faire lui-même son propre site internet afin de mettre en ligne ses travaux, avoir une base en ergonomie Web est un atout. À vrai dire, savoir montrer l’histoire sur Internet et rejoindre le plus possible de gens, c’est savoir comment appliquer l’ergonomie à la création de pages Web.

SITEL: http://www.sitel.uqam.ca/

Isabelle L.


Les « soap opera » historiques et leur diffusion sur le web: un plaisir coupable?

Les « soap opera », ou romans-savons, se déroulant sur un fond historique se font de plus en plus populaires. La série The Tudors est sans doute l’une des plus connue et son succès a été tel que la chaîne de télévision américaine Showtime l’a remplacée par une autre série du même style en 2011. Cette nouvelle série, The Borgias (Les Borgias), se déroule dans l’Italie de la Renaissance durant la papauté d’Alexandre VI (Rodrigo Borgia), l’un des papes considéré comme le plus corrompu de l’Histoire (il aurait acheté les votes de son élection, avait une famille nombreuse et entretenait plusieurs maîtresses…). Un seul coup d’oeil sur l’affiche publicitaire de la série donne un bon aperçu du ton de la série: Le roman-savon historique est aussi populaire en Turquie, où la série Muhteşem Yüzyıl (Le siècle magnifique) a fait son apparition en 2011. La série se déroule durant le règne du sultan Soliman le Magnifique, et intrigues politiques et intrigues du harem s’entremêlent.

Grâce au web, les séries télévisées ont connues une bien plus grande diffusion à travers le monde. Les communautés de sous-titrage sont très actives et l’accès aux séries étrangères n’a jamais été aussi facile. Dans cette situation, on peut se demander à quel point la diffusion de ces séries informe, ou plutôt désinforme les gens sur l’Histoire. L’exemple de la série turque est intéressant. Pendant longtemps la période ottomane était considérée comme un passé duquel les Turcs devaient s’éloigner.  La série s’inscrit dans un mouvement de retour de l’intérêt pour la passé des Turcs, mais ce passé est dépeint d’une façon qui ne plait pas à tous. Par exemple, les femmes du harem sont tout sauf des femmes voilées et obéissantes et le sultan boit parfois du vin, chose interdite par l’islam (un interdit peu respecté tout au long de l’histoire musulmane). Les débats sont donc virulents entre puristes, qui voient la série comme une diffamation d’une période glorieuse de leur histoire, et les autres qui voient d’un bon oeil la présence de ces réalités. Malheureusement, les exigences de l’élaboration du scénario de ces séries obligent les scénaristes à inventer, voire modifier certains éléments de l’histoire. L’auditeur peu avisé, par exemple quelqu’un qui ne connait pas l’histoire du pays où se déroule l’action,  pourrait donc être souvent victime de désinformation. Par contre, s’il ne s’attache pas aux détails scénaristiques, il pourrait en apprendre beaucoup sur une civilisation ou une région auparavant inconnue. Les romans-savons font ils plus de bien que de mal à la diffusion de l’Histoire? La question reste ouverte. Pour l’instant, ces séries restent pour moi un plaisir coupable…

Jean Lou Castonguay

Sources des images:

Les Borgias : http://www.imdb.com/title/tt1582457/

Muhteşem Yüzyıl: http://devam.hypotheses.org/1133


La Phonothèque québécoise / Musée du son et la diffusion du patrimoine sonore

Bonjour tout le monde,

Cette semaine, j’aimerais parler de la Phonothèque québécoise / Musée du son et de ses efforts dans la numérisation et la diffusion sur le web du patrimoine sonore du Québec.

La Phonothèque est un organisme sans but lucratif fondé en 1989 par quelques individus soucieux de préserver la mémoire sonore du Québec. C’est en s’inspirant des modèles de phonothèques apparues dans les grandes capitales culturelles dès le début du 20e siècle que l’idée d’institutionnaliser la protection de la mémoire sonore prend essor au Québec. Depuis sa création, la Phonothèque se donne l’objectif de devenir «La Phonothèque nationale» du Québec et de rassembler tous les documents liés au patrimoine sonore de la province. Toutefois, comme l’affirme l’ancien président-fondateur de l’organisme Réal Larochelle, l’objectif est loin d’être atteint et il faut plutôt constater l’état fragmenté et dispersé du patrimoine.

Selon un inventaire datant de 2005, on estime les 90 collections de l’institution à environ 12 000 éléments catalogués: disques analogiques et audionumériques, vidéo-cassettes, vidéos numériques, affiches, appareils d’enregistrement sonore, monographies, périodiques, microfilms, partitions musicales, etc.

Malgré son aspect un peu suranné, la numérisation et la mise en ligne d’émissions de radio (extraits couvrant une période de 75 ans de radio: CKAC, CFCF, CKVL, Radio-Canada, etc) et d’entrevues sur le patrimoine sonore rendent le site web de la Phonothèque attrayant pour les historiens et bien d’autres. De plus, des expositions virtuelles sur l’histoire de la radio et des maisons indépendantes de production de disques à Montréal viennent ajouter un contenu historique au site. Il faut avouer cependant que les documents diffusés en ligne ne représentent qu’une petite partie des collections de la Phonothèque. On peut expliquer cet état des choses par le peu de moyens financiers dont dispose l’institution. En effet, comme le mentionne Réal Larochelle, la Phonothèque survit surtout grâce à une subvention gouvernementale annuelle (le montant de 25 000 dollars n’a pas augmenté depuis 1992) et à la générosité d’individus (dons, membership) intéressés par le projet. Une plus grande diffusion sur le web intéresserait sans aucun doute beaucoup de monde. Tout cela dépend des moyens futurs de l’organisation. Y a-t-il des investisseurs quelque part?

Bonne semaine,

Sources: 

LAROCHELLE, Réal, La patrimoine sonore du Québec. La Phonothèque québécoise, Montréal, Les Éditions Triptyque, 2009, 182p.

Site de la Phonothèque: <http://www.phonotheque.org/>