L’histoire et Twitter

Comme vous le savez déjà grâce à un article de gaia23 (article très intéressant d’ailleurs), certains événements sont maintenant recréés en temps réel sur Twitter, un site de réseautage qui n’a plus besoin de présentation. Toutefois, cette initiative n’est pas uniquement celle de Alwyn Collinson pour la Deuxième Guerre mondiale. En effet, d’autres initiatives similaires sur le même sujet ont été tentées avant celle de M. Collinson. Comme cette entrée se veut plus qu’un simple ajout, je me permet d’en faire une entrée au lieu d’un simple commentaire, mais je reconnais que cette entrée est une suite de la précédente.

La première initiative étudiée ici est celle du National Archives du Royaume-Uni. Cet organisme propose de révéler des mini-résumés des diverses suggestions de chacun des membres du Cabinet de guerre de Winston Churchill durant le second conflit mondial, et ce, bien sûr, en temps réel. Ainsi, à partir des archives, l’organise publie la position de chacun au moment où elle a été enregistrée avec le document dans lequel cette idée a été énoncée. Il s’agit d’une initiative très intéressante, car elle permet de voir les idées de chacun des membres de ce cabinet et de constater les divergences d’opinions au sein de ce comité.

La deuxième initiative est celle du journal britannique The Guardian. Ce journal a décidé de commémorer les événements du 11 septembre 2001 en twettant chacun des événements au moment où il s’est passé il y a dix ans. Comme cet événement est un moment charnière de l’histoire récente, cette initiative est somme toute franchement intéressante. En effet, cela peut remettre de l’ordre dans la suite d’événements qui se sont produits ce jour-là. Toutefois, cette opinion n’est pas partagée par tout le monde. En effet, plusieurs lecteurs ont écrit au journal pour se plaindre de cette initiative qu’ils jugeaient inutiles. En fait, le site The Next Web fait une analyse de cet événement et en vient à une conclusion tout à fait logique que je partage. Étant donné que nous n’avons pas de véritable recul par rapport à ces événements (dix ans, c’est presque hier) et que le micro-blogage du Guardian enlèvait toute émotivité de leurs tweets, il est normal que certaines personnes soient choquées par cette initiative. Toutefois, elle demeure pertinente à mon avis, car certaines personnes qui étaient trop jeunes pour se souvenir des événements ou qui en conservent un souvenir très flou, peuvent apprendre exactement ce qui s’est passé de façon neutre et objective.

En somme, plusieurs initiatives comme celles du National Archives du Royaume-Uni et du journal The Guardian permettent de recréer certains événements charnières de notre histoire. Ces initiatives rendent, à mon avis, Twitter de plus en plus riche et de plus en plus pertinent.

 

Sources :

The Next Web. How an ex-History student is using Twitter to bring World War 2 to life. http://thenextweb.com/twitter/2011/09/25/how-an-ex-history-student-is-using-twitter-to-bring-world-war-2-to-life/ (6 novembre 2011)

National Archives. War Cabinet. https://twitter.com/#%21/ukwarcabinet (6 novembre 2011)

Iain Hepburn. Why @911tenyearsago was a bad taste blunder by the Guardian. http://iainmhepburn.com/2011/09/11/why-911tenyearsago-was-a-bad-taste-blunder-by-the-guardian/ (6 novembre 2011)

The Next Web. The Guardian’s 9/11 mistake shows we’re still learning the boundaries of Twitter. http://thenextweb.com/twitter/2011/09/12/the-guardians-911-mistake-shows-were-still-learning-the-boundaries-of-twitter/ (6 novembre 2011).


RealTimeWWII ou comment renouveler l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale

Sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, j’avais l’impression que tout avait été fait. Des analyses hyper pointues aux films grand public en passant par les jeux vidéo et les coffrets documentaire vendus par une mauvaise publicité, sur l’un des évènements historiques les plus médiatisés, il est trop souvent question de « réchauffé ».

À mon grand étonnement, l’initiative de l’ancien étudiant en histoire de l’Université Oxford de 24 ans, Alwyn Collinson, montre qu’il est encore possible de renouveler l’histoire de la Seconde Guerre. En effet, le jeune homme a eu l’idée d’utiliser l’outil de microblogage Twitter pour raconter l’histoire de la célèbre guerre en temps réel.

Ainsi, depuis le 31 août 2011 à 4h45, 72 ans jour pour jour, voire heure pour heure, après l’invasion de la Pologne par Hitler, Collinson publie sur son blog RealTimeWWII une dizaine de Tweets chaque jour concernant les évènements-clé de la guerre. C’est ainsi que, à ce jour, 690 Tweets ont été publiés; ceux-ci sont, par exemple, des unes de journaux, des extraits de discours officiels, mais aussi des commentaires que les différents médias de l’époque ont recueillis des gens « ordinaires », ajoutons que l’auteur utilise des sources issues de plusieurs pays, offrant donc une perspective large des évènements. En plus des Tweets, l’auteur du blog intègre également des liens vers les discours, les vidéos et autres archives numériques desquels ont été puisées les nouvelles.

J’utilise le terme « nouvelles » ici puisque le blog donne réellement un effet de site d’informations en continu. L’un des objectifs de l’auteur était d’éviter l’histoire rétrospective. En entrevue avec Paul Sawers pour The Next Web, il dit (je traduis ici) : « Je ne veux pas anticiper le résultat des évènements puisque je veux que les personnes qui suivent mon blog ressentent un peu ce que les gens ont ressenti à l’époque. […] À ce moment, ils ignoraient que les Nazis étaient des monstres et même que la guerre allait devenir la Deuxième Guerre mondiale ».

Ce projet qui, selon la logique, devrait se terminer en 2017, la Seconde Guerre ayant durée près de 6 ans, vise ainsi à montrer comment les gens « ordinaires » ont vécu la guerre, Collinson veut rappeler leurs souffrances. En montrant l’histoire en temps réel et en offrant des témoignages des gens du commun, il espère rendre accessible et vivante cette histoire.

Ce projet se destine, évidemment, au grand public, n’offrant ni le recul, ni l’analyse essentiels à la discipline historique. Je trouve néanmoins que cette initiative en est une brillante et permet réellement de rafraichir l’histoire populaire de la Seconde Guerre mondiale.

Cloé C.

 

COLLINSON, Alwyn, « WW2 Tweets from 1939 », Twitter, 31 août 2011, <http://twitter.com/#%21/RealTimeWWII>, (27 octobre 2011).

RAYMOND, Grégory, « Un ex-étudiant raconte la Seconde Guerre mondiale sur Twitter », Le Post, 26 octobre 2011, <http://www.lepost.fr/article/2011/10/26/2623194_un-ex-etudiant-raconte-la-seconde-guerre-mondiale-sur-twitter.html>, (27 octobre 2011).

SAWERS, Paul, « How an ex-History student is using Twitter to bring World War 2 to life », The Next Web, 25 octobre 2011, <http://thenextweb.com/twitter/2011/09/25/how-an-ex-history-student-is-using-twitter-to-bring-world-war-2-to-life/>, (27 octobre 2011)


Les réseaux sociaux et l’histoire

De plus en plus, les réseaux sociaux façonnent nos vies. En effet, ils sont passés d’un phénomène marginal associés aux nerds de l’informatique à une mode de masse. En effet, des réseaux comme Facebook, un site de réseautage qui n’a plus vraiment besoin de présentation, et Twitter, qui allie réseautage et microblogage (car on ne peut pas écrire plus de 140 caractères à la fois), sont devenus des incontournables de nos vies. Cet article se penche sur l’impact qu’ils peuvent avoir sur l’histoire.

Source : http://www.zdnet.fr/actualites/facebook-en-francais-est-disponible-39379408.htm

Premièrement, les groupes créés sur Facebook, par ses usagés, ont eu un impact non-négligeable sur les événements qui ont eu lieu dans le monde arabe au cours de la dernière année. En effet, on ne peut nier l’impact qu’ils ont eu dans l’organisation des manifestations, des rassemblements anti-gouvernementaux et dans la diffusion d’idées réformatrices. Malgré les tentatives de censure imposées par les régimes égyptien et tunisien, force est d’admettre qu’il fut facile de contourner les barrières pour parvenir à accéder à tous les sites (il semble que des Tunisiens mentaient sur leur lieu de résidence pour y accéder), et ainsi, poursuivre le mouvement.

 

Source : http://1jour1actu.com/dossierclesactu/egypte-tunisie-libye/

Deuxièmement, les réseaux sociaux ont changé la façon de faire de la politique. Lors de la dernière campagne présidentielle américaine, en 2008, les deux candidats ont dû véhiculer leurs plateformes électorales à travers les réseaux sociaux et ont pris compte des demandes de la population américaine par le biais de ces médias. Barack Obama s’est même adjoint durant la campagne électorale les services de Chris Hugues, un des co-fondateurs de Facebook, pour sa campagne virtuelle. Au Canada, ils ont aussi eu leur rôle à jouer lors de la dernière campagne électorale. Tout d’abord, tous les chefs avaient leurs comptes Twitter (Stephen Harper et Michael Ignatieff en avaient même deux, l’un en français et l’autre en anglais), tout comme plusieurs candidats et de nombreux députés sortants.

Source : http://www.akimedia.eu/dossier/les-reseaux-sociaux-facebook-vs-twitter/

Dans un tout ordre d’idées, ils sont aussi un outil pour les historiens. En effet, ils permettent de véhiculer plus facilement leurs idées, d’organiser plus efficacement des colloques, de guider les travaux en vigueur et d’échanger plus aisément avec des collègues à l’autre bout du monde. Toutefois, ils comportent aussi leur lot d’inconvénients tels que la diffusion très publique de leurs opinions ou de leurs informations personnelles, les droits d’auteur ou le manque de temps pour s’y consacrer.

En somme, on ne peut nier l’impact que les réseaux sociaux ont un impact sur l’histoire et les historiens. D’une part, ils ont été un vecteur important dans l’élaboration des révoltes arabes et des rassemblements anti-gouvernementaux. D’autre part, ils ont aussi changé la façon traditionnelle de faire de la politique en forçant les politiciens à les utiliser davantage pour diffuser leurs idées. Enfin, ils constituent un outil intéressant pour les historiens qui peuvent, par leur intermédiaire, communiquer plus facilement entre eux et diffuser leurs sujets de recherche.

 

Sources :

André Péloquin. Petite histoire des réseaux sociaux. http://urbania.ca/canaux/enquetes/1943/petite-histoire-des-reseaux-sociaux  (24 octobre 2011).

 

Frédéric Clavert. Quel réseau social pour les chercheurs en histoire? http://www.boiteaoutils.info/2011/07/quel-reseau-social-pour-les-chercheurs.html (24 octobre 2011).

 

Jean-Michel Vanasse. Les élections sur le Net. http://techno.ca.msn.com/chroniques/chroniques-articles.aspx?cp-documentid=28219494(24 octobre 2011).

 

Jean-Philippe Bichard. Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans le printemps arabe? http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2011/04/20/quel-role-jouent-les-reseaux-sociaux-dans-le-printemps-arabe_1509472_3232.html (24 octobre 2011).

 

Marie-Catherine Beuth. Le conseiller d’Obama dévoile sa stratégie web. http://www.lefigaro.fr/medias/2008/07/02/04002-20080702ARTFIG00609-senay-barack-obama-est-le-candidat-des-reseaux-sociaux.php(24 octobre 2011).

 

ParisTech Review. La révolution Facebook : le printemps arabe et le futur des réseaux sociaux. http://www.paristechreview.com/2011/02/28/revolution-facebook-printemps-arabe-futur-politique-reseaux-sociaux/(24 octobre 2011).