Priorité: mettre l’histoire à l’avant scène; moyen: humanités numériques

Je veux vous mettre la puce à l’oreille concernant un débat important dont vous avez certainement entendu parler récemment. Il s’agit de celui sur l’enseignement de l’histoire et des orientations de recherche des historiens par rapport aux nécessités politiques et culturelles du Québec.

Voici un lien vous permettant de vous mettre à jour sur ce débat qui se déroule dans tous les médias, y compris Internet. Voici également un organisme qui appuie activement l’enseignement de l’histoire et désire en changer les paramètres, il s’agit de la Coalition pour l’histoire.

Je crois que l’enseignement de l’histoire peut bénéficier de l’approche des humanités numériques. Nous l’avons abondamment vu dans le cours, et je pense que nous en sommes tous convaincus, le WEB et les outils informatiques peuvent apporter une plus-value à l’enseignement de l’histoire à tous les niveaux. Cette approche constitue évidemment une partie de la réponse aux problèmes que concernent l’intérêt peu manifeste des Québécois(es) pour l’histoire. Un enseignement plus dynamique, plus axé sur la pratique historienne et la recherche aura sans doute l’effet de susciter davantage d’engouement de la part des élèves, mais aussi de leur inculquer des connaissances de base qui leur permettraient d’avoir une perspective historique utile quand vient le temps d’appréhender la monde moderne et ses difficultés.

J’ai personnellement eu la chance de prendre un cours avec monsieur Gilles Laporte sur l’histoire des patriotes ici à l’UQAM. Ce professeur engagé et patriote de l’année en 2010, utilise activement les possibilités des humanités numériques dans ses cours, et par expérience personnelle, je peux vous dire que cela les rend passionnants. Il utilisait entre autres Google earth pour faire des cartes, mais bien au-delà, afin de naviguer d’un endroit à l’autre de la province et de nous montrer les endroits où les Patriotes se sont battus, se sont réfugiés, se sont fait pendre ou ont été commémorés, grâce la vue actuelle de Street View. Gilles Laporte tient également un site très actif où l’on peut avoir accès à des archives en ligne, les évènements reliés au patriotes ou aux loyaux dans la plus grande exhaustivité, et une foule d’autres informations.

Si vous voulez entendre l’opinion de Gilles Laporte sur l’enseignement de l’histoire 1 an avant le débat actuel: Entrevue avec Gilles Laporte avec Benoît Dutrizac au 98,5 fm

Concernant l’importance de l’histoire, des historiens et de leur rôle dans les débats de société actuels, voici deux sites, l’un en français et l’autre en anglais qui supportent activement la participation des historiens et la valorisation de leurs recherches dans la sphère publique. Je vous invite à aller lire le manifeste dans la section «à propos – pour une histoire engagée».  Il y a également plusieurs articles fort intéressants sur le devenir de la profession historienne. Il m’apparaît évident que tout historien ou professeur d’histoire, futur ou actuel doit prendre position!

Alex Giroux

Sources = les liens de l’article!


Histoires de vies Montréal

Mardi soir, je suis allée à une conférence sur l’histoire orale. Vous en avez sûrement entendu parler par courriel, par plusieurs affiches dans l’université ou bien, si vous étiez un tant soit peu attentifs dans le cours de lundi. Cette conférence était produite par le Réseau Histoire; un réseau socioprofessionnel qui, en plus d’organiser ce type d’activité, envoie chaque semaine une liste d’activités ainsi qu’un bulletin d’emplois tous deux reliés directement à l’histoire. Si vous n’êtes pas inscrits, je vous le recommande fortement, vous pouvez le faire dès maintenant par courriel à réseau.histoire@uqam.ca.

La conférence était divisée en trois sections. D’abord, avec le peu de temps qui lui était destiné, Yolande Cohen a tâché de répondre à la question : qu’est-ce que l’histoire orale? Par la suite, Eve-Lyne Cayouette Ashby a traité du projet d’histoire orale de Concordia et c’est cela qui nous intéresse ici. Je veux tout de même mentionner la présence d’une troisième conférencière puisqu’elle a suscité mon attention. Il s’agit d’Annie Girard, une enseignante au secondaire, qui a fait vivre à ses élèves le travail de l’historien en exploitant des sources orales.

HISTOIRES DE VIE MONTRÉAL, « Logo - Histoires de vie Montréal ».(28 novembre 2011).

Le projet dont Eve-Lyne Cayouette Ashby est la coordonnatrice se nomme Histoires de vie des Montréalais déplacés par la guerre, le génocide et autres violations aux droits de la personne. Étant donné la longueur vous comprendrez qu’on l’appelle plus souvent par son surnom à savoir Histoires de vie Montréal. C’est un projet qui s’étend sur cinq années, soit de 2007 à 2012, et qui a pour objectif de recueillir les témoignages de 500 personnes qui habitent à Montréal à cause de violations aux droits de la personne. Le projet est hébergé par  le Centre d’histoire orale et de récits numérisés de l’Université Concordia. La majorité des témoignages proviennent de quatre grands groupes «ethniques» ou religieux c’est-à-dire des Rwandais qui ont survécu au génocide, des Cambodgiens qui ont vécu le régime de Pol Pot, des Haïtiens qui ont vécu la violence du régime de Duvalier et des Juifs survivants de l’Holocauste.

Les entrevues sont réalisées par des amateurs qui ont reçu certaines formations. Ceux-ci proviennent habituellement de la même communauté ethnique que la personne qui livre son témoignage. Eve-Lyne Cayouette Ashby relève d’ailleurs la subjectivité qui se retrouve dans les témoignages et, selon elle, une des richesses de l’histoire orale provient des vérités comme des mensonges des interlocuteurs. Les sources sont audiovisuelles,  seulement audio ou simplement écrites. Les Montréalais qui participent au projet ont le droit en tout temps de réclamer que leur vidéo, ou toute autre forme de témoignage, soit détruite. La diffusion de ces sources pour l’historien peut donc être accessible un jour, mais plus le lendemain. Cela peut donc représenter un risque. La licence utilisée pour les vidéos est la Creative Commons Paternité.

Malheureusement, le site internet est encore en construction et pour le moment je trouve qu’il n’y a pas encore beaucoup de témoignages en ligne. Par contre, certaines entrevues sont déjà en ligne, il y a d’ailleurs un film qui a été fait avec quatre témoignages que vous pouvez visionner en cliquant ici. Si vous n’avez pas 22 minutes, je vous conseille fortement d’écouter l’entrevue de Ven Runnath de la sixième minute à sept minutes et quatorze secondes puis la suite à dix minutes trente secondes jusqu’à douze minutes trente secondes; c’est touchant.

En somme, le projet Histoires de vie des Montréalais déplacés par la guerre, le génocide et autres violations aux droits de la personne est encore en construction, mais il permettra d’avoir accès à plusieurs témoignages uniques qui permettront de mieux comprendre la réalité de ceux qui ont trouvé refuge à Montréal. De plus, le site internet du Centre d’histoire orale et de récits numérisés de l’Université Concordia est très enrichissant et peut vous être très utile si vous envisagez de faire de l’histoire orale. En effet, il propose un outil « stories matter » qui permet de gérer vos sources audio et vidéo. Sur le site vous pouvez aussi trouver plusieurs conseils reliés à l’histoire orale tant sur l’éthique de l’histoire orale que des trucs liés à la vidéo.

Sources: 

BEAULIEU, Marion, « Compte-rendu de la conférence Qu’est-ce que l’histoire orale?», jeudi 24 novembre 2011. <http://reseauhistoireuqam.blogspot.com/> (27 novembre 2011).

CONCORDIA ORAL HISTORY RESEARCH LAB. <http://storytelling.concordia.ca/oralhistory/> (28 novembre 2011).

GASANA, Sandra,« À propos du projet « Histoires de vie des Montréalais ». <http://parolecitoyenne.org/a-propos-du-projet-histoires-de-vie> (27 novembre 2011).

HISTOIRE DE VIE MONTRÉAL. <http://www.histoiresdeviemontreal.ca/> (28 novembre 2011).

HISTOIRE DE VIE MONTRÉAL, «J’y étais », 2010. <http://parolecitoyenne.org/j-y-etais> (27 novembre 2011).