Les sites des archives de Radio-Canada et de CBC

Les postes de radio et de télévision représentent une importante source d’archives. Celles-ci portent sur divers sujets et comprennent des entrevues, des films, des documentaires, etc. Elles deviennent alors très utiles pour les chercheurs en histoire. D’ailleurs, les archives sont encore plus appréciées lorsqu’elles sont offertes facilement en ligne à tout le monde. Sachant que Radio-Canada et CBC fêtent cette année leurs 75 ans, je me suis dit qu’il fallait souligner la présence des sites des archives de la société d’État en ligne.

Radio-Canada et CBC possèdent des tonnes d’archives dans des grandes salles. D’ailleurs, les archives de la société d’État sont parmi les plus grandes collections d’archives radiophoniques et télévisuelles au monde. Radio-Canada et CBC ont été des témoins de l’histoire de presque tout le XXème siècle. Leurs archives sont donc des trésors aux yeux des historiens. Face à la grande quantité de ces archives, en 1998, Radio-Canada et CBC se sont alors lancés dans le projet de mieux les préserver, en plus de les offrir au grand public en ligne. C’est ainsi que leurs archives se sont vues accorder des meilleures conditions d’entreposages, grâce notamment à la construction de nouvelles salles destinées spécialement pour elles, et que des archivistes travaillent, depuis plus de 10 ans, à les faire découvrir en ligne au monde entier.

Les sites des archives de Radio-Canada et de CBC sont très faciles d’utilisation. Les vidéos et les extraits sonores sont classés selon des catégories et des dossiers. Cependant, si un internaute sait parfaitement ce qu’il veut rechercher, il peut tout simplement l’écrire dans la barre de recherche et se sauver du temps en évitant de cliquer partout pour trouver la perle rare. De plus, chacune des archives est accompagnée de fiches : «Contexte», «Le saviez-vous?», «Infos» et «Commentaires». Dans le dernier cas, c’est l’internaute qui peut laisser ses commentaires en lien avec l’archive, mais il doit avoir un compte d’utilisateur sur le site pour pouvoir y participer.

Aussi, même les enseignants sont encouragés à favoriser chez leurs élèves la recherche en histoire. De ce fait, il y a sur les deux sites d’archives une section pédagogique proposant des activités diverses que les enseignants peuvent utiliser dans leurs classes. Il existe des activités pour les différents niveaux scolaires, soit du primaire au cégep, mais la majorité de ces activités est destinée pour les élèves du secondaire.

Bref, les sites des archives de Radio-Canada et de CBC sont de vraies mines d’or pour les chercheurs en histoire. Il est difficile de les ignorer lorsqu’il s’agit de faire une recherche en histoire contemporaine. Toutefois, ces sites ne remplaceront jamais une visite dans les grandes salles d’archives accompagnée des archivistes qui connaissent l’ensemble du contenu. En effet, Radio-Canada et CBC n’offrent qu’une fraction des archives qu’ils possèdent dans les grandes salles, mais les sites sont néanmoins constamment alimentés. En 75 ans, Radio-Canada et CBC peuvent dire qu’ils sont capables de raconter bien des choses sur l’histoire contemporaine, que ce soit sur celle canadienne ou celle internationale.

Liens:
Site des archives de Radio-Canada: http://archives.radio-canada.ca/
Site des archives de CBC: http://archives.cbc.ca/


Faire une recherche historique avec des témoignages récupérés en ligne.

Pour n’importe quel chercheur en histoire, travailler en ligne offre bien des avantages, comme la possibilité de rejoindre un grand nombre de personnes. Lorsque le chercheur désire travailler à partir de témoignages d’individus, il peut très bien lancer une invitation en ligne à tout le monde afin qu’ils participent aux témoignages. Ces derniers permettront la création de l’histoire grâce aux souvenirs que les gens avaient dans leur mémoire. Par contre, il est évident que faire appel à des témoignages pour faire une recherche historique a ses bons côtés, tout comme ses mauvais côtés. Alors, inviter en ligne les gens à raconter leurs souvenirs ou expériences est-elle risquée comme idée?

Il y a deux côtés à la médaille. Tout d’abord, quelqu’un qui raconte ce qu’il a vécu est un avantage dans une recherche en histoire. La personne est un témoin direct. Elle sait de quoi elle parle puisque c’est son vécu. Elle peut raconter toutes sortes de choses que bien d’autres sources n’auraient pas été en mesure de dire. Le chercheur en histoire qui invite en ligne les gens à témoigner sur un sujet précis aura accès à plusieurs individus en provenance de partout dans le monde. Le bassin d’échantillon sera alors plutôt élargie puisque le chercheur ne se sera pas limité à quelques témoins trouvés ici et là en dehors du web. De plus, les gens témoignant par écrit en ligne plutôt qu’en parlant face à face avec le chercheur auront, dans certains cas, plus de faciliter à raconter leurs souvenirs. Ils ne se sentent pas nécessairement gênés d’écrire parce qu’ils ne voient pas à qui ils s’adressent.

D’un autre côté, le chercheur qui désire faire son travail à l’aide de témoignages récupérés en ligne suite à une invitation à tous doit être prudent. En effet, n’importe qui peut écrire n’importe quoi juste pour le plaisir d’avoir de l’attention. Il est vrai qu’il sera probable que la majorité des répondants donnera des témoignages véridiques, mais il y aura toujours une poignée de gens malhonnêtes. À cause de ceux-ci, le chercheur devra spécifier dans son travail que cette possibilité existe, surtout qu’il lui est impossible de vérifier à 100% la véracité de tous les témoignages lorsqu’il y en a une très grosse quantité. Par ailleurs, que ce soit des gens honnêtes ou non, la mémoire est malheureusement une faculté qui oublie. Donc, ce que les témoins racontent oralement ou par écrit n’est pas complètement fidèle à ce qui s’est passé dans la réalité. Une fois encore, le chercheur devra spécifier ce détail, mais, de toutes manières, l’histoire a toujours été quelque chose d’approximatif à la réalité.

Bref, en tant que chercheurs en histoire, pouvons-nous utiliser des témoignages récupérés en ligne? C’est possible de le faire, mais il faut être conscients des forces et des faiblesses de cette méthode. Il ne faut pas prendre pour acquis que tous ces gens qui répondront à l’invitation de raconter leur vécu quant à un sujet témoigneront tous nécessairement la vérité et que cette dernière sera fidèle à la réalité historique. Autrement dit, utiliser des témoignages récupérés en ligne n’est pas plus parfaite comme idée que l’utilisation de n’importe quelle autre source.

Isabelle L.

Sources:

COHEN, Daniel J., «History and the Second Decade of the Web», dans Rethinking History, Vol. 8, No. 2, Taylor &amp; Francis Ltd, Juin 2004, pages 293 à 301. <http://www.dancohen.org/files/hist_2nd_decade_web.pdf>.

COHEN, Daniel J. et Roy ROSEINGBERG, «Collecting History Online» dans Digital History: A Guide to Gathering, Preserving, and Presenting the Past on the Web, Philadelphie, University of Pennsylvanie Press, 2006. <http://chnm.gmu.edu/digitalhistory/collecting/index.php>.