Un nouvel outil de présentation : Prezi

Lors de mon exposé au dernier cours sur les logiciels libres et GNU GPL j’ai utilisé un nouvel outil numérique de visualisation, à savoir Prezi. Je débuterai par une petite comparaison entre PowerPoint l’outil par excellence que nous utilisons dans la majorité de nos présentations et Prezi. Par la suite, j’invoquerai certaines raisons d’utiliser Prezi pour la diffusion historique.

D’abord, PowerPoint est un logiciel qui fait partie de la suite bureaucratique d’Office que vous devez acheter tandis que Prezi se trouve gratuitement sur Internet. Comparativement au logiciel PowerPoint, vous devez être connecté à Internet afin d’avoir accès à votre Prezi et de faire vos modifications. Si vous trouvez que cela représente un très gros inconvénient, alors vous n’avez qu’à choisir la version payante de Prezi qui vous permettra de travailler hors ligne. Ensuite, votre Prezi peut être public, donc facilement accessible en ligne pour tous les utilisateurs, ou privé si vous avez une licence à caractère éducative. D’emblée, un PowerPoint est toujours privé. Avec Prezi vous pouvez être plusieurs à travailler en même temps sur la même présentation puisqu’il s’agit d’informatique en nuage. Je vous conseille cette petite vidéo amusante !  Puis, la plus grosse différence entre les deux outils de présentation réside dans le caractère linéaire et statique de PowerPoint en opposition à l’approche par zooms de Prezi. En effet, dès que l’on voit pour la première fois un Prezi on constate que les zooms attirent notre attention et nous captivent. PowerPoint offre certaines transitions, mais cela reste linéaire. Avec Prezi, vous pouvez zoomer comme bon vous semble. Attention au mal de cœur que peuvent susciter de trop grands écarts entre chacune des échelles! De plus, Prezi n’offre pas de correcteur automatique, pour vos fautes d’orthographe, comparativement à PowerPoint pour qui cette option est présente. Il faut aussi considérer que Prezi est uniquement pour les présentations et qu’il n’est pas possible de l’imprimer. Puis, si on utilise un tableau blanc interactif, il faut absolument taper sur la flèche en bas, tandis qu’avec PowerPoint cela est beaucoup plus rapide puisqu’on peut toucher n’importe quel endroit du tableau.

Pourquoi utiliser Prezi pour de la diffusion historique? D’abord, Prezi vous permet d’attirer l’attention de vos auditeurs lors de vos présentations. En effet, grâce au zoom vous pourrez montrer des détails précis, par exemple d’une photographie, mais aussi agrandir le champ de vision afin d’obtenir une vue d’ensemble. Prezi vous permet donc de jouer à plusieurs échelles sur l’information que vous voulez passer. De plus, grâce à la communauté Prezi il est possible d’avoir accès à une multitude d’informations provenant de d’autres Prezi. Cependant, comme dans la majorité des sites où il y a du contenu public, il y en a une très grande quantité et malheureusement ils ne sont pas tous pertinents, par exemple, il peut s’agir d’une présentation d’un élève au primaire. Il serait donc intéressant de faire certaines catégories afin de mieux diviser les présentations et par exemple créer un groupe particulier pour la diffusion historique.

En conclusion, Prezi est un outil simple, il s’agit d’avoir le temps de s’adapter à lui afin d’en bénéficier pleinement. Je suis persuadée qu’il faut se questionner avant de faire une présentation et de choisir un outil numérique qui répond à nos besoins. Lorsque cela sera fait, vous pourrez faire une présentation dans un colloque et qui sait peut-être qu’on se souviendra de vos recherches grâce à cet outil numérique.

Source:

Prezi inc., 2011. < http://prezi.com/> (21 novembre 2011).


Du bon et moins bon usage de Powerpoint

            À quelques semaines de la présentation de nos recherches en classe, il me semblait approprié de traiter du logiciel de présentation Powerpoint que plusieurs d’entre nous utiliserons sans doute, les uns pour agrémenter la présentation, les autres pour l’enrichir, d’autres encore pour la résumer. Quelle est donc l’utilisation adéquate de PowerPoint ?

            Le logiciel PowerPoint, Presenter initialement, a été conçu en 1987 et fut acheté, la même année, par Microsoft Corporation. Depuis 1990, PowerPoint est l’une des applications offertes par la suite Office. Cet outil sert essentiellement à créer un diaporama, une suite de diapositives à contenu varié (textes, images, vidéos, contenu audio, graphiques, cartes) qui est généralement diffusé par un projecteur et qui se destine à un auditoire donné.

            Inoffensif à première vue, le logiciel, du moins l’utilisation qui en est faite, a toutefois de nombreux détracteurs à commencer par Edward R. Tufte, un professeur retraité de sciences politiques, de statistiques et d’informatique de l’Université Yale. Pour lui, il n’y a pas de demie mesure, PowerPoint c’est le mal, tout simplement, comme l’indique le titre de son article publié en 2003. Si le pouvoir corrompt, Powerpoint corrompt complètement, écrit-il acerbement (le jeu de mot est plus savoureux en anglais « Power Corrupts. PowerPoint Corrupts Absolutely. »). Selon Tufte, le logiciel est conçu de manière à favoriser le contenant au détriment du contenu répondant plutôt à une logique de vente qu’à un mode de diffusion neutre de l’information.  

«The speaker, after all, is making power points with bullets to followers. Could any metaphor be worse? Voicemail menu systems? Billboards? Television? Stalin? » E. Tufte

            Le professeur critique par ailleurs l’adoption du logiciel par les enseignants d’écoles primaires, entre autres car PowerPoint privilégie l’usage de mot-clé au détriment de phrases complètes. En tant que statisticien, Tufte est particulièrement virulent avec les outils statistiques du logiciel : « Everything is wrong with these smarmy, incoherent graphs: the encoded legends, the meaningless color, the logo-type branding. They are uncomparative, indifferent to content and evidence, and so data-starved as to be almost pointless. Chartjunk is a clear sign of statistical stupidity » écrit-il d’un ton acerbe.

            Plus récemment, l’utilisation, plutôt la surutilisation, du logiciel par l’armée a été vertement critiquée par certains de ses membres dont le Général H.R. McMaster. Ce dernier estime que les présentations PowerPoint peuvent être dangereuses dans la mesure où elles créent une illusion de compréhension de même qu’une illusion de contrôle. Il ajoute, à juste titre, que certaines choses de ce monde ne sont pas « pointisables » (« bulletizable »).

            L’emploi du logiciel est généralisé (à outrance ?) dans l’armée américaine, en effet, il semble que toutes les actualités militaires, notamment celles qui concernent la présence américaine en Afghanistan, font l’objet d’une présentation PowerPoint. À tel point que le Lieutenant Sam Nuxoll, commandant d’un peloton en Iraq, interrogé par Company Command, un forum internet consacré à la vie militaire, affirmait sérieusement que le plus clair de son temps, il le passait à concevoir des diaporamas. « I have to make a storyboard complete with digital pictures, diagrams and text summaries on just about anything that happens. Conduct a key leader engagement ? Make a storyboard. Award a microgrant ? Make a storyboard. » Malgré plusieurs critiques, l’usage du logiciel par l’armée est apparemment là pour rester estime le Capitaine Crispin Burke.

PowerPoint Failed

A PowerPoint diagram meant to portray the complexity of American strategy in Afghanistan certainly succeeded in that aim. Elisabeth Bumiller

            En dépit des nombreux reproches, PowerPoint est, à mon avis, un bon outil qui doit toutefois être utilisé intelligemment. Il faut d’abord garder à l’esprit que le diaporama est complémentaire à une présentation orale, il ne doit pas en être un substitut. Il ne devrait en aucune façon remplacer l’interlocuteur dont le discours demeure le principal centre d’intérêt (même si on préfère que les yeux de notre auditoire soient rivés sur l’écran plutôt que sur nous-mêmes !).

            L’utilisation de mot-clé pour résumer les grandes lignes de la conférence peut être tout à fait convenable. Toutefois, ceux-ci doivent être mis en contexte car la présentation point par point ne permet pas de faire la connexion entre différents concepts, de même qu’elle ne spécifie pas le niveau d’importance des différents points, ils sont, présentés en liste, tous sur le même pied d’égalité. De plus, ils ne sont pas très spécifiques. Inversement, il faut se garder de mettre trop d’informations sur une seule diapositive, on perdrait ainsi le focus de l’auditoire qui cherche à démêler l’information.  

            Finalement, il est très facile de perdre son temps à concevoir des PowerPoint que plusieurs d’entre nous voudront esthétiques. Certes, l’apparence est importante, mais elle est secondaire au contenu. « Presentations largely stand or fall on the quality, relevance, and integrity of the content. If your numbers are boring, then you’ve got the wrong numbers. If your words or images are not on point, making them dance in color won’t make them relevant. Audience boredom is usually a content failure, not a decoration failure. » (E. Tufte)

Cloé C.

Pour plus d’informations sur les différentes fonctions du logiciel PowerPoint et sur son utilisation, vous pouvez visiter le site (complet mais combien infantilisant) suivant :

« PowerPoint in the classroom », actDEN. Digital Education Network, 2009, http://www.actden.com/pp2007/, (21 novembre 2011).

 

BUMILLER, Elisabeth, « We Have Met the Enemy and He Is PowerPoint », The New York Times, 26 avril 2010, http://www.nytimes.com/2010/04/27/world/27powerpoint.html, (21 novembre 2011).

TUFTE, Edward, « PowerPoint is Evil »,Wired, septembre 2003, http://www.wired.com/wired/archive/11.09/ppt2.html, (21 novembre 2011)

« Microsoft Office PowerPoint », Wikipédia, l’encyclopédie libre, 27 mars 2010, http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Microsoft_Office_PowerPoint&action=history, (21 novembre 2011)