Montréal prend le virage des données ouvertes

Comme nous l’avons vu lors du dernier cours, la Ville de Montréal a décidé de mettre ses données en ligne. Je trouve donc intéressant de voir pourquoi la Ville de Montréal a décidé de participer à ce projet international. Je vous indiquerai aussi comment les données sont présentées. Par la suite, je m’interrogerai sur les options offertes par ce site pour un historien.

Le Rapport sur l’ouverture des données de la Ville de Montréal (Version déposée) – Annexes,  disponible sur le site internet, montre la réflexion d’un comité municipal par rapport à la diffusion de données ouvertes. On apprend en introduction qu’avec ce projet la ville pourrait favoriser la gouvernance démocratique, la stabilité sociale et le développement économique. Un des tableaux intéressants du rapport est celui qui traite de ce qui se fait déjà, en matière de données ouvertes, dans d’autres villes tel que Vancouver, Edmonton, Toronto et Ottawa. Un des objectifs de la Ville est de faire en sorte que des applications soient créées grâce à l’accessibilité de ces données.

Les données sont présentées sous 16 thématiques dont sport, loisirs, culture et développement social, urbanisme et habitation, sécurité publique et développement économique.Certaines, celles en gris, ne sont pas encore disponibles.

Source de l’image: VILLE DE MONTRÉAL. <http://donnees.ville.montreal.qc.ca/> ( 9 novembre 2011)
On peut lire que les données doivent être complètes, primaires, opportunes, accessibles, exploitables, non discriminatoires, non propriétaires, libres de droits, permanentes et à moindre coût. La ville suit donc les dix principes établis par la Sunlight Foundation lors de la concertation de 2010. Il est donc facile de télécharger gratuitement des documents qui sont de même nature que lors de leur collecte.

La mise en place de données ouvertes par plusieurs villes permet à l’historien d’avoir accès facilement à celles-ci. En effet, en quelques cliques vous pouvez savoir combien de vélos ont circulé à Berri le 12 janvier 2011.Pour les intéressés, il y en avait 289 et cela a pu être déterminé grâce à des boucles magnétiques.

Sources de l’impression d’écran: VILLE DE MONTRÉAL, 2011 [ Document Excel ], 27 octobre 2011. <http://donnees.ville.montreal.qc.ca/archives/fiche-donnees/velos-comptage> (9 novembre 2011)

On retrouve aussi une petite banque de photographies de Montréal, une centaine, classée avec leur description dans un tableau Excel. Nous avons donc accès rapidement à certaines photographies datant des années 1920 à 1950 de Montréal. Par exemple, on retrouve la photographie du marché Saint-Antoine prise dans les années 1920. Marché St-Antoine

Source de l’image: ARCHIVES DE LA VILLE DE MONTRÉAL, Marché Saint-Antoine (Côté nord de la rue Saint-Jacques près de la rue de la Montagne), décennie 1920.   <http://depot.ville.montreal.qc.ca/phototheque-archives/jpeg/VM94-Z27-1.jpg> ( 9 novembre 2011)

Pour l’instant, les données restent limitées, mais un forum nous permet de signaler des erreurs, laisser des commentaires ou encore faire des demandes. En somme, je trouve cette initiative très intéressante et je suis persuadée que cela facilitera le travail de l’historien. Si le projet vous intéresse, il y aura une assemblée publique le 15 novembre 2011 qui traitera de ce projet d’ouverture des données publiques. De plus, les données ouvertes pourraient permettre plus de transparence de la part de nos gouvernements à ce sujet je vous conseille fortement cet article du Devoir.

Source : VILLE DE MONTRÉAL, Portail données ouvertes. <http://donnees.ville.montreal.qc.ca/> (9 novembre 2011)


Le Musée de la mémoire vivante et la formation sur le patrimoine et les nouvelles technologies

Source de l’image : Photographie du Musée de la mémoire vivante prise sur le site du musée. < http://www.memoirevivante.org/site.html > (3 novembre 2011)

             Le Musée de la mémoire vivante de Saint-Jean-Port-Joli est une institution consacrée au patrimoine immatériel, que sont les témoignages et récits de vie sous toutes leurs formes (orales, écrites, graphiques, audiovisuelles, numériques, etc.) Les expositions présentées sont uniquement bâties à partir de ces témoignages et le visiteur les découvre en travers des expériences interactives que facilite l’emploi de divers médias et outils technologiques. D’ailleurs, sur leur site web, vous pouvez facilement écouter et lire plusieurs témoignages. Du même coup, on vous incite à livrer vos propres récits et fait étonnant, tous les sujets et toutes formes de témoignages (photo, lettre, film, enregistrement audio, etc.) sont acceptés.

Voici la vidéo explicative du musée.

Source de la vidéo:  » Le Musée de la mémoire vivante vous est expliqué » sur le site du Musée de la mémoire vivante. < http://www.youtube.com/watch?v=RnkcxRqpPE8 > (3 novembre 2011)

             En collaboration avec le Musée de la mémoire vivante, l’Institut du patrimoine culturel de l’Université Laval (IPAC), offrait pour la première fois un programme d’été intitulé « Patrimoine et nouvelles technologies ». Cette université d’été offrait du 29 mai au 5 juin dernier, une formation de 45 heures à une quarantaine d’étudiants à même les locaux du manoir de Saint-Jean-Port-Joli. Ce cours permettait d’améliorer les connaissances et les compétences des participants au sujet des nouvelles technologies pour la préservation du patrimoine. Comme le développement des technologies numériques a bouleversé les méthodes de collecte, conservation, gestion, mise en valeur et diffusion du patrimoine, ce cours abordait les thèmes suivants: nouvelles technologies et enquêtes ethnologiques, développement durable, participation citoyenne, e-tourisme, muséologie virtuelle, vidéo panoramique, environnements immersifs, panophotographie, captation d’images 3D, montages multimédias et applications Web 3.0.

Sur cette vidéo, une démonstration de François Côté, coordonnateur du Laboratoire d’enquêtes et d’entrevues multimédias (LEEM) de l’Université Laval sur l’utilisation de la vidéo panoramique et du balayeur laser 3D dans le cadre de la formation.

Source de la vidéo : « MMV02062011a.mp4 ».< http://www.youtube.com/watch?v=AjFWgL_EcJ4&feature=related > (3 novembre 2011)

           Avec le Musée de la mémoire vivante, on voit bien comment l’utilisation des nouvelles technologies facilite à la fois la cueillette et la diffusion d’un contenu historique. Ce musée, souvent qualifié d’avant-gardiste, démontre comment l’avenir du patrimoine immatériel est désormais lié aux dernières innovations technologiques. Le défi est maintenant de concevoir des programmes d’enseignement qui devront constamment s’adapter aux derniers développements de l’ère numérique. Le personnel enseignant doit non seulement être à l’affut des nouvelles technologies, mais il doit les maîtriser convenablement. De plus, les institutions réussiront-elles à acquérir le matériel informatique qui évolue sans cesse et qui est destiné à une formation aussi pointue ? La formation d’été de l’IPAC offerte au musée de Saint-Jean-Port-Joli semble avoir relevé le défi. D’ailleurs, son succès réside surement dans cette étroite collaboration, en permettant le partage de leurs ressources respectives. En effet, il semble que cette première expérience de formation fut couronnée de succès, à tel point que les organisateurs envisagent d’organiser une autre formation au printemps prochain. Avis aux intéressés !

Marie-Josée S.

Sources :

GAGNON, Maurice, «L’Université d’été à l’heure des nouvelles technologies» dans le Placoteux.com, 6 juin 2011. <http://www.leplacoteux.com/index.asp?s=detail_actualite&id=134300 >(3 novembre 2011)

«Musée de la mémoire vivante : pour la continuité de la mémoire».< http://www.memoirevivante.org/ >(3 novembre 2011)

«Université d’été de l’Institut du patrimoine culturel de l’Université Laval», Institut du patrimoine culturel<http://www.ipac.ulaval.ca/activites/universite-dete/universite-dete-2011/ >(3 novembre 2011)


Histoire de Montréal: corpus archivistique en ligne.

Bonjour tout le monde!

Le 24 octobre dernier, François Gervais publiait sur notre blog l’article  » Le Vieux-Montréal et son patrimoine » dans lequel il montrait toute la richesse du site web du Vieux-Montréal  (https://his7008.wordpress.com/2011/10/24/le-vieux-montreal-et-son-patrimoine/).

En effet, ce site est une mine de renseignements pour ceux qui s’intéressent à l’histoire du patrimoine et à la géographie urbaine. Comme François le souligne, la carte interactive y est particulièrement intéressante, je dois avouer que je m’y suis attardé un bon moment! Dans la même veine, je voulais référer d’autres ressources en ligne à ceux qui s’intéressent à la géographie urbaine et plus particulièrement ici, à l’histoire de Montréal.

Premièrement, les Atlas disponibles sur le site de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec offrent la possibilité de situer géographiquement le secteur montréalais analysé et de définir le type de bâtiment (http://services.banq.qc.ca/sdx/cep/accueil.xsp?db=notice). Ils nous donnent un aspect visuel de la répartition de la population sur les rues et les types de constructions présents, plus particulièrement, quand ils sont mis en relation avec l’Annuaire Lovell et les Recensements du Canada. Ensemble, ces trois sites d’archives permettent d’analyser une multitude d’informations, et ce, dans divers quartiers ou districts montréalais (ou autres régions du Québec).

Comme Atlas disponible, voici l’un des nombreux plans d’incendie de la ville de Montréal, celui du prolifique Charles Goad de 1912-1914, (quartier St-louis, tout près de l’UQAM actuelle).  Les bâtiments de pierres ou de briques sont en rose et ceux de bois en jaune.

Source: Bibliothèque et Archives nationales du Québec.


Pour le même lieu, voici l’Annuaire Lovell en ligne qui contient le nom des principaux résidents par adresse et leur emploi du temps (quoique les métiers ne sont pas toujours indiqués). (Exemple de la rue Dorchester en 1910-1911).  110643_1910-1911_0207
La dernière source en ligne à présenter et non la moindre est celle des Recensements du Canada entre les années 1871 et 1911. Ils livrent une multitude d’informations sur le lieu de résidence, l’âge, le lieu de naissance, la situation familiale, la religion, la profession et les gains de la plupart des habitants montréalais. Voici l’une des pages des listes nominatives du Recensement de 1911. (Toujours sur la rue Dorchester, (District 182, sous-district 23). e002076584

Ces trois types de sources mis en ensemble et sur plusieurs années permettent de répondre à plusieurs questions en rapport avec les Montréalais de l’époque:  phénomène migratoire, situation civile, caractéristiques socio-économiques, logement, environnement urbain, ect. Les informations sont cependant inégales et des zones d’ombre persistent sur certains traits de la vie des habitants. Ainsi, il faut apprivoiser les problèmes que peuvent engendrer ces sources : erreur des recenseurs, problème de numérotations, manque d’information, etc. Ces outils en ligne nous permettent ainsi de se frotter aux erreurs et obstacles des sources que nous devons contourner par une analyse exhaustive des données disponibles. Il faut donc éviter les conclusions trop hâtives et relativiser les chiffres et les sources à notre portée.

Ces outils, issue du développement incroyable des humanités numériques, démontrent l’accessibilité grandissante des documents historiques en ligne.  J’espère que ces liens seront utiles pour quiconque s’intéresse à l’histoire de Montréal.

Guillaume

Bibliographie:

– Le plan d’assurance-incendie de Charles Goad de 1912-1914 sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec:  http://services.banq.qc.ca/sdx/cep/document.xsp?id=0000174399&epage=4&eview=CARTES_PLANS/174399/174399_029.tif

– Annuaire Lovell sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec:  http://bibnum2.bnquebec.ca/bna/lovell/

– Recensement du Canada de 1911:  http://data2.collectionscanada.gc.ca/1911/pdf/e002076584.pdf

http://www.collectionscanada.gc.ca/base-de-donnees/recensement-1911/001003-119.01-f.php?sisn_id_nbr=26700&interval=20&PHPSESSID=4diipl92vu14p34o9ups6g3727

http://www.collectionscanada.gc.ca/recensements/index-f.html


Le Vieux-Montréal et son patrimoine

Le site web du Vieux-Montréal offre une multitude d’informations touristiques pour les visiteurs étrangers et Québécois.  Vous trouverez également sur cette page un élément fort convivial et utile pour quiconque s’intéresse au patrimoine bâti, à l’architecture et à l’histoire.  Aussi, les étudiants du cours faisant partie du volet histoire appliquée de la maîtrise y verront un exemple particulièrement intéressant de travail accompli dans leur domaine.

Sur la page d’accueil du site, vous trouverez un onglet intitulé : Le patrimoine en détail, inventaires patrimoniaux.  À partir de cette application flash, vous pourrez faire des recherches sur l’ensemble des bâtiments historiques du Vieux-Montréal, c’est-à-dire le quadrilatère formé par les rues St-Antoine, Berri, de la Commune et McGill.

Il est possible de faire une recherche à partir d’éléments plus précis tels que l’adresse, le nom du bâtiment, les rues, les éléments architecturaux, etc.  Vous pouvez même faire une recherche au sujet de personnages historiques liés d’une façon ou d’une autre à certains bâtiments du Vieux-Montréal.  Si au contraire vous vous intéressez à une période historique précise, en cliquant sur la colonne d’onglets à droite, vous obtiendrez pour la période choisie une quantité impressionnante d’informations (bâtiments construits et rénovés, rues ouvertes, monuments et œuvres publiques installés, documents de référence pour approfondir la recherche).

À mon avis, l’élément le plus intéressant est la carte qui se trouve au centre de la page.  Il s’agit d’une carte interactive représentant l’ensemble du Vieux-Montréal, subdivisé en secteurs identifiés par des lettres.  En cliquant sur un secteur, vous accédez à une carte plus précise indiquant tous les bâtiments historiques de la zone.  On peut aisément identifier les lieux en plaçant le curseur au-dessus.  Si vous cliquez, vous obtiendrez alors une fiche descriptive incroyablement complète du bâtiment en question.  Tous les bâtiments n’ont pas la même richesse patrimoniale, mais la grande majorité des fiches descriptives traitent de l’histoire, de l’architecture, des artisans derrière la construction, des propriétaires, en plus d’offrir des photos et des informations complémentaires en abondance.

Je vous offre en exemple un des bâtiments les plus spectaculaires de la ville, soit la Banque de Montréal située sur la place d’armes.

Encore un exemple de l’apport des humanités numériques en termes d’accessibilité à du contenu historique.


LA MÉMOIRE MUSICALE QUÉBÉCOISE EN LIGNE

Le Musée du Rock ‘n’ roll du Québec, une nouvelle institution dont la première exposition temporaire a eu lieu à l’été 2011, mais dont les projets ambitieux promettent de la faire accéder au statut de phare pour le patrimoine culturel du Québec, caresse le projet éminemment urgent de numériser et rendre accessible en ligne le patrimoine musical québécois. Comme son nom l’indique, l’équipe du musée souhaite circonscrire de façon large la musique rock et ses descendants, ce qui peut inclure, le punk, le métal, le rap, presque tout sauf la chanson proprement dite.

L’urgence du projet se pose devant la perte de mémoire combinée au désintéressement des pouvoirs publics pour la musique populaire. Le musée propose de contrer toutes les lacunes de l’éparpillement et de l’accessibilité de la mémoire musicale avec une base de données des plus exhaustives possibles. La priorité est donné à la musique numérisée à partir des disques parus depuis le tout début du rock ‘n’ roll au Québec. Les archives comprendront des fiches biographiques, des images, des vidéo-clips pour chaque artiste répertorié. Un des problèmes actuels de ce patrimoine est que la plus grande partie des initiatives en ligne de conservation de la mémoire et de recherche est faite par des particuliers avec un minimum de moyens. Ces sites ont souvent une présentation peu attrayante, sont mis à jour irrégulièrement, ou sont carrément effacés et leurs informations perdues. Patrice Caron, le conservateur du musée, donne l’exemple du site You are the scene, une mine d’or sur le «hardcore» montréalais de la fin des années 1990, qui après son abandon, a disparu. Résultat : une grande partie de la musique produite au Québec est ignorée des tous et la rareté de certains produits les rend inaccessibles. De plus, les organismes privés qui détiennent des droits et des archives physiques compliquent l’accès et la diffusion du patrimoine.

M. Caron veut valoriser les initiatives personnelles en proposant des liens vers les sites des particuliers et des fanatiques. Le principe du Wiki contribuera aussi à l’exhaustivité et l’accessibilité en permettant à quiconque possède des informations de les diffuser, mais aussi aux différents groupes émergents d’acquérir une visibilité. La consultation des archives en ligne proposera une découverte infinie d’artistes locaux en faisant les liaisons entre eux sous différents thèmes. La numérisation touchera également des études scientifiques et périodiques spécialisés de l’époque contribuant à la connaissance de ce patrimoine. Cette initiative sous-tend un espoir, le développement d’une conscience et d’une ouverture de la part du public québécois. Le projet donne les clés aux Québécois pour aller au-delà de ce qui est préférablement proposé par les radios et l’industrie du disque. Il veut aussi redonner ses lettres de noblesse aux Québécois en détruisant l’idée préconçue selon laquelle la création locale se veut à la remorque de ce qui s’est fait aux États-Unis, en France ou en Europe.

Le Musée se servira du programme de gestion de collection en ligne Mimsy (). Une collaboration avec Radio-Canada lui donne accès à l’équipement de numérisation nécessaire ainsi qu’à l’expertise d’archivistes professionnels. Faut-il préciser que le Musée ne souhaite pas détenir nécessairement les archives physiques, mais vise plutôt l’emprunt de collections. Une autre organisme important poursuit un projet complémentaire à celui du Musée du Rock’n’roll du Québec. C’est le GAMIQ () ainsi que l’association de la musique indépendante qui conserve absolument toute la production indépendante québécoise depuis 2006, ce qui correspond à environ 300 albums par année. Ultimement, Patrice Caron veut rendre les expositions du musée en ligne. Il croit aux possibilités du WEB, comparativement à l’exposition physique qui nécessite des moyens financiers plus importants. D’ailleurs le financement passera en partie par la mise sur pied d’une nouvelle fondation. Le site sera parallèle au site du musée et s’appellera Rockr. Le musée vise avril 2012 pour la mise en ligne de la première version du wiki et la première partie de la collection.

Alex Giroux

Source: Entrevue avec M. Patrice Caron, directeur et conservateur, Musée du Rock ‘n’ Roll du Québec.