Un historien qui travaille pour l’Assassin

   
La compagnie de jeux vidéo Ubisoft a engagé en tant qu’historien un ami et collègue Maxime Durand afin de travailler sur le jeu vidéo Assassin’s Creed. Vu que je ne connaissais rien à cet univers, je me souviens lui avoir demandé en quoi consistait son travail. Pourquoi une compagnie de jeux vidéo aurait-elle besoin d’un historien à temps plein ? Participe-t-il à la création du jeu ou fait il seulement des recherches historiques? Étant donné le thème de notre cours, je trouvais intéressant de vous faire partager son expérience et ainsi montrer la relation entre les nouvelles technologies et le métier d’historien.

Le jeu d’action Assassin’s Creed a la particularité de baser la trame et le contexte de son histoire sur des faits historiques. Le premier opus, sortie en 2007, raconte les aventures d’un assassin Altaïr Ibn La-Ahad, lors de la Troisième Croisade au XIIe siècle. Le second opus, quand à lui, prend place dans l’Italie de la Renaissance du XVe siècle. Les concepteurs font donc appels à un ou plusieurs historiens afin de rendre le jeu le plus réel possible.

Ezion Auditore de Firenze, un assassin durant la Renaissance italienne

La première mission de cet historien est donc de trouver un contexte historique qui s’adapte au besoin du jeu. Ses recherches se concentrent sur les évènements importants, les principaux protagonistes, ou encore les sites géographiques de plusieurs périodes. Lorsque les recherches sont effectuées, les décideurs du projet retiennent  finalement une période. À ce stade de la création, le rôle de l’historien est très important. Afin de trouver l’information recherchée, il doit utiliser tous les moyens mis à sa disposition. Il est donc important de connaître les différentes Revues Scientifiques d’Histoire ou encore de savoir utiliser les outils de recherche sur Internet.

Une fois la période sélectionnée, Maxime a dû préciser ses recherches. Il a donc vérifié l’architecture des bâtiments, la véracité des évènements historiques, ou encore les habits ou armes des personnages. Ils présentaient les résultats à ses collègues par le biais de présentations visuelles contenant des images, des vidéos ou encore du texte.

De plus, Maxime a été chargé d’organiser deux ou trois voyages historiques sur les lieux décrits dans le jeu, afin que les décideurs du projet (directeur artistique, créatif etc.) s’imprègnent de l’ambiance, et comprennent les enjeux historiques des événements relatés. À plusieurs reprises, il a dû engager certains historiens spécialistes de la période. Ainsi des professeurs provenant des États-Unis ou encore d’Europe ont fait le déplacement jusqu’à Montréal, le temps d’un week-end ou plus, afin d’apporter des renseignements historiques à l’équipe de création.

Mais il ne faut pas oublier que le jeu vidéo est conçu avant tout pour divertir les joueurs, et ce, afin de pouvoir être vendu à des millions de personnes. Ainsi, ce n’est pas la recherche historique qui est favorisé, mais le plaisir des joueurs. C’est pourquoi, malgré la participation de l’historien au jeu Assassin’s Creed, il existe certains anachronismes et autres erreurs historiques.

Plan d'une des scènes du jeu vidéo.

De plus, l’équipe de création dont l’historien fait partie, reste tout de même limité par les moyens financiers et technologiques du projet. Par exemple, ils n’ont pas le temps, ni les outils technologiques de représenter avec exactitude les moindres détails de tous les édifices ou encore de savoir les paroles exactes prononcées par un personnage historique.

Malgré tout, le jeu Assassin’s Creed a pour objectif de rester le plus fidèle possible aux événements historiques. Par exemple, lorsqu’une scène du jeu représente un personnage historique dans un lieu donné, l’historien doit être sure que ce personnage ce soit bel et bien retrouvé à cet endroit dans la réalité. L’effort de ce respect imposé par les créateurs fait partie du succès du jeu. Ainsi, ils mettent à disposition des joueurs une encyclopédie, expliquant notamment, tout le contexte historique du jeu.

Grâce à la collaboration de la technologie et de l’histoire, le jeu vidéo reconstitue des faits historiques avec une très grande précision. Il permet ainsi de représenter visuellement des évènements passés, qui auraient pu être décris aussi précisément qu’à travers la lecture de nombreux livres. Ainsi, cet outil technologique permet la diffusion massive et rapide de son contenu.

Le jeu vidéo n’est pas un outil technologique très utile pour l’historien, mais il représente un bon exemple de collaboration entre l’historien et l’informatique. Grâce à ce dernier, il est possible de revivre le temps du jeu certains événements historiques passés. De plus, contrairement à certains jeux vidéos, Assassin’s Creed a la qualité de vouloir respecter une réalité historique.

                                                                                                                           Fanny Dumoulin

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Montréal prend le virage des données ouvertes

Comme nous l’avons vu lors du dernier cours, la Ville de Montréal a décidé de mettre ses données en ligne. Je trouve donc intéressant de voir pourquoi la Ville de Montréal a décidé de participer à ce projet international. Je vous indiquerai aussi comment les données sont présentées. Par la suite, je m’interrogerai sur les options offertes par ce site pour un historien.

Le Rapport sur l’ouverture des données de la Ville de Montréal (Version déposée) – Annexes,  disponible sur le site internet, montre la réflexion d’un comité municipal par rapport à la diffusion de données ouvertes. On apprend en introduction qu’avec ce projet la ville pourrait favoriser la gouvernance démocratique, la stabilité sociale et le développement économique. Un des tableaux intéressants du rapport est celui qui traite de ce qui se fait déjà, en matière de données ouvertes, dans d’autres villes tel que Vancouver, Edmonton, Toronto et Ottawa. Un des objectifs de la Ville est de faire en sorte que des applications soient créées grâce à l’accessibilité de ces données.

Les données sont présentées sous 16 thématiques dont sport, loisirs, culture et développement social, urbanisme et habitation, sécurité publique et développement économique.Certaines, celles en gris, ne sont pas encore disponibles.

Source de l’image: VILLE DE MONTRÉAL. <http://donnees.ville.montreal.qc.ca/> ( 9 novembre 2011)
On peut lire que les données doivent être complètes, primaires, opportunes, accessibles, exploitables, non discriminatoires, non propriétaires, libres de droits, permanentes et à moindre coût. La ville suit donc les dix principes établis par la Sunlight Foundation lors de la concertation de 2010. Il est donc facile de télécharger gratuitement des documents qui sont de même nature que lors de leur collecte.

La mise en place de données ouvertes par plusieurs villes permet à l’historien d’avoir accès facilement à celles-ci. En effet, en quelques cliques vous pouvez savoir combien de vélos ont circulé à Berri le 12 janvier 2011.Pour les intéressés, il y en avait 289 et cela a pu être déterminé grâce à des boucles magnétiques.

Sources de l’impression d’écran: VILLE DE MONTRÉAL, 2011 [ Document Excel ], 27 octobre 2011. <http://donnees.ville.montreal.qc.ca/archives/fiche-donnees/velos-comptage> (9 novembre 2011)

On retrouve aussi une petite banque de photographies de Montréal, une centaine, classée avec leur description dans un tableau Excel. Nous avons donc accès rapidement à certaines photographies datant des années 1920 à 1950 de Montréal. Par exemple, on retrouve la photographie du marché Saint-Antoine prise dans les années 1920. Marché St-Antoine

Source de l’image: ARCHIVES DE LA VILLE DE MONTRÉAL, Marché Saint-Antoine (Côté nord de la rue Saint-Jacques près de la rue de la Montagne), décennie 1920.   <http://depot.ville.montreal.qc.ca/phototheque-archives/jpeg/VM94-Z27-1.jpg> ( 9 novembre 2011)

Pour l’instant, les données restent limitées, mais un forum nous permet de signaler des erreurs, laisser des commentaires ou encore faire des demandes. En somme, je trouve cette initiative très intéressante et je suis persuadée que cela facilitera le travail de l’historien. Si le projet vous intéresse, il y aura une assemblée publique le 15 novembre 2011 qui traitera de ce projet d’ouverture des données publiques. De plus, les données ouvertes pourraient permettre plus de transparence de la part de nos gouvernements à ce sujet je vous conseille fortement cet article du Devoir.

Source : VILLE DE MONTRÉAL, Portail données ouvertes. <http://donnees.ville.montreal.qc.ca/> (9 novembre 2011)


Les réseaux sociaux et l’histoire

De plus en plus, les réseaux sociaux façonnent nos vies. En effet, ils sont passés d’un phénomène marginal associés aux nerds de l’informatique à une mode de masse. En effet, des réseaux comme Facebook, un site de réseautage qui n’a plus vraiment besoin de présentation, et Twitter, qui allie réseautage et microblogage (car on ne peut pas écrire plus de 140 caractères à la fois), sont devenus des incontournables de nos vies. Cet article se penche sur l’impact qu’ils peuvent avoir sur l’histoire.

Source : http://www.zdnet.fr/actualites/facebook-en-francais-est-disponible-39379408.htm

Premièrement, les groupes créés sur Facebook, par ses usagés, ont eu un impact non-négligeable sur les événements qui ont eu lieu dans le monde arabe au cours de la dernière année. En effet, on ne peut nier l’impact qu’ils ont eu dans l’organisation des manifestations, des rassemblements anti-gouvernementaux et dans la diffusion d’idées réformatrices. Malgré les tentatives de censure imposées par les régimes égyptien et tunisien, force est d’admettre qu’il fut facile de contourner les barrières pour parvenir à accéder à tous les sites (il semble que des Tunisiens mentaient sur leur lieu de résidence pour y accéder), et ainsi, poursuivre le mouvement.

 

Source : http://1jour1actu.com/dossierclesactu/egypte-tunisie-libye/

Deuxièmement, les réseaux sociaux ont changé la façon de faire de la politique. Lors de la dernière campagne présidentielle américaine, en 2008, les deux candidats ont dû véhiculer leurs plateformes électorales à travers les réseaux sociaux et ont pris compte des demandes de la population américaine par le biais de ces médias. Barack Obama s’est même adjoint durant la campagne électorale les services de Chris Hugues, un des co-fondateurs de Facebook, pour sa campagne virtuelle. Au Canada, ils ont aussi eu leur rôle à jouer lors de la dernière campagne électorale. Tout d’abord, tous les chefs avaient leurs comptes Twitter (Stephen Harper et Michael Ignatieff en avaient même deux, l’un en français et l’autre en anglais), tout comme plusieurs candidats et de nombreux députés sortants.

Source : http://www.akimedia.eu/dossier/les-reseaux-sociaux-facebook-vs-twitter/

Dans un tout ordre d’idées, ils sont aussi un outil pour les historiens. En effet, ils permettent de véhiculer plus facilement leurs idées, d’organiser plus efficacement des colloques, de guider les travaux en vigueur et d’échanger plus aisément avec des collègues à l’autre bout du monde. Toutefois, ils comportent aussi leur lot d’inconvénients tels que la diffusion très publique de leurs opinions ou de leurs informations personnelles, les droits d’auteur ou le manque de temps pour s’y consacrer.

En somme, on ne peut nier l’impact que les réseaux sociaux ont un impact sur l’histoire et les historiens. D’une part, ils ont été un vecteur important dans l’élaboration des révoltes arabes et des rassemblements anti-gouvernementaux. D’autre part, ils ont aussi changé la façon traditionnelle de faire de la politique en forçant les politiciens à les utiliser davantage pour diffuser leurs idées. Enfin, ils constituent un outil intéressant pour les historiens qui peuvent, par leur intermédiaire, communiquer plus facilement entre eux et diffuser leurs sujets de recherche.

 

Sources :

André Péloquin. Petite histoire des réseaux sociaux. http://urbania.ca/canaux/enquetes/1943/petite-histoire-des-reseaux-sociaux  (24 octobre 2011).

 

Frédéric Clavert. Quel réseau social pour les chercheurs en histoire? http://www.boiteaoutils.info/2011/07/quel-reseau-social-pour-les-chercheurs.html (24 octobre 2011).

 

Jean-Michel Vanasse. Les élections sur le Net. http://techno.ca.msn.com/chroniques/chroniques-articles.aspx?cp-documentid=28219494(24 octobre 2011).

 

Jean-Philippe Bichard. Quel rôle jouent les réseaux sociaux dans le printemps arabe? http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2011/04/20/quel-role-jouent-les-reseaux-sociaux-dans-le-printemps-arabe_1509472_3232.html (24 octobre 2011).

 

Marie-Catherine Beuth. Le conseiller d’Obama dévoile sa stratégie web. http://www.lefigaro.fr/medias/2008/07/02/04002-20080702ARTFIG00609-senay-barack-obama-est-le-candidat-des-reseaux-sociaux.php(24 octobre 2011).

 

ParisTech Review. La révolution Facebook : le printemps arabe et le futur des réseaux sociaux. http://www.paristechreview.com/2011/02/28/revolution-facebook-printemps-arabe-futur-politique-reseaux-sociaux/(24 octobre 2011).