Humanités numériques au coeur de la communauté de Cleveland

Bonjour,

Je veux vous introduire à un outil incroyable développé par le Center for Public History & Digital Humanities à Cleveland, OH. Il s’agit du site et de l’application Smartphone Cleveland Historical. Je vous présente d’abord le centre de recherche en quelques mots.

Ce centre de recherche désire diversifier les méthodes et les enseignements de l’histoire collective ou public history. Avec la création de divers projets dynamiques, le centre veut transformer l’enseignement de l’histoire et favoriser la consolidation des communautés d’institutions culturelles, mémorielles.  Le centre a créé des projets régionaux et locaux ainsi qu’une vaste collection d’entrevues d’histoire orale. Il a été d’abord fondé par deux professeurs de la Cleveland State University.

Le site internet de Cleveland Historical est très éducatif et interactif. Il combine l’histoire orale, plusieurs images avec des descriptions détaillées, des diaporama, des vidéos et des textes élaborés. Plus d’une centaine de sites à valeur historique sont décrits et accessibles par un moteur de recherche. Chaque site présenté est géolocalisé sur une carte et s’allie à plusieurs sources numérisées. Les sites sont rassemblés sous différents thèmes et peuvent être abordés dans des tours. Ces tours sont disponibles via l’application. Pour donner quelques exemples, il y a les transports et leur impact sur le développement de la ville, la scène musicale du quartier des spectacles de Cleveland, Les musées, archives et bibliothèques, ou l’immigration irlandaise.

La grande diversité des sources rend la navigation très intéressante et le contenu instructif. Le fait qu’une équipe de chercheurs et d’étudiants en histoire produisent le contenu confirme la qualité qu’on y retrouve. La provenance de chaque photographie est soulignée. Par contre, je reproche l’absence de bibliographie et d’une méthodologie détaillée. Je ne peux m’empêcher de comparer l’outil à Historypin. Cleveland Historical est définitivement à imiter et les projets qu’ils mettent en œuvre, bien qu’ils sollicitent les communautés locales comme le fait Historypin, sont articulés par des professionnels de l’histoire et rajoutent une profondeur nécessaire à l’interprétation de sources iconographiques et d’histoire orale.

Alex Giroux

Sources :

Center for Public History & Digital Humanities, Cleveland Historical, <http://clevelandhistorical.org> (15 décembre 2011)

Center for Public History & Digital Humanities,  <http://csudigitalhumanities.org/>  (15 décembre 2011)


Histoires de vies Montréal

Mardi soir, je suis allée à une conférence sur l’histoire orale. Vous en avez sûrement entendu parler par courriel, par plusieurs affiches dans l’université ou bien, si vous étiez un tant soit peu attentifs dans le cours de lundi. Cette conférence était produite par le Réseau Histoire; un réseau socioprofessionnel qui, en plus d’organiser ce type d’activité, envoie chaque semaine une liste d’activités ainsi qu’un bulletin d’emplois tous deux reliés directement à l’histoire. Si vous n’êtes pas inscrits, je vous le recommande fortement, vous pouvez le faire dès maintenant par courriel à réseau.histoire@uqam.ca.

La conférence était divisée en trois sections. D’abord, avec le peu de temps qui lui était destiné, Yolande Cohen a tâché de répondre à la question : qu’est-ce que l’histoire orale? Par la suite, Eve-Lyne Cayouette Ashby a traité du projet d’histoire orale de Concordia et c’est cela qui nous intéresse ici. Je veux tout de même mentionner la présence d’une troisième conférencière puisqu’elle a suscité mon attention. Il s’agit d’Annie Girard, une enseignante au secondaire, qui a fait vivre à ses élèves le travail de l’historien en exploitant des sources orales.

HISTOIRES DE VIE MONTRÉAL, « Logo - Histoires de vie Montréal ».(28 novembre 2011).

Le projet dont Eve-Lyne Cayouette Ashby est la coordonnatrice se nomme Histoires de vie des Montréalais déplacés par la guerre, le génocide et autres violations aux droits de la personne. Étant donné la longueur vous comprendrez qu’on l’appelle plus souvent par son surnom à savoir Histoires de vie Montréal. C’est un projet qui s’étend sur cinq années, soit de 2007 à 2012, et qui a pour objectif de recueillir les témoignages de 500 personnes qui habitent à Montréal à cause de violations aux droits de la personne. Le projet est hébergé par  le Centre d’histoire orale et de récits numérisés de l’Université Concordia. La majorité des témoignages proviennent de quatre grands groupes «ethniques» ou religieux c’est-à-dire des Rwandais qui ont survécu au génocide, des Cambodgiens qui ont vécu le régime de Pol Pot, des Haïtiens qui ont vécu la violence du régime de Duvalier et des Juifs survivants de l’Holocauste.

Les entrevues sont réalisées par des amateurs qui ont reçu certaines formations. Ceux-ci proviennent habituellement de la même communauté ethnique que la personne qui livre son témoignage. Eve-Lyne Cayouette Ashby relève d’ailleurs la subjectivité qui se retrouve dans les témoignages et, selon elle, une des richesses de l’histoire orale provient des vérités comme des mensonges des interlocuteurs. Les sources sont audiovisuelles,  seulement audio ou simplement écrites. Les Montréalais qui participent au projet ont le droit en tout temps de réclamer que leur vidéo, ou toute autre forme de témoignage, soit détruite. La diffusion de ces sources pour l’historien peut donc être accessible un jour, mais plus le lendemain. Cela peut donc représenter un risque. La licence utilisée pour les vidéos est la Creative Commons Paternité.

Malheureusement, le site internet est encore en construction et pour le moment je trouve qu’il n’y a pas encore beaucoup de témoignages en ligne. Par contre, certaines entrevues sont déjà en ligne, il y a d’ailleurs un film qui a été fait avec quatre témoignages que vous pouvez visionner en cliquant ici. Si vous n’avez pas 22 minutes, je vous conseille fortement d’écouter l’entrevue de Ven Runnath de la sixième minute à sept minutes et quatorze secondes puis la suite à dix minutes trente secondes jusqu’à douze minutes trente secondes; c’est touchant.

En somme, le projet Histoires de vie des Montréalais déplacés par la guerre, le génocide et autres violations aux droits de la personne est encore en construction, mais il permettra d’avoir accès à plusieurs témoignages uniques qui permettront de mieux comprendre la réalité de ceux qui ont trouvé refuge à Montréal. De plus, le site internet du Centre d’histoire orale et de récits numérisés de l’Université Concordia est très enrichissant et peut vous être très utile si vous envisagez de faire de l’histoire orale. En effet, il propose un outil « stories matter » qui permet de gérer vos sources audio et vidéo. Sur le site vous pouvez aussi trouver plusieurs conseils reliés à l’histoire orale tant sur l’éthique de l’histoire orale que des trucs liés à la vidéo.

Sources: 

BEAULIEU, Marion, « Compte-rendu de la conférence Qu’est-ce que l’histoire orale?», jeudi 24 novembre 2011. <http://reseauhistoireuqam.blogspot.com/> (27 novembre 2011).

CONCORDIA ORAL HISTORY RESEARCH LAB. <http://storytelling.concordia.ca/oralhistory/> (28 novembre 2011).

GASANA, Sandra,« À propos du projet « Histoires de vie des Montréalais ». <http://parolecitoyenne.org/a-propos-du-projet-histoires-de-vie> (27 novembre 2011).

HISTOIRE DE VIE MONTRÉAL. <http://www.histoiresdeviemontreal.ca/> (28 novembre 2011).

HISTOIRE DE VIE MONTRÉAL, «J’y étais », 2010. <http://parolecitoyenne.org/j-y-etais> (27 novembre 2011).