La baladodiffusion et les milieux d’enseignement : une pratique en expansion

Depuis l’apparition des baladeurs numériques il y a une dizaine d’années environ, on entend de plus en plus parler de ce qu’on appelle la baladodiffusion (ou podcasting). La baladodiffusion est une pratique récente qui permet de diffuser des fichiers audio ou vidéo sur le Web. Ces fichiers sont appelés des podcasts et sont téléchargés automatiquement dès qu’ils apparaissent sur Internet via l’abonnement à un flux RSS.

Cette technologie a rapidement capté l’attention des milieux scolaires. En effet, de plus en plus d’établissements d’enseignement utilisent la baladodiffusion pour diffuser du matériel pédagogique sur Internet : enregistrement de cours, de séminaires, de conférences,  explications sur les travaux, etc. C’est le cas de plusieurs universités dans le monde. Par exemple, l’établissement universitaire américain MIT offre plus de 1700 cours en podcast sur son site Internet. Les étudiants du célèbre établissement peuvent maintenant siroter leur champagne devant le foyer au lieu d’assister à leurs cours et télécharger l’intégralité de ce qu’ils ont manqué pour l’écouter plus tard. Est-ce une bonne chose ? Surement pour ceux n’ayant pas les moyens de se payer le MIT ! La baladodiffusion est une pratique qui comporte ses avantages et désavantages, mais je vais me « garder une petite gêne » car j’en parlerai lundi prochain lors de ma présentation.

Pour ce qui est de l’histoire et des sciences humaines, les podcasts peuvent prendre plusieurs formes : genre documentaire, émissions radiophoniques, entrevues, enregistrements de cours, etc. À ma connaissance, dans le monde francophone, les podcasts du Collège de France sont une des grandes entreprises dans le domaine des sciences humaines à ce jour. Pour ne pas vous ennuyer lundi, je m’arrête ici.

Quelques liens intéressants :

Les podcasts du Collège de France : http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/pub_pod/

Les Années lumières, Radio-Canada : http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/anneeslumiere/

NICHE : http://niche-canada.org/audio-video

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Priorité: mettre l’histoire à l’avant scène; moyen: humanités numériques

Je veux vous mettre la puce à l’oreille concernant un débat important dont vous avez certainement entendu parler récemment. Il s’agit de celui sur l’enseignement de l’histoire et des orientations de recherche des historiens par rapport aux nécessités politiques et culturelles du Québec.

Voici un lien vous permettant de vous mettre à jour sur ce débat qui se déroule dans tous les médias, y compris Internet. Voici également un organisme qui appuie activement l’enseignement de l’histoire et désire en changer les paramètres, il s’agit de la Coalition pour l’histoire.

Je crois que l’enseignement de l’histoire peut bénéficier de l’approche des humanités numériques. Nous l’avons abondamment vu dans le cours, et je pense que nous en sommes tous convaincus, le WEB et les outils informatiques peuvent apporter une plus-value à l’enseignement de l’histoire à tous les niveaux. Cette approche constitue évidemment une partie de la réponse aux problèmes que concernent l’intérêt peu manifeste des Québécois(es) pour l’histoire. Un enseignement plus dynamique, plus axé sur la pratique historienne et la recherche aura sans doute l’effet de susciter davantage d’engouement de la part des élèves, mais aussi de leur inculquer des connaissances de base qui leur permettraient d’avoir une perspective historique utile quand vient le temps d’appréhender la monde moderne et ses difficultés.

J’ai personnellement eu la chance de prendre un cours avec monsieur Gilles Laporte sur l’histoire des patriotes ici à l’UQAM. Ce professeur engagé et patriote de l’année en 2010, utilise activement les possibilités des humanités numériques dans ses cours, et par expérience personnelle, je peux vous dire que cela les rend passionnants. Il utilisait entre autres Google earth pour faire des cartes, mais bien au-delà, afin de naviguer d’un endroit à l’autre de la province et de nous montrer les endroits où les Patriotes se sont battus, se sont réfugiés, se sont fait pendre ou ont été commémorés, grâce la vue actuelle de Street View. Gilles Laporte tient également un site très actif où l’on peut avoir accès à des archives en ligne, les évènements reliés au patriotes ou aux loyaux dans la plus grande exhaustivité, et une foule d’autres informations.

Si vous voulez entendre l’opinion de Gilles Laporte sur l’enseignement de l’histoire 1 an avant le débat actuel: Entrevue avec Gilles Laporte avec Benoît Dutrizac au 98,5 fm

Concernant l’importance de l’histoire, des historiens et de leur rôle dans les débats de société actuels, voici deux sites, l’un en français et l’autre en anglais qui supportent activement la participation des historiens et la valorisation de leurs recherches dans la sphère publique. Je vous invite à aller lire le manifeste dans la section «à propos – pour une histoire engagée».  Il y a également plusieurs articles fort intéressants sur le devenir de la profession historienne. Il m’apparaît évident que tout historien ou professeur d’histoire, futur ou actuel doit prendre position!

Alex Giroux

Sources = les liens de l’article!


Roy Rosenzweig Center for History and New Media : Building a Better Yesterday, Bit by Bit

Source : http://www.zotero.org/

Depuis le début du cours, plusieurs références ont été faites, peut-être sans le savoir, à des documents ou des outils qui ont été produits et développés par le Centre for History and New Media (CHNM) de l’Université de George Mason en Virginie. Ce centre a été fondé en 1994 par Roy Rosenzweig et avait comme but premier la démocratisation de l’histoire (accessibilité des sources) par l’utilisation de l’informatique et des médias numériques. En avril 2011, suite au décès de son fondateur en 2007, le centre a été renommé Roy Rosenzweig Centre for History and New Media en son honneur. Les activités du CHNM se divisent en trois catégories principales : enseignement et apprentissage, recherche et outils et expositions et collecte, sections que l’on retrouve sur le site du CHNM.

La première section du site se consacre à l’éducation. Le CHNM présente ici une vingtaine de projets qui peuvent être utilisés dans le cadre de la planification d’un cours ou par les étudiants eux-mêmes dans le cadre de leurs travaux. Chaque site a un thème spécifique et présente dans la majorité des cas, une multitude de sources primaires qu’il est possible de consulter. Le site Teaching American History propose des plans de cours, des documents d’archives, des exercices d’analyse de sources primaires, etc. pouvant être utilisés dans le cadre d’un cours sur l’histoire américaine. Ils est donc possible de trouver de l’information sur l’histoire, majoritairement américaine, mais également sur d’autres périodes telles que la Révolution française (Liberty, Equality, Fraternity : Exploring the French Revolution).  Des sites plus généraux sont également présents comme World History Sources qui présentent un dossier complet sur l’analyse des différents types de sources que l’on utilise en histoire.

La seconde section présente différents outils qui peuvent être utilisés dans le cadre de recherche en histoire. Parmi les outils les plus connus développés par le CHNM, on retrouve Zotero et Omeka. On y retrouve également le livre de Daniel J. Cohen (directeur actuel du CHNM) et de Roy Rosenzwieg, Digital History : A Guide to Gathering, Préserving and Presenting the Past on the Web dont nous avons eu quelques chapitres à lire dans le cadre de notre cours. Parmi les autres outils présentés, on retrouve un outil de recherche de syllabus par sujet à travers un grand nombre d’universités et de collèges, une étude en cours sur l’utilisation de la recherche plein texte (text mining), un programme pour construire une ligne du temps, un moteur de recherche pour les départements d’histoire à travers le monde, etc. Cette section constitue donc une «boîte à outils» pour la recherche.

La dernière section est consacrée à la collecte d’archives numériques et à la présentation de quelques expositions, dont une sur les goulags en URSS. On y retrouve également un site consacré aux ouragans Katrina et Rita, mais la pièce maîtresse de cette section est sans nul doute le site consacré aux événements du 11 septembre 2001 (The Septembre 11 Digital Archives). Dans le cadre de ce projet, plus de 150 000 pièces numériques (courriels, images, articles, etc.) ont été recueillies et sont maintenant accessibles à tous. Ce projet démontre bien les préoccupations du CHNM, soit la conservation des archives et particulièrement celles du présent qui seront, pour les historiens du futur, leurs principales sources. Le numérique prend de plus en plus de place dans nos sociétés, mais les traces qu’il laisse sont parfois éphémères. Je vous invite à lire à ce sujet un article de Roy Rosenzweig, «Sacricity or Abundance ? Preserving the Past in a Digital Era», paru en juin 2003 dans The American Historical Review. Cet article portait sur le problème de la conservation des archives numériques. Étant rédigé par le fondateur du CHNM, ce texte aide à bien saisir le but de cette section du centre qui vise à préserver la mémoire collective par la contribution volontaire, la collecte, etc.

Le CHNM est donc un bon exemple de l’utilisation des médias électroniques et de l’informatique pour la diffusion de l’histoire à un public le plus large possible et la devise que l’on retrouve au bas des pages du site, «Building a Better Yesterday, Bit by Bit», résume bien la mission du CHNM. Que ce soit au niveau primaire, secondaire ou universitaire, pour les enseignants ou les étudiants, tout le monde qui a un intérêt pour l’histoire peut y trouver son compte. L’association du CHNM avec une université assure en quelque sorte la qualité de ce qui y est présenté ainsi que le l’évolution constante de son contenu. La langue peut être une barrière à première vue, mais la richesse de ce qu’on y trouve dans les différents sites vaut le détour comme on dit …

 

Sources :

Center for History and New Media, http://chnm.gmu.edu/, 12 décembre 2011.

CHOEN, Daniel J. et Roy Rosenzweig, Digital History : A Guide to Gathering, Preserving and Presentig th ePas on the Web, Philadelphie, University of Pensilvania Press, 2006.

Rosenzweig, Roy, «Sacricity or Abundance? Preserving the Past in a Digital Era», The Américan    Historical Review,vol. 108, no. 3, juin 2003. <http://www.historycooperative.org/journals/ahr/108.3/rosenzweig.html > (13 décembre 2011)


Civilization: le jeu où l’on vit l’histoire

Imaginez être à la tête d’un peuple, de sa première ville à la fondation de votre empire jusqu’à la domination du monde, vous influencez sa destinée, orientez son développement et affrontez les autres meneurs de la planète. Tout cela est possible dans le jeu Civilization. Je vous expliquerai donc pourquoi je crois qu’un jeu informatique peut offrir à des élèves du secondaire d’approfondir leurs connaissances historiques.

Source de la vidéo: «Civilization 5.flv ». <http://www.youtube.com/watch?v=3Wzf_LWyrF8> (19 novembre 2011).

C’est un jeu qui est maintenant rendu à sa cinquième édition et qui est accessible sur plusieurs plateformes. C’est un jeu tour par tour, tel un jeu d’échec, mais où vous faites progresser votre peuple de la préhistoire jusqu’à l’ère moderne et même plus loin, en prenant toutes les décisions pouvant vous mener de la victoire à l’asservissement par une autre nation.

Source de l'image:«civ4screen_rev». <http://keitees.blogspot.com/2008_03_01_archive.html&gt; (19 novembre 2011).

Le joueur est maître d’une multitude d’aspects du jeu qui s’influencent entre eux. Vous devez d’abord choisir votre peuple et le choix est assez varié pour vous offrir de mener les Zulu tout comme les Romains à la conquête de l’espace. Les conditions de victoire sont diversifiées. Vous pouvez asservir les autres nations par la force pour affirmer votre supériorité, mais vous pouvez aussi vous imposer par la force de votre culture, la prééminence de votre religion ou votre avantage technologique. Atteindre ces objectifs de victoire variés se fait à travers la multitude d’aspects que vous devez contrôler tout au long de l’évolution de votre peuple.

Le jeu de base est déjà très intéressant. Il permettrait à un élève du secondaire d’être le meneur des Égyptiens, de construire les Pyramides et à travers le jeu d’en apprendre plus sur ce peuple, sur les merveilles du monde et sur les réalités de la politique. En plus de se sentir concerné au premier plan par l’histoire, le jeu permet de créer sa propre version, son « mod » dans lequel seule votre imagination vous limite de rendre le jeu encore plus réaliste ou plus éclaté. Des « mods » futuristes avec des technologies de l’avenir existent tout autant qu’un « mod » où vous ne contrôlez que votre nation à partir de sa date de fondation historique.

Source de l'image: « MaxPCshot2_full ». <http://www.maximumpc.com/article/reviews/sid_meier’s_civilization_iv_colonization&gt; (21 novembre 2011).

En somme, je crois que le jeu Civilization peut grandement enrichir les connaissances historiques d’élèves au secondaire. J’aimerais bien voir les résultats d’un test de connaissances historiques à des jeunes qui jouent au jeu pendant leur loisir comparativement à d’autres qui ne jouent pas. De plus, il serait intéressant d’intégrer le jeu à certains cours pour ainsi offrir aux élèves de prendre en main le destin d’une nation et d’un peuple, de mener celui-ci et de l’opposer aux autres nations du monde, de les évaluer sur leurs connaissances associées aux bâtiments, à la religion et aux personnages historiques de ce peuple. Civilization permet de s’approprier l’histoire. L’enseignant permettrait à l’élève de s’approprier Civilization. L’expérience a d’ailleurs déjà été faite. À l’intérieur d’une classe aux États-Unis 25 % ont adoré apprendre l’histoire de cette manière surtout ceux qui ne réussissent pas bien en général. Cependant, 25% des élèves avaient de la difficulté avec certaines complexités du jeu. Selon Kurt Squire, le jeu Civilization permet aux élèves de développer leur habileté pour identifier des problèmes, pour tester certaines hypothèses, pour analyser et pour penser de manière stratégique. Toutefois, d’après lui le système scolaire américain préconise l’apprentissage d’objectifs prédéfinis et la résolution de problème de manière structurée. Il renvoie cela au besoin économique d’avoir une main-d’oeuvre standardisée. D’après lui, l’apprentissage par le jeu, comme avec Civilization, permettrait de développer de futurs citoyens plus créatifs en lien avec la nouvelle économie et les outils numériques qu’elle propose. De mon côté, je n’ai jamais joué à ce jeu, j’aimerais donc connaître votre avis sur les inconvénients de Civilization par rapport à l’histoire par exemple si vous connaissez des anachronismes ou des erreurs historiques.

Sources: <http://www.civilization.com/> (19 novembre 2011).

SQUIRE, KURT, «Changing the Game: What Happens When Video Games Enter the Classroom?», août-septembre 2005. < http://website.education.wisc.edu/kdsquire/tenure-files/manuscripts/26-innovate.pdf > (21 novembre 2011).

Merci à la précieuse aide d’Isaac Barbe, un joueur depuis plusieurs années.


L’enseignement de l’histoire : Wikipédia, Wikilivre et Wikimini… Oui, qui aurait cru?

                      Je suis entièrement d’accord avec l’article d’Isabelle, «L’enseignement de l’histoire et Wikipédia» dans lequel elle encourage l’utilisation de Wikipédia dans l’enseignement de l’histoire. Encourager les futurs historiens  à contribuer à l’encyclopédie en ligne profite non seulement à l’élève, mais à tous les futurs lecteurs qui éventuellement iront puiser de l’information sur l’article des contributeurs. À ce sujet, j’ai trouvé un guide très intéressant et fort recommandé dans les témoignages d’enseignants portant sur l’utilisation de Wikipédia comme outil pédagogique. Ce guide prend la forme d’un wikilivre, « Wikipédia dans la classe » dans lequel on retrouve une riche documentation destinée principalement aux professeurs de toutes disciplines qui désirent entreprendre ce type de projet. Tout d’abord, on énumère le matériel et les procédures techniques que cette expérience exige, mais rapidement, on y présente les nombreux avantages qu’offre cette expérience aux étudiants. On recommande particulièrement cette forme de pédagogie active, car elle permet à l’étudiant d’apprivoiser le travail en collaboration, de comprendre la propriété intellectuelle et ce, tout en valorisant le partage du savoir. Plusieurs idées de projets sont suggérées, et l’on y retrouve même une petite section destinée aux clientèles particulières (enfants, adolescents, personnes avec un handicap). Aspect intéressant,  le guide tente de répondre aux craintes et aux attentes des professeurs et précise clairement les limites pédagogiques d’une telle activité. Résumer ce guide est une tâche impossible dans cet article, mais je vous conseille fortement de le consulter, surtout si l’enseignement vous intéresse.

Comme le disait Isabelle, presque tout le monde connait Wikipédia….mais connaissez-vous Wikimini ? C’est vraiment trop mignon ! Wikimini est une version pour enfants et adolescents de l’encyclopédie en ligne.

Source de l’image : Image prise sur le site web «Le webmestre pédagogique < http://www.lewebmestrepedagogique.com/2011/02/wikimini/> (10 novembre 2011)

Tout comme la version « adulte », il est possible pour les jeunes d’y contribuer. L’interface est colorée, amusante et il y a même une catégorie « histoire et géographie ». Une section imagée et bien documentée est réservée aux professeurs qui souhaitent obtenir des renseignements pour utiliser ce site en classe.  Évidemment, certaines notices sont parfois très brèves ou incomplètes, tandis que d’autres sont à l’inverse, d’une qualité remarquable. Il faut admettre que le résultat final est loin d’être l’objectif premier.  Le but recherché est plutôt de valoriser l’apprentissage des élèves, de favoriser la coopération et de développer leur esprit critique. De plus, les jeunes sont très tôt sensibilisés aux enjeux liés à la contribution à une encyclopédique en ligne, ce qui à mon avis est fort enrichissant pour les futurs lecteurs et rédacteurs du grand Wikipédia. Si vous voulez avoir une meilleure idée de Wikimini, visionnez sur leur site, la vidéo de présentation.

Source de la vidéo : «Wikimini -Présentation de l’encyclopédie pour enfant» < http://www.youtube.com/watch?v=_VurKwuubF4 > (10 novembre 2011)

Sources :

Isabelle (isahis7008),« L’enseignement de l’histoire et Wikipédia» dans his7008.wordpress.com, 7 novembre 2011 < https://his7008.wordpress.com/2011/11/07/lenseignement-de-lhistoire-et-wikipedia/> (10 novembre 2011)

«Wikimini : C’est toi qui l’écris» <www.fr.wikimini.org > (10 novembre 2011)

«Wikilivre : Wikipédia en classe» < http://fr.wikibooks.org/wiki/Wikip%C3%A9dia/Wikip%C3%A9dia_dans_la_classe > (10 novembre 2011)