Les vidéos d’archives sur le web

Lors de mon dernier article sur les vidéos d’archives, j’ai expliqué la contribution d’internet dans la préservation et la diffusion des vidéos d’archives. Cette fois-ci, j’aimerais me concentrer dans cet article sur la manière dont internet réussit à mettre en valeur ces vidéos d’archives, notamment grâce à l’association d’outils numériques. Afin d’illustrer mon propos, je vais utiliser encore une fois, un site que j’apprécie beaucoup: « Mémoire, les images d’archives en région Centre. »

Grâce au soutient de l’État français, de la Région Centre et de l’Union Européenne, l’agence régionale pour le cinéma et l’audiovisuel, « Centre Images » créé le 4 Novembre 2010 le site Mémoire, Ciclic.fr. Celui-ci a pour objectif de conserver et valoriser le patrimoine cinématographique et audiovisuel de la région Centre. Il met en ligne des milliers de vidéos, tournées de 1920 à nos jours dans la Région de Centre en France.

Je trouve ce site particulièrement intéressant parce qu’il ne se contente pas d’offrir aux utilisateurs une simple présentation des films d’archives, mais procure un site interactif qui met le contenu des vidéos d’archives en valeurs.

Tout d’abord, ils proposent des sortes d’expositions où les vidéos sont rassemblées sous un même thème. Avant de diffuser le court-métrage de l’ « exposition », le site publie un article remettant en contexte les vidéos présentées. Cela permet aux spectateurs de comprendre ce qui lui est proposé, tout en apportant une réflexion sur l’importance de ces vidéos.

Dans la partie « Explorer », il est possible de visionner des vidéos d’archives qui ne font parties d’aucunes collections. Elles représentent généralement des moments du quotidien tel que « Journées en famille » , « Communion », ou encore « Fête de Jeanne d’Arc ».

De plus, la contribution des internautes est requise! Les concepteurs demandent aux utilisateurs de participer à l’authentification du contenu des vidéos d’archives. Dans la rubrique Participer, les internautes sont amenés à résoudre des énigmes proposées par les concepteurs du site. Ainsi, les « Sherlocks » comme ils les appellent, doivent reconnaître ou retrouver le nom des lieux, personnages, monuments contenus dans des vidéos d’archives sélectionnés.

Cette interactivité du site entre les spectateurs et les vidéos d’archives représente parfaitement les possibilités offertes par internet. Afin de pouvoir situer géographiquement les lieux de tournage des vidéos proposées, une carte interactive de GoogleMaps est mise en place. Cette « Géolocalisation » permet de rechercher les vidéos selon le département de notre choix et de pouvoir constater le nombre de vidéos tournés dans les différents départements.

Un autre moyen de rechercher les vidéos est instauré, la « Chronolocalisation ». Les vidéos sont classées cette fois en ordre chronologique permettant ainsi aux utilisateurs de choisir celle qu’il veut visionner selon sa date de création.

Finalement ce centre propose aussi de restaurer gratuitement les vidéos personnelles des internautes. Si ces derniers sont intéressés à diffuser leurs contenus, ils peuvent envoyer les bobines au Centre, qui en conservera une copie .

Internet ne facilite pas seulement la transmission et la diffusion des vidéos d’archives, mais il en facilite la compréhension. Le site « Mémoire » est riche en information et en métadonnées ce qui permet aux historiens de redécouvrir des images oubliées ou encore de chercher des vidéos correspondant à leur recherche. Grâce à des sites tel que « Mémoire », la recherche historique s’appuyant sur les vidéos d’archives est grandement facilitée.

Fanny Dumoulin

Sources:

http://memoire.ciclic.fr/

http://www.centreimages.fr/patrimoine_home.php

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Un historien qui travaille pour l’Assassin

   
La compagnie de jeux vidéo Ubisoft a engagé en tant qu’historien un ami et collègue Maxime Durand afin de travailler sur le jeu vidéo Assassin’s Creed. Vu que je ne connaissais rien à cet univers, je me souviens lui avoir demandé en quoi consistait son travail. Pourquoi une compagnie de jeux vidéo aurait-elle besoin d’un historien à temps plein ? Participe-t-il à la création du jeu ou fait il seulement des recherches historiques? Étant donné le thème de notre cours, je trouvais intéressant de vous faire partager son expérience et ainsi montrer la relation entre les nouvelles technologies et le métier d’historien.

Le jeu d’action Assassin’s Creed a la particularité de baser la trame et le contexte de son histoire sur des faits historiques. Le premier opus, sortie en 2007, raconte les aventures d’un assassin Altaïr Ibn La-Ahad, lors de la Troisième Croisade au XIIe siècle. Le second opus, quand à lui, prend place dans l’Italie de la Renaissance du XVe siècle. Les concepteurs font donc appels à un ou plusieurs historiens afin de rendre le jeu le plus réel possible.

Ezion Auditore de Firenze, un assassin durant la Renaissance italienne

La première mission de cet historien est donc de trouver un contexte historique qui s’adapte au besoin du jeu. Ses recherches se concentrent sur les évènements importants, les principaux protagonistes, ou encore les sites géographiques de plusieurs périodes. Lorsque les recherches sont effectuées, les décideurs du projet retiennent  finalement une période. À ce stade de la création, le rôle de l’historien est très important. Afin de trouver l’information recherchée, il doit utiliser tous les moyens mis à sa disposition. Il est donc important de connaître les différentes Revues Scientifiques d’Histoire ou encore de savoir utiliser les outils de recherche sur Internet.

Une fois la période sélectionnée, Maxime a dû préciser ses recherches. Il a donc vérifié l’architecture des bâtiments, la véracité des évènements historiques, ou encore les habits ou armes des personnages. Ils présentaient les résultats à ses collègues par le biais de présentations visuelles contenant des images, des vidéos ou encore du texte.

De plus, Maxime a été chargé d’organiser deux ou trois voyages historiques sur les lieux décrits dans le jeu, afin que les décideurs du projet (directeur artistique, créatif etc.) s’imprègnent de l’ambiance, et comprennent les enjeux historiques des événements relatés. À plusieurs reprises, il a dû engager certains historiens spécialistes de la période. Ainsi des professeurs provenant des États-Unis ou encore d’Europe ont fait le déplacement jusqu’à Montréal, le temps d’un week-end ou plus, afin d’apporter des renseignements historiques à l’équipe de création.

Mais il ne faut pas oublier que le jeu vidéo est conçu avant tout pour divertir les joueurs, et ce, afin de pouvoir être vendu à des millions de personnes. Ainsi, ce n’est pas la recherche historique qui est favorisé, mais le plaisir des joueurs. C’est pourquoi, malgré la participation de l’historien au jeu Assassin’s Creed, il existe certains anachronismes et autres erreurs historiques.

Plan d'une des scènes du jeu vidéo.

De plus, l’équipe de création dont l’historien fait partie, reste tout de même limité par les moyens financiers et technologiques du projet. Par exemple, ils n’ont pas le temps, ni les outils technologiques de représenter avec exactitude les moindres détails de tous les édifices ou encore de savoir les paroles exactes prononcées par un personnage historique.

Malgré tout, le jeu Assassin’s Creed a pour objectif de rester le plus fidèle possible aux événements historiques. Par exemple, lorsqu’une scène du jeu représente un personnage historique dans un lieu donné, l’historien doit être sure que ce personnage ce soit bel et bien retrouvé à cet endroit dans la réalité. L’effort de ce respect imposé par les créateurs fait partie du succès du jeu. Ainsi, ils mettent à disposition des joueurs une encyclopédie, expliquant notamment, tout le contexte historique du jeu.

Grâce à la collaboration de la technologie et de l’histoire, le jeu vidéo reconstitue des faits historiques avec une très grande précision. Il permet ainsi de représenter visuellement des évènements passés, qui auraient pu être décris aussi précisément qu’à travers la lecture de nombreux livres. Ainsi, cet outil technologique permet la diffusion massive et rapide de son contenu.

Le jeu vidéo n’est pas un outil technologique très utile pour l’historien, mais il représente un bon exemple de collaboration entre l’historien et l’informatique. Grâce à ce dernier, il est possible de revivre le temps du jeu certains événements historiques passés. De plus, contrairement à certains jeux vidéos, Assassin’s Creed a la qualité de vouloir respecter une réalité historique.

                                                                                                                           Fanny Dumoulin