Le Dictionnaire biographique du Canada en ligne

Bonjour à tous,

Il m’étonne que jusqu’à aujourd’hui, personne n’a souligné l’existence du Dictionnaire biographique du Canada en ligne. Il s’agit tout simplement d’un outil de recherche formidable, sérieux, détaillée et de plus en plus complet. Constatez le par vous-même en entrant un grand nom de l’histoire canadienne dans son moteur de recherche, pour vous orienter, disons Louis-Hippolyte Lafontaine. Il vous apparaîtra environ une dizaine de pages sur la vie de cet homme depuis sa naissance jusqu’à sa mort dans un style biographique, donc très intime mais très riche. Les biographies connexes bénéficient d’hyperliens insérés dan le texte lorsque le nom est mentionnés. Dans le cas présent, il y en a plusieurs dizaines, dont Louis-Joseph Papineau, Georges-Étienne Cartier et Robert Baldwin. La bibliographie à la fin de l’article donne tous les fonds d’archives du Canada se rapportant de près ou de loin à cet homme. Naturellement, la correspondance a été fouillée autant que les différents écrits sur sa vie et son œuvre, contemporains ou actuels.

Le moteur de recherche est assez élaboré, des catégories par profession ou par lieu géographiques sont ajoutés, mais elles ne lient pas encore tous les volumes. À noter que les individus sont classifiés par la date de leur mort et la dernière date d’activité connue, donc Pierre-Elliot Trudeau est dans le volume XXII (1991-2000). L’outil est idéal pour les recherches sur les XVIIIe et XIXe siècles car les livres sont complétés publiés et mis en ligne. Pour le XXe, les livres entre 1900 et 1940 sont presque complétés alors que les recherches pour les années 1940 à 1980 sont bien entamées.

Ce projet a débuté dans sa version d’origine en 1959. C’est un partenariat entre l’Université de Toronto et l’Université Laval, mais des chercheurs de presque toutes les universités canadiennes et établissements de recherches en sciences humaines y participent. C’est Réal Bélanger qui dirige la version française du projet. La version en ligne est disponible depuis 2003.

Cet outil peut servir de base à toute bonne recherche sur l’histoire politique canadienne, étant donnée les notices bibliographique et les liens infinis vers d’autres personnages.

Alex Giroux

Sources:

«Grandes lignes du projet», Dictionnaire biographique du Canada, <http://www.dbc-dcb.ulaval.ca/index2.htm&gt; (14 décembre 2011)

Dictionnaire biographique du Canada en ligne, 1er septembre 2011, <http://www.biographi.ca/index-f.html&gt; (14 décembre 2011)


Priorité: mettre l’histoire à l’avant scène; moyen: humanités numériques

Je veux vous mettre la puce à l’oreille concernant un débat important dont vous avez certainement entendu parler récemment. Il s’agit de celui sur l’enseignement de l’histoire et des orientations de recherche des historiens par rapport aux nécessités politiques et culturelles du Québec.

Voici un lien vous permettant de vous mettre à jour sur ce débat qui se déroule dans tous les médias, y compris Internet. Voici également un organisme qui appuie activement l’enseignement de l’histoire et désire en changer les paramètres, il s’agit de la Coalition pour l’histoire.

Je crois que l’enseignement de l’histoire peut bénéficier de l’approche des humanités numériques. Nous l’avons abondamment vu dans le cours, et je pense que nous en sommes tous convaincus, le WEB et les outils informatiques peuvent apporter une plus-value à l’enseignement de l’histoire à tous les niveaux. Cette approche constitue évidemment une partie de la réponse aux problèmes que concernent l’intérêt peu manifeste des Québécois(es) pour l’histoire. Un enseignement plus dynamique, plus axé sur la pratique historienne et la recherche aura sans doute l’effet de susciter davantage d’engouement de la part des élèves, mais aussi de leur inculquer des connaissances de base qui leur permettraient d’avoir une perspective historique utile quand vient le temps d’appréhender la monde moderne et ses difficultés.

J’ai personnellement eu la chance de prendre un cours avec monsieur Gilles Laporte sur l’histoire des patriotes ici à l’UQAM. Ce professeur engagé et patriote de l’année en 2010, utilise activement les possibilités des humanités numériques dans ses cours, et par expérience personnelle, je peux vous dire que cela les rend passionnants. Il utilisait entre autres Google earth pour faire des cartes, mais bien au-delà, afin de naviguer d’un endroit à l’autre de la province et de nous montrer les endroits où les Patriotes se sont battus, se sont réfugiés, se sont fait pendre ou ont été commémorés, grâce la vue actuelle de Street View. Gilles Laporte tient également un site très actif où l’on peut avoir accès à des archives en ligne, les évènements reliés au patriotes ou aux loyaux dans la plus grande exhaustivité, et une foule d’autres informations.

Si vous voulez entendre l’opinion de Gilles Laporte sur l’enseignement de l’histoire 1 an avant le débat actuel: Entrevue avec Gilles Laporte avec Benoît Dutrizac au 98,5 fm

Concernant l’importance de l’histoire, des historiens et de leur rôle dans les débats de société actuels, voici deux sites, l’un en français et l’autre en anglais qui supportent activement la participation des historiens et la valorisation de leurs recherches dans la sphère publique. Je vous invite à aller lire le manifeste dans la section «à propos – pour une histoire engagée».  Il y a également plusieurs articles fort intéressants sur le devenir de la profession historienne. Il m’apparaît évident que tout historien ou professeur d’histoire, futur ou actuel doit prendre position!

Alex Giroux

Sources = les liens de l’article!


Les cartes historiques multimédia de L’Histoire à la Carte

L’histoire et la géographie sont bien souvent reliées. C’est ainsi que lors de deux cours au baccalauréat, j’ai cherché des cartes illustrant les changements territoriaux en Europe et au Proche-Orient. Je suis alors tombé sur le site L’histoire à la carte.

l'unité italienne - carte fixe

Ce site propose des cartes historiques thématiques multimédias. Tout simplement, ces cartes sont greffées à un dialogue et à quelques éléments visuels expliquant les événements. Le tout reste très sommaire, mais justement la simplicité de la présentation et de la facture visuelle est une grande force. Tout est très clair. Ces cartes sont offertes en dossiers thématiques, par exemple : décolonisations, grandes découvertes, histoire des États-Unis, de l’Europe, guerres mondiales, etc. Il y en a onze en tout présentement. En plus d’une quinzaine de cartes animées, ces dossiers comprennent aussi des cartes fixes, un index donnant plus d’informations sur les concepts utilisés et une bibliographie pour aller plus loin.

Bien évidemment, le public visé est le corps professoral qui pourra l’utiliser en classe. Aucun doute que les élèves du secondaire, du cégep et même de l’université puissent en tirer avantage. Personnellement, les cartes m’ont grandement aidé à mieux comprendre la géographie humaine changeante et parfois complexe.

Le tout est payant bien sûr. J’ai d’ailleurs acheté quatre dossiers et je ne l’ai pas regretté. Je suis même persuadé qu’ils me serviront encore. Je pense même en acheter quelques autres. Fort heureusement, le site propose gratuitement un exemple de carte par dossier gratuitement.

Au-delà de l’aspect « publicitaire » de cette entrée de blogue, je cherchais aussi à montrer l’intérêt certain de créer de telles cartes. J’ai fouillé quelque peu sur le net et je n’ai pas vraiment trouvé d’équivalent. Il y a donc clairement matière à développer de telles initiatives. D’autant plus que les différents dossiers d’Histoire à la carte ne s’ajoutent que très lentement…

En créant cette entrée, je suis tombé sur deux sites fort intéressants que je me permets de partager :

Patrimoine, Histoire et Multimédia: Un blogue historique sur le Québec, vraiment bien fait. En fait, il s’agit d’un modèle quant à l’utilisation du web comme outil de présentation professionnelle.

Jeux géographiques : comme le dit bien le titre, il s’agit d’une foule de petits jeux d’identification géographique. C’est gratuit et tout simplement « addictif ». Bonne chance d’ailleurs avec le jeu sur les villes du Québec!


Roy Rosenzweig Center for History and New Media : Building a Better Yesterday, Bit by Bit

Source : http://www.zotero.org/

Depuis le début du cours, plusieurs références ont été faites, peut-être sans le savoir, à des documents ou des outils qui ont été produits et développés par le Centre for History and New Media (CHNM) de l’Université de George Mason en Virginie. Ce centre a été fondé en 1994 par Roy Rosenzweig et avait comme but premier la démocratisation de l’histoire (accessibilité des sources) par l’utilisation de l’informatique et des médias numériques. En avril 2011, suite au décès de son fondateur en 2007, le centre a été renommé Roy Rosenzweig Centre for History and New Media en son honneur. Les activités du CHNM se divisent en trois catégories principales : enseignement et apprentissage, recherche et outils et expositions et collecte, sections que l’on retrouve sur le site du CHNM.

La première section du site se consacre à l’éducation. Le CHNM présente ici une vingtaine de projets qui peuvent être utilisés dans le cadre de la planification d’un cours ou par les étudiants eux-mêmes dans le cadre de leurs travaux. Chaque site a un thème spécifique et présente dans la majorité des cas, une multitude de sources primaires qu’il est possible de consulter. Le site Teaching American History propose des plans de cours, des documents d’archives, des exercices d’analyse de sources primaires, etc. pouvant être utilisés dans le cadre d’un cours sur l’histoire américaine. Ils est donc possible de trouver de l’information sur l’histoire, majoritairement américaine, mais également sur d’autres périodes telles que la Révolution française (Liberty, Equality, Fraternity : Exploring the French Revolution).  Des sites plus généraux sont également présents comme World History Sources qui présentent un dossier complet sur l’analyse des différents types de sources que l’on utilise en histoire.

La seconde section présente différents outils qui peuvent être utilisés dans le cadre de recherche en histoire. Parmi les outils les plus connus développés par le CHNM, on retrouve Zotero et Omeka. On y retrouve également le livre de Daniel J. Cohen (directeur actuel du CHNM) et de Roy Rosenzwieg, Digital History : A Guide to Gathering, Préserving and Presenting the Past on the Web dont nous avons eu quelques chapitres à lire dans le cadre de notre cours. Parmi les autres outils présentés, on retrouve un outil de recherche de syllabus par sujet à travers un grand nombre d’universités et de collèges, une étude en cours sur l’utilisation de la recherche plein texte (text mining), un programme pour construire une ligne du temps, un moteur de recherche pour les départements d’histoire à travers le monde, etc. Cette section constitue donc une «boîte à outils» pour la recherche.

La dernière section est consacrée à la collecte d’archives numériques et à la présentation de quelques expositions, dont une sur les goulags en URSS. On y retrouve également un site consacré aux ouragans Katrina et Rita, mais la pièce maîtresse de cette section est sans nul doute le site consacré aux événements du 11 septembre 2001 (The Septembre 11 Digital Archives). Dans le cadre de ce projet, plus de 150 000 pièces numériques (courriels, images, articles, etc.) ont été recueillies et sont maintenant accessibles à tous. Ce projet démontre bien les préoccupations du CHNM, soit la conservation des archives et particulièrement celles du présent qui seront, pour les historiens du futur, leurs principales sources. Le numérique prend de plus en plus de place dans nos sociétés, mais les traces qu’il laisse sont parfois éphémères. Je vous invite à lire à ce sujet un article de Roy Rosenzweig, «Sacricity or Abundance ? Preserving the Past in a Digital Era», paru en juin 2003 dans The American Historical Review. Cet article portait sur le problème de la conservation des archives numériques. Étant rédigé par le fondateur du CHNM, ce texte aide à bien saisir le but de cette section du centre qui vise à préserver la mémoire collective par la contribution volontaire, la collecte, etc.

Le CHNM est donc un bon exemple de l’utilisation des médias électroniques et de l’informatique pour la diffusion de l’histoire à un public le plus large possible et la devise que l’on retrouve au bas des pages du site, «Building a Better Yesterday, Bit by Bit», résume bien la mission du CHNM. Que ce soit au niveau primaire, secondaire ou universitaire, pour les enseignants ou les étudiants, tout le monde qui a un intérêt pour l’histoire peut y trouver son compte. L’association du CHNM avec une université assure en quelque sorte la qualité de ce qui y est présenté ainsi que le l’évolution constante de son contenu. La langue peut être une barrière à première vue, mais la richesse de ce qu’on y trouve dans les différents sites vaut le détour comme on dit …

 

Sources :

Center for History and New Media, http://chnm.gmu.edu/, 12 décembre 2011.

CHOEN, Daniel J. et Roy Rosenzweig, Digital History : A Guide to Gathering, Preserving and Presentig th ePas on the Web, Philadelphie, University of Pensilvania Press, 2006.

Rosenzweig, Roy, «Sacricity or Abundance? Preserving the Past in a Digital Era», The Américan    Historical Review,vol. 108, no. 3, juin 2003. <http://www.historycooperative.org/journals/ahr/108.3/rosenzweig.html > (13 décembre 2011)


La section «Échange professionnel» sur le Réseau canadien d’information sur le patrimoine

Lire la suite »


Votre vie privée et Internet

La protection de la vie privée est un sujet qui revient périodiquement à la surface lorsqu’il est question d’Internet.  Nous savons tous, dans un coin de notre tête, que nos activités sur le web sont suivies.  Dans les faits, nous ignorons souvent jusqu’à quel point les entreprises emmagasinent des quantités sidérantes d’informations à notre sujet.

La semaine dernière, la commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Jennifer Stoddart a déposé un cadre règlementaire visant à mieux protéger la vie privée des internautes canadiens.  À l’ère des «fichiers-témoins zombies», «pixels invisibles» et «supercookies» il devenait de plus en plus nécessaire d’encadrer les pratiques commerciales de certaines entreprises dans la collecte de données.  Chaque fois que nous appuyons sur une touche du clavier ou de la souris alors que nous naviguons sur Internet, l’information est transmise et enregistrée quelque part.  Le plus souvent, l’objectif est de fournir une publicité ciblée à l’internaute.  Pour la commissaire, il est «carrément terrifiant» de constater à quel point les internautes sont laissés dans l’ignorance face à la «publicité comportementale».  Le cadre règlementaire qu’elle propose vise à redresser certains des pires comportements actuels.  Tout d’abord, il faudrait informer les internautes avant qu’une opération de collecte d’informations soit effectuée et de quelles façons ces informations pourraient éventuellement être utilisées.  De plus, les utilisateurs devraient avoir la possibilité de refuser que l’on collecte des données à leur sujet, ce qui n’est pas le cas actuellement.  Certaines informations (relatives à la santé) devraient être protégées de toute forme de collecte dans un but commercial.

Notons que la collecte d’informations afin d’offrir une publicité ciblée ne représente que la pointe de l’iceberg de ce problème grandissant.  Les risques de dérapages sont innombrables.

Je vous recommande fortement d’aller faire un tour sur le site web de la commissaire à la protection de la vie privée du Canada.  Il y a une foule d’informations utiles.

Je vous offre également un petit texte complémentaire au sujet de Facebook.

Textes traitant du rapport de la commissaire : ici et ici.


Le site d’histoire sociale Clio: une réflexion sur «l’outil Internet»?

C’est en lisant un article de Philippe Rygiel portant sur un site web d’histoire sociale que j’ai eu l’idée de faire une entrée de blogue sur le sujet. L’article faisait référence au site Clio, apparu sur le Web en 1997 grâce à l’initiative de quelques chercheurs (parmi lesquels Rygiel) de l’ENS et l’EHESS, et soulignait un de ses objectifs: entrainer une réflexion collective sur «l’outil Internet». Il m’apparaissait donc intéressant de parler de ce site dans le cadre de notre cours d’introduction à l’informatique de recherche en histoire.

Je n’ai pas eu à fouiller bien longtemps pour trouver quelque chose ressemblant à une réflexion sur «l’outil Internet». Sur la page de présentation du site, les auteurs affirment qu’internet est sans aucun doute un outil de communication destiné à renforcer les liens entre les individus, mais que l’outil peut aussi renforcer l’atomisation de la communauté scientifique: «s’il y a autant de site que de chercheurs, si chaque site n’a pas d’autre but que de faire de la publicité pour ses membres, Internet cesse d’être un instrument de communication véritablement collectif». Cette dernière affirmation m’a étonné un peu, ayant consulté au cours de la session plusieurs sites qui, au contraire, paraissaient renforcer les liens entre les chercheurs. Malheureusement, je n’ai pas pu continuer plus loin car la partie du site consacrée spécifiquement à la réflexion sur «l’outil Internet» est présentement en inactivité (de plus, la dernière mise à jour de plusieurs sections du site date de quelques années).

Cela me ramène à l’article de Rygiel. Comme il l’affirme, la gestion d’un site par un chercheur peut poser problème car il s’agit bien souvent pour lui d’un travail bénévole, c’est à dire que que cela n’entre pas dans ses obligations et qu’il n’est pas rémunéré pour ce travail. Selon Rygiel, le chercheur doit disposer d’un budget lui permettant de rémunérer des personnes pour l’entretien d’un site. Est-ce que le manque de moyens financiers est la raison qui explique pourquoi le site Clio est si mal entretenu ?

Bonne fin de semaine,

Sources:

RYGIEL, Philippe, «Le site d’histoire sociale de l’ENS. Naissance et développement» Comprendre les usages de l’Internet, Paris, Éditions Rue d’Ulm/Presses de l’École normale supérieure, 2001, p 82-88.

Clio: http://barthes.ens.fr/clio/