Nouveau blogue

Bonjour à tous!

Peut-être que pour certain d’entre vous, le cours est déjà bien loin derrière. Pour moi aussi, mais j’en ai retenu quelques acquis, merci Kim!

J’ai vraiment aimé cette expérience de blogue et j’ai profité de la grève pour concrétiser mon propre site. J’espère que d’autres parmi vous ont aussi mis à profit cette initiation. Je vous invite donc à venir voir mon blogue. Pour l’instant, rien de particulièrement nouveau sauf quelques articles sur la grève. Les commentaires sont les bienvenus.

J’aimerais tout autant pouvoir découvrir vos propres projets. Il serait approprié, je crois, que chacun de nous poursuivant cette expérience, le fasse savoir, question de garder le contact, l’intérêt, la solidarité académique et l’esprit du cours.

Mon blogue s’appelle Sous les planches et ça parle d’histoire évidemment, mais ça parlera aussi de culture, de musique et de société.

J’espère que vous passez une excellente grève et je vous souhaite tout le courage qu’il faut afin de mener cette lutte jusqu’au bout!

Au plaisir!


Humanités numériques au coeur de la communauté de Cleveland

Bonjour,

Je veux vous introduire à un outil incroyable développé par le Center for Public History & Digital Humanities à Cleveland, OH. Il s’agit du site et de l’application Smartphone Cleveland Historical. Je vous présente d’abord le centre de recherche en quelques mots.

Ce centre de recherche désire diversifier les méthodes et les enseignements de l’histoire collective ou public history. Avec la création de divers projets dynamiques, le centre veut transformer l’enseignement de l’histoire et favoriser la consolidation des communautés d’institutions culturelles, mémorielles.  Le centre a créé des projets régionaux et locaux ainsi qu’une vaste collection d’entrevues d’histoire orale. Il a été d’abord fondé par deux professeurs de la Cleveland State University.

Le site internet de Cleveland Historical est très éducatif et interactif. Il combine l’histoire orale, plusieurs images avec des descriptions détaillées, des diaporama, des vidéos et des textes élaborés. Plus d’une centaine de sites à valeur historique sont décrits et accessibles par un moteur de recherche. Chaque site présenté est géolocalisé sur une carte et s’allie à plusieurs sources numérisées. Les sites sont rassemblés sous différents thèmes et peuvent être abordés dans des tours. Ces tours sont disponibles via l’application. Pour donner quelques exemples, il y a les transports et leur impact sur le développement de la ville, la scène musicale du quartier des spectacles de Cleveland, Les musées, archives et bibliothèques, ou l’immigration irlandaise.

La grande diversité des sources rend la navigation très intéressante et le contenu instructif. Le fait qu’une équipe de chercheurs et d’étudiants en histoire produisent le contenu confirme la qualité qu’on y retrouve. La provenance de chaque photographie est soulignée. Par contre, je reproche l’absence de bibliographie et d’une méthodologie détaillée. Je ne peux m’empêcher de comparer l’outil à Historypin. Cleveland Historical est définitivement à imiter et les projets qu’ils mettent en œuvre, bien qu’ils sollicitent les communautés locales comme le fait Historypin, sont articulés par des professionnels de l’histoire et rajoutent une profondeur nécessaire à l’interprétation de sources iconographiques et d’histoire orale.

Alex Giroux

Sources :

Center for Public History & Digital Humanities, Cleveland Historical, <http://clevelandhistorical.org> (15 décembre 2011)

Center for Public History & Digital Humanities,  <http://csudigitalhumanities.org/>  (15 décembre 2011)


Priorité: mettre l’histoire à l’avant scène; moyen: humanités numériques

Je veux vous mettre la puce à l’oreille concernant un débat important dont vous avez certainement entendu parler récemment. Il s’agit de celui sur l’enseignement de l’histoire et des orientations de recherche des historiens par rapport aux nécessités politiques et culturelles du Québec.

Voici un lien vous permettant de vous mettre à jour sur ce débat qui se déroule dans tous les médias, y compris Internet. Voici également un organisme qui appuie activement l’enseignement de l’histoire et désire en changer les paramètres, il s’agit de la Coalition pour l’histoire.

Je crois que l’enseignement de l’histoire peut bénéficier de l’approche des humanités numériques. Nous l’avons abondamment vu dans le cours, et je pense que nous en sommes tous convaincus, le WEB et les outils informatiques peuvent apporter une plus-value à l’enseignement de l’histoire à tous les niveaux. Cette approche constitue évidemment une partie de la réponse aux problèmes que concernent l’intérêt peu manifeste des Québécois(es) pour l’histoire. Un enseignement plus dynamique, plus axé sur la pratique historienne et la recherche aura sans doute l’effet de susciter davantage d’engouement de la part des élèves, mais aussi de leur inculquer des connaissances de base qui leur permettraient d’avoir une perspective historique utile quand vient le temps d’appréhender la monde moderne et ses difficultés.

J’ai personnellement eu la chance de prendre un cours avec monsieur Gilles Laporte sur l’histoire des patriotes ici à l’UQAM. Ce professeur engagé et patriote de l’année en 2010, utilise activement les possibilités des humanités numériques dans ses cours, et par expérience personnelle, je peux vous dire que cela les rend passionnants. Il utilisait entre autres Google earth pour faire des cartes, mais bien au-delà, afin de naviguer d’un endroit à l’autre de la province et de nous montrer les endroits où les Patriotes se sont battus, se sont réfugiés, se sont fait pendre ou ont été commémorés, grâce la vue actuelle de Street View. Gilles Laporte tient également un site très actif où l’on peut avoir accès à des archives en ligne, les évènements reliés au patriotes ou aux loyaux dans la plus grande exhaustivité, et une foule d’autres informations.

Si vous voulez entendre l’opinion de Gilles Laporte sur l’enseignement de l’histoire 1 an avant le débat actuel: Entrevue avec Gilles Laporte avec Benoît Dutrizac au 98,5 fm

Concernant l’importance de l’histoire, des historiens et de leur rôle dans les débats de société actuels, voici deux sites, l’un en français et l’autre en anglais qui supportent activement la participation des historiens et la valorisation de leurs recherches dans la sphère publique. Je vous invite à aller lire le manifeste dans la section «à propos – pour une histoire engagée».  Il y a également plusieurs articles fort intéressants sur le devenir de la profession historienne. Il m’apparaît évident que tout historien ou professeur d’histoire, futur ou actuel doit prendre position!

Alex Giroux

Sources = les liens de l’article!


Les cartes historiques multimédia de L’Histoire à la Carte

L’histoire et la géographie sont bien souvent reliées. C’est ainsi que lors de deux cours au baccalauréat, j’ai cherché des cartes illustrant les changements territoriaux en Europe et au Proche-Orient. Je suis alors tombé sur le site L’histoire à la carte.

l'unité italienne - carte fixe

Ce site propose des cartes historiques thématiques multimédias. Tout simplement, ces cartes sont greffées à un dialogue et à quelques éléments visuels expliquant les événements. Le tout reste très sommaire, mais justement la simplicité de la présentation et de la facture visuelle est une grande force. Tout est très clair. Ces cartes sont offertes en dossiers thématiques, par exemple : décolonisations, grandes découvertes, histoire des États-Unis, de l’Europe, guerres mondiales, etc. Il y en a onze en tout présentement. En plus d’une quinzaine de cartes animées, ces dossiers comprennent aussi des cartes fixes, un index donnant plus d’informations sur les concepts utilisés et une bibliographie pour aller plus loin.

Bien évidemment, le public visé est le corps professoral qui pourra l’utiliser en classe. Aucun doute que les élèves du secondaire, du cégep et même de l’université puissent en tirer avantage. Personnellement, les cartes m’ont grandement aidé à mieux comprendre la géographie humaine changeante et parfois complexe.

Le tout est payant bien sûr. J’ai d’ailleurs acheté quatre dossiers et je ne l’ai pas regretté. Je suis même persuadé qu’ils me serviront encore. Je pense même en acheter quelques autres. Fort heureusement, le site propose gratuitement un exemple de carte par dossier gratuitement.

Au-delà de l’aspect « publicitaire » de cette entrée de blogue, je cherchais aussi à montrer l’intérêt certain de créer de telles cartes. J’ai fouillé quelque peu sur le net et je n’ai pas vraiment trouvé d’équivalent. Il y a donc clairement matière à développer de telles initiatives. D’autant plus que les différents dossiers d’Histoire à la carte ne s’ajoutent que très lentement…

En créant cette entrée, je suis tombé sur deux sites fort intéressants que je me permets de partager :

Patrimoine, Histoire et Multimédia: Un blogue historique sur le Québec, vraiment bien fait. En fait, il s’agit d’un modèle quant à l’utilisation du web comme outil de présentation professionnelle.

Jeux géographiques : comme le dit bien le titre, il s’agit d’une foule de petits jeux d’identification géographique. C’est gratuit et tout simplement « addictif ». Bonne chance d’ailleurs avec le jeu sur les villes du Québec!


Votre vie privée et Internet

La protection de la vie privée est un sujet qui revient périodiquement à la surface lorsqu’il est question d’Internet.  Nous savons tous, dans un coin de notre tête, que nos activités sur le web sont suivies.  Dans les faits, nous ignorons souvent jusqu’à quel point les entreprises emmagasinent des quantités sidérantes d’informations à notre sujet.

La semaine dernière, la commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Jennifer Stoddart a déposé un cadre règlementaire visant à mieux protéger la vie privée des internautes canadiens.  À l’ère des «fichiers-témoins zombies», «pixels invisibles» et «supercookies» il devenait de plus en plus nécessaire d’encadrer les pratiques commerciales de certaines entreprises dans la collecte de données.  Chaque fois que nous appuyons sur une touche du clavier ou de la souris alors que nous naviguons sur Internet, l’information est transmise et enregistrée quelque part.  Le plus souvent, l’objectif est de fournir une publicité ciblée à l’internaute.  Pour la commissaire, il est «carrément terrifiant» de constater à quel point les internautes sont laissés dans l’ignorance face à la «publicité comportementale».  Le cadre règlementaire qu’elle propose vise à redresser certains des pires comportements actuels.  Tout d’abord, il faudrait informer les internautes avant qu’une opération de collecte d’informations soit effectuée et de quelles façons ces informations pourraient éventuellement être utilisées.  De plus, les utilisateurs devraient avoir la possibilité de refuser que l’on collecte des données à leur sujet, ce qui n’est pas le cas actuellement.  Certaines informations (relatives à la santé) devraient être protégées de toute forme de collecte dans un but commercial.

Notons que la collecte d’informations afin d’offrir une publicité ciblée ne représente que la pointe de l’iceberg de ce problème grandissant.  Les risques de dérapages sont innombrables.

Je vous recommande fortement d’aller faire un tour sur le site web de la commissaire à la protection de la vie privée du Canada.  Il y a une foule d’informations utiles.

Je vous offre également un petit texte complémentaire au sujet de Facebook.

Textes traitant du rapport de la commissaire : ici et ici.


La correspondance à l’heure des blogues

En effectuant une petite recherche toute simple sur le web avec les mots clés ‘war’, ‘letters’ et ‘blog’, on découvre une multitude de blogues dont la spécificité est de publier des correspondances historiques. En effet, il semble exister une myriade de blogues publiant des lettres de soldats ou d’infirmières (souvent un membre de la famille) écrites durant les conflits guerriers. Nul doute qu’il en existe aussi par rapport à d’autres sujets, mais, comme toujours, les deux guerres mondiales volent la vedette.

Certains blogues publient simplement chaque lettre comme une entrée, d’autres poussent plus loin l’exercice en publiant les lettres selon leur date d’écriture (du type ’90 ans plus tard jour pour jour’). En effet, si le blogue est un outil pour publier ses réflexions, bref pour chroniquer, pourquoi ne pas s’en servir comme chronique du passé?

J’ai bien essayé de trouver des articles sur le sujet, mais en vain. Seuls certains articles de journaux ou entrées de blogue traitent d’un cas en particulier, mais rien sur l’expérience en soi. L’histoire de la correspondance est pourtant en pleine forme et a bien dû publier sur le sujet. Peut-être pourriez-vous m’aider, car il me semble primordial que l’on se penche sur de telles initiatives, question de leur donner toutes les chances d’être le plus utiles possible. Il faudrait notamment qu’on ait accès aux originaux (du moins une photo, ce qui n’est pas toujours le cas) et il serait aussi très pertinent de rassembler ces sites, du moins leur lien, sur une même plateforme. C’est peut-être même déjà le cas. En effet, si plusieurs blogueurs publient ces lettres, c’est bien souvent par souci de mémoire, mais bien des historiens aimeraient utiliser ces sources!

Voici quelques exemples :

Soldiers’ Mail : probablement le meilleur. Il contient une foule d’autres éléments qui enrichissent les lettres. Il a d’ailleurs beaucoup fait parler de lui.

World War 1: American Soldier’s Letters Home

WW1: Experiences of an English Soldier

Letters Home from a Yankee Doughboy 1916-1919

Letters home from a First World War nurse: ce n’est qu’une entrée de blogue, mais c’est un bel exemple malgré tout.

The World War II Letters of William Wellington Taylor, Jr.


Un moment de l’histoire du livre électronique: Gutenberg-e

J’en avais glissé quelques mots lors de mon exposé sur le livre électronique, mais je tenais à parler un peu plus en détail de Gutenberg-e (ne pas confondre avec le Gutenberg Project).

Ce projet fut initié par Robert Darnton, alors président de l’American Historical Association (AHA), dont j’ai parlé dans mon deuxième blogue. C’est un projet qui est abandonné depuis plusieurs années, mais il nous en apprend néanmoins beaucoup sur la relation entre les historiens, leurs publications et le web.

La conception du projet est entamée dès 1997, mais c’est lorsque Darnton devient président de l’AHA en 1999 qu’il se concrétise. Le but principal était « de créer et de tester un modèle pour la publication » (Darnton, p.185), mais aussi de revivifier la monographie en histoire et aider les jeunes chercheurs à publier.

Au-delà de l’aspect économique, Darnton savait qu’il aurait à faire face à un problème majeur : le conservatisme des historiens. Il s’agissait donc de publier les meilleures thèses, les bonifier avec des liens, des images, du son, et de les publier avec le plus grand soin. Le scepticisme des académiciens ne pourrait alors qu’acquiescer à la valeur scientifique d’une telle publication, car même au début des années 2000, pour plusieurs, une monographie équivalait nécessairement à un livre papier.

Autre difficulté une fois le projet mis en marche : peu de candidats répondirent à l’appel! En effet, il semblerait que les directeurs de thèse déconseillèrent à leurs doctorants un tel concours : leur éventuelle publication en ligne n’était pas assurée d’être considérée sérieusement par le monde académique.

Il fallut alors que se développe un protocole pour rendre compte des publications en ligne et prendre le temps d’envoyer des copies imprimées aux critiques réfractaires à l’idée de les lire en ligne. Évidemment, une fois qu’une première critique « sérieuse » d’une des monographies parut dans une revue scientifique, l’édition électronique avait fait un déjà grand pas vers la reconnaissance. Il reste qu’aujourd’hui, malgré l’avancement de la technologie pour la lecture en ligne ou sur tablette, plusieurs sont encore réticents.

Une fois les candidats gagnants ayant été déterminés, on se surprit de réaliser que l’écriture d’un livre électronique leur demandait deux fois plus de temps! Ainsi, la souscription des bibliothèques était en péril, car elles ne recevraient pas suffisamment d’ouvrages pour leur argent. Malheureusement, les subventions au programme cessèrent en 2005 et ce fut la fin du projet. Rachetées par Columbia University Press, les 35 monographies produites par Gutenberg-e sont aujourd’hui accessibles gratuitement.

Difficile de dire que Gutenberg-e fut une réussite, mais il a certes publié d’excellents ouvrages selon les critiques, il propose aussi différents types de modèles pour les monographies électroniques et, surtout, il a débroussaillé les étapes de la publication scientifique académique.

Visitez le site, malgré sa fonction « search » tout à fait inefficace, il y sûrement un titre qui piquera votre curiosité!

DARNTON, Robert, « Gutenberg-e », Apologie du livre. Demain, aujourd’hui, hier, Paris, Gallimard, 2001 [2009],p.185-195.

Gutenberg-e, http://www.gutenberg-e.org/index.html, consulté le 6 décembre 2011.