La baladodiffusion et les milieux d’enseignement : une pratique en expansion

Depuis l’apparition des baladeurs numériques il y a une dizaine d’années environ, on entend de plus en plus parler de ce qu’on appelle la baladodiffusion (ou podcasting). La baladodiffusion est une pratique récente qui permet de diffuser des fichiers audio ou vidéo sur le Web. Ces fichiers sont appelés des podcasts et sont téléchargés automatiquement dès qu’ils apparaissent sur Internet via l’abonnement à un flux RSS.

Cette technologie a rapidement capté l’attention des milieux scolaires. En effet, de plus en plus d’établissements d’enseignement utilisent la baladodiffusion pour diffuser du matériel pédagogique sur Internet : enregistrement de cours, de séminaires, de conférences,  explications sur les travaux, etc. C’est le cas de plusieurs universités dans le monde. Par exemple, l’établissement universitaire américain MIT offre plus de 1700 cours en podcast sur son site Internet. Les étudiants du célèbre établissement peuvent maintenant siroter leur champagne devant le foyer au lieu d’assister à leurs cours et télécharger l’intégralité de ce qu’ils ont manqué pour l’écouter plus tard. Est-ce une bonne chose ? Surement pour ceux n’ayant pas les moyens de se payer le MIT ! La baladodiffusion est une pratique qui comporte ses avantages et désavantages, mais je vais me « garder une petite gêne » car j’en parlerai lundi prochain lors de ma présentation.

Pour ce qui est de l’histoire et des sciences humaines, les podcasts peuvent prendre plusieurs formes : genre documentaire, émissions radiophoniques, entrevues, enregistrements de cours, etc. À ma connaissance, dans le monde francophone, les podcasts du Collège de France sont une des grandes entreprises dans le domaine des sciences humaines à ce jour. Pour ne pas vous ennuyer lundi, je m’arrête ici.

Quelques liens intéressants :

Les podcasts du Collège de France : http://www.college-de-france.fr/default/EN/all/pub_pod/

Les Années lumières, Radio-Canada : http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/anneeslumiere/

NICHE : http://niche-canada.org/audio-video


Le site d’histoire sociale Clio: une réflexion sur «l’outil Internet»?

C’est en lisant un article de Philippe Rygiel portant sur un site web d’histoire sociale que j’ai eu l’idée de faire une entrée de blogue sur le sujet. L’article faisait référence au site Clio, apparu sur le Web en 1997 grâce à l’initiative de quelques chercheurs (parmi lesquels Rygiel) de l’ENS et l’EHESS, et soulignait un de ses objectifs: entrainer une réflexion collective sur «l’outil Internet». Il m’apparaissait donc intéressant de parler de ce site dans le cadre de notre cours d’introduction à l’informatique de recherche en histoire.

Je n’ai pas eu à fouiller bien longtemps pour trouver quelque chose ressemblant à une réflexion sur «l’outil Internet». Sur la page de présentation du site, les auteurs affirment qu’internet est sans aucun doute un outil de communication destiné à renforcer les liens entre les individus, mais que l’outil peut aussi renforcer l’atomisation de la communauté scientifique: «s’il y a autant de site que de chercheurs, si chaque site n’a pas d’autre but que de faire de la publicité pour ses membres, Internet cesse d’être un instrument de communication véritablement collectif». Cette dernière affirmation m’a étonné un peu, ayant consulté au cours de la session plusieurs sites qui, au contraire, paraissaient renforcer les liens entre les chercheurs. Malheureusement, je n’ai pas pu continuer plus loin car la partie du site consacrée spécifiquement à la réflexion sur «l’outil Internet» est présentement en inactivité (de plus, la dernière mise à jour de plusieurs sections du site date de quelques années).

Cela me ramène à l’article de Rygiel. Comme il l’affirme, la gestion d’un site par un chercheur peut poser problème car il s’agit bien souvent pour lui d’un travail bénévole, c’est à dire que que cela n’entre pas dans ses obligations et qu’il n’est pas rémunéré pour ce travail. Selon Rygiel, le chercheur doit disposer d’un budget lui permettant de rémunérer des personnes pour l’entretien d’un site. Est-ce que le manque de moyens financiers est la raison qui explique pourquoi le site Clio est si mal entretenu ?

Bonne fin de semaine,

Sources:

RYGIEL, Philippe, «Le site d’histoire sociale de l’ENS. Naissance et développement» Comprendre les usages de l’Internet, Paris, Éditions Rue d’Ulm/Presses de l’École normale supérieure, 2001, p 82-88.

Clio: http://barthes.ens.fr/clio/


Les réseaux d’échanges entre chercheurs : H-Environment et NICHE

Je ne surprendrai personne en disant que l’avènement d’internet a considérablement facilité la communication et la collaboration entre chercheurs. En effet, en plus des échanges par courrier électronique, la création de sites web de mise en réseau a permis d’améliorer la circulation et le partage d’informations entre chercheurs. C’est dans le cadre de mes propres recherches pour la rédaction de mon mémoire que j’ai fait la découverte de ce genre de site. J’ai décidé de consacrer cette entrée de blogue à ces réseaux d’échanges entre chercheurs en présentant deux sites qui m’ont beaucoup aidé à orienter et faire avancer ma recherche.

H Environment est un site web consacré à la mise en réseau au niveau international des chercheurs en histoire environnementale. Le site est supporté par deux grandes grandes organisations de professionnelles en histoire : l’American Society for Environmental History et L’European Society for Environmental History. Le contenu du site permet aux chercheurs de partager, collaborer et de se maintenir au courant des dernières actualités dans le champs des études en histoire environnementale : articles, comptes rendus d’ouvrages, annonces de conférences, librairie de syllabus de cours, suggestions de vidéos, liens vers d’autres organisations et sites webs, forums de discussions permettant les échanges et critiques, etc. Un élément du site que je trouve intéressant est les Roundtable reviews qui permettent à plusieurs de faire le compte rendu d’un même ouvrage.

Au niveau local, NICHE (Network in Canadian History & Environment) est une initiative canadienne du même genre. Une des différences par rapport au site précédent est, outre son ergonomie plus efficace, la présence sur NICHE d’une section consacrée à la diffusion de podcasts et à l’archivage d’enregistrements vidéos et audios (conférences, cours) sur l’histoire environnementale. Le site constitue une mine d’informations pour les chercheurs canadiens intéressés par les sujets environnementaux. Malheureusement pour les unilingues francophones, le contenu est surtout en langue anglaise.  Dans une prochaine entrée de blogue, je parlerai davantage de la baladodiffusion. En attendant, la vidéo ci-dessous (réalisée par Jessica van Horssen) donne un aperçu de ce qu’on peut trouver sur le site.

Comme les désormais populaires réseaux sociaux, les réseaux d’échanges entre chercheurs sont voués à un bel avenir car ils permettent à ceux séparés par de grandes distances de collaborer et partager plus facilement.

Bonne semaine et à bientôt,

Sources:

H-Environment: http://www.h-net.org/~environ/

NICHE: http://niche-canada.org/


La Phonothèque québécoise / Musée du son et la diffusion du patrimoine sonore

Bonjour tout le monde,

Cette semaine, j’aimerais parler de la Phonothèque québécoise / Musée du son et de ses efforts dans la numérisation et la diffusion sur le web du patrimoine sonore du Québec.

La Phonothèque est un organisme sans but lucratif fondé en 1989 par quelques individus soucieux de préserver la mémoire sonore du Québec. C’est en s’inspirant des modèles de phonothèques apparues dans les grandes capitales culturelles dès le début du 20e siècle que l’idée d’institutionnaliser la protection de la mémoire sonore prend essor au Québec. Depuis sa création, la Phonothèque se donne l’objectif de devenir «La Phonothèque nationale» du Québec et de rassembler tous les documents liés au patrimoine sonore de la province. Toutefois, comme l’affirme l’ancien président-fondateur de l’organisme Réal Larochelle, l’objectif est loin d’être atteint et il faut plutôt constater l’état fragmenté et dispersé du patrimoine.

Selon un inventaire datant de 2005, on estime les 90 collections de l’institution à environ 12 000 éléments catalogués: disques analogiques et audionumériques, vidéo-cassettes, vidéos numériques, affiches, appareils d’enregistrement sonore, monographies, périodiques, microfilms, partitions musicales, etc.

Malgré son aspect un peu suranné, la numérisation et la mise en ligne d’émissions de radio (extraits couvrant une période de 75 ans de radio: CKAC, CFCF, CKVL, Radio-Canada, etc) et d’entrevues sur le patrimoine sonore rendent le site web de la Phonothèque attrayant pour les historiens et bien d’autres. De plus, des expositions virtuelles sur l’histoire de la radio et des maisons indépendantes de production de disques à Montréal viennent ajouter un contenu historique au site. Il faut avouer cependant que les documents diffusés en ligne ne représentent qu’une petite partie des collections de la Phonothèque. On peut expliquer cet état des choses par le peu de moyens financiers dont dispose l’institution. En effet, comme le mentionne Réal Larochelle, la Phonothèque survit surtout grâce à une subvention gouvernementale annuelle (le montant de 25 000 dollars n’a pas augmenté depuis 1992) et à la générosité d’individus (dons, membership) intéressés par le projet. Une plus grande diffusion sur le web intéresserait sans aucun doute beaucoup de monde. Tout cela dépend des moyens futurs de l’organisation. Y a-t-il des investisseurs quelque part?

Bonne semaine,

Sources: 

LAROCHELLE, Réal, La patrimoine sonore du Québec. La Phonothèque québécoise, Montréal, Les Éditions Triptyque, 2009, 182p.

Site de la Phonothèque: <http://www.phonotheque.org/>


Les droits d’auteur, comment ça marche?

Bonjour tout le monde,

C’est à la suite de la lecture du Guide des bonnes pratiques que nous avions à lire la semaine dernière que je me suis demandé comment fonctionnait l’application des droits d’auteur et tout ce qui concerne la publication de documents sur internet. La lecture (en partie) de la loi sur le droit d’auteur disponible en ligne sur le site du ministère de la justice (http://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/C-42/) m’a permis de récolter quelques informations.

L’article 6 de la loi proclame que «le droit d’auteur subsiste pendant la vie de l’auteur, puis jusqu’à la fin de la cinquantième année suivant celle de son décès». Si j’ai bien compris, après une période de cinquante ans suivant le décès de l’auteur, une oeuvre entre dans le domaine public et devient donc susceptible d’être publiée sur internet sans que l’on doive payer pour sa reproduction.  Pour les oeuvres protégées par les droits d’auteur, une mise en circulation sans le consentement du détenteur constitue une violation de la loi (article 27).

Comment pouvons-nous publier de façon légale un document protégé par la loi? La loi sur le droit d’auteur ne fournit pas de façon précise ces modalités. Certains organismes comme COPIBEC (http://www1.copibec.qc.ca/?action=pr_accueil), la SODRAC (http://www.sodrac.ca/), la SOCAN (http://www.socan.ca/) ou la SPACQ ( http://www.spacq.qc.ca/fr/Accueil/)  fournissent des renseignements sur la façon de s’assurer de la légalité de la reproduction d’une oeuvre sur le web. Ces orgnanismes peuvent émettre des autorisations à ceux qui désirent reproduire des oeuvres protégées (voir COPIBEC: http://www1.copibec.qc.ca/?action=pr_reproduction). Ces autorisations prennent la forme de licences qui sont attribuées en échange de redevances. Le coût de ces licences est determiné entre autres choses par le type d’utilisation, le volume des reproductions et la durée de l’autorisation.

Pour plus d’informations sur les licences, le site de COPIBEC explique clairement toutes les modalités pour les obtenir.

Bonne semaine,