Le Museîon d’Alexandrie : la première forme historique de la collection

Les musées et les bibliothèques possèdent depuis leurs origines des liens de parenté, et leur histoire semble jalonnée de phénomènes d’écho, de réciprocité, voire similitude. La sauvegarde du patrimoine, la pédagogie et la démocratisation culturelle sont des thèmes évidents dans notre société contemporaine. La constitution de collections et la transmission de savoir sont bien antérieures à l’intervention des musées et des bibliothèques nés officiellement à la fin du XVIIIème siècle.

La première forme généralement mentionnée dans l’Antiquité en est le Museîon (à l’origine du terme musée) d’Alexandrie en Égypte au IIIème siècle avant J.C. sous la dynastie des Ptolémées. Cet édifice renfermait un vaste ensemble de bâtiments et de jardins et accueillait une communauté de Savants (mathématiques, astronomes, géographes, philologues et poètes) rémunérés par le roi. La finalité du Museîon visait à rassembler et à présenter des collections d’objets du monde entier, classés avec ordre et logique pour produire et alimenter de nouvelles connaissances. Les savants disposaient pour leurs recherches d’une vaste bibliothèque, qui comptait de 400 000 « volumens » (de « volvere » : rouler, dérouler). Ceux-ci se présentaient sous la forme d’une longue bande de matière, généralement fabriquée à base de papyrus, et disposée sur deux rouleaux qui permettaient, par un jeu d’enroulement et de déroulement, de progresser dans le déchiffrement des écritures. Plusieurs ouvrages, au sens classique du terme, pouvaient être reproduits sur un même, volumen.
Ptolémée Ι, fondateur de la bibliothèque, rêvait de rassembler en un seul lieu l’ensemble des savoirs pour fonder une véritable « bibliothèque universelle ». À partir du IIIème siècle avant J.C., il organisa ainsi le rapatriement d’œuvres écrites pour tous les auteurs et provenant de tous les pays, et les fit traduire en grec par les intellectuels attachés à l’établissement. Il exigea même que tous les navires faisant escale à Alexandrie livrent les ouvrages détenus à bord, afin qu’ils soient copiés et traduits (les originaux étant généralement conservés à Alexandrie et les copies remises aux propriétaires). Le Museîon devint donc un centre académique de hautes recherches où les savants étaient défrayés par le roi et où ils trouvaient les instruments, les collections, les jardins zoologiques et botaniques nécessaires à leurs travaux, ce qui constitue la création d’un espace de savoir collectif et évolutif par excellence déjà à cette époque.

Sources

¹ Christian Jacob, « Lire pour écrire : navigations alexandrines ». Le pouvoir des bibliothèques : la mémoire des livres en Occident, 1996.

²Laure Bourgeaux, Musée et bibliothèques sur Internet : le patrimoine au défi du numérique.

 ³Source de l’image :‹ http://fr.wikipedia.org/wiki/Biblioth%C3%A8que_d%27Alexandrie› (disponible le 10 novembre 2011) :       Évocation de la bibliothèque d’Alexandrie.



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