Les réseaux d’échanges entre chercheurs : H-Environment et NICHE

Je ne surprendrai personne en disant que l’avènement d’internet a considérablement facilité la communication et la collaboration entre chercheurs. En effet, en plus des échanges par courrier électronique, la création de sites web de mise en réseau a permis d’améliorer la circulation et le partage d’informations entre chercheurs. C’est dans le cadre de mes propres recherches pour la rédaction de mon mémoire que j’ai fait la découverte de ce genre de site. J’ai décidé de consacrer cette entrée de blogue à ces réseaux d’échanges entre chercheurs en présentant deux sites qui m’ont beaucoup aidé à orienter et faire avancer ma recherche.

H Environment est un site web consacré à la mise en réseau au niveau international des chercheurs en histoire environnementale. Le site est supporté par deux grandes grandes organisations de professionnelles en histoire : l’American Society for Environmental History et L’European Society for Environmental History. Le contenu du site permet aux chercheurs de partager, collaborer et de se maintenir au courant des dernières actualités dans le champs des études en histoire environnementale : articles, comptes rendus d’ouvrages, annonces de conférences, librairie de syllabus de cours, suggestions de vidéos, liens vers d’autres organisations et sites webs, forums de discussions permettant les échanges et critiques, etc. Un élément du site que je trouve intéressant est les Roundtable reviews qui permettent à plusieurs de faire le compte rendu d’un même ouvrage.

Au niveau local, NICHE (Network in Canadian History & Environment) est une initiative canadienne du même genre. Une des différences par rapport au site précédent est, outre son ergonomie plus efficace, la présence sur NICHE d’une section consacrée à la diffusion de podcasts et à l’archivage d’enregistrements vidéos et audios (conférences, cours) sur l’histoire environnementale. Le site constitue une mine d’informations pour les chercheurs canadiens intéressés par les sujets environnementaux. Malheureusement pour les unilingues francophones, le contenu est surtout en langue anglaise.  Dans une prochaine entrée de blogue, je parlerai davantage de la baladodiffusion. En attendant, la vidéo ci-dessous (réalisée par Jessica van Horssen) donne un aperçu de ce qu’on peut trouver sur le site.

Comme les désormais populaires réseaux sociaux, les réseaux d’échanges entre chercheurs sont voués à un bel avenir car ils permettent à ceux séparés par de grandes distances de collaborer et partager plus facilement.

Bonne semaine et à bientôt,

Sources:

H-Environment: http://www.h-net.org/~environ/

NICHE: http://niche-canada.org/

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Doodle pour le lundi 5 décembre

Bonjour à tous,

Je serai encore disponible de 17h à 21h au local 1890.

Vous devez réserver votre plage horaire pour votre rendez-vous :

http://www.doodle.com/tx75rimqzdtimxpu

À la semaine prochaine

Kim


Histoires de vies Montréal

Mardi soir, je suis allée à une conférence sur l’histoire orale. Vous en avez sûrement entendu parler par courriel, par plusieurs affiches dans l’université ou bien, si vous étiez un tant soit peu attentifs dans le cours de lundi. Cette conférence était produite par le Réseau Histoire; un réseau socioprofessionnel qui, en plus d’organiser ce type d’activité, envoie chaque semaine une liste d’activités ainsi qu’un bulletin d’emplois tous deux reliés directement à l’histoire. Si vous n’êtes pas inscrits, je vous le recommande fortement, vous pouvez le faire dès maintenant par courriel à réseau.histoire@uqam.ca.

La conférence était divisée en trois sections. D’abord, avec le peu de temps qui lui était destiné, Yolande Cohen a tâché de répondre à la question : qu’est-ce que l’histoire orale? Par la suite, Eve-Lyne Cayouette Ashby a traité du projet d’histoire orale de Concordia et c’est cela qui nous intéresse ici. Je veux tout de même mentionner la présence d’une troisième conférencière puisqu’elle a suscité mon attention. Il s’agit d’Annie Girard, une enseignante au secondaire, qui a fait vivre à ses élèves le travail de l’historien en exploitant des sources orales.

HISTOIRES DE VIE MONTRÉAL, « Logo - Histoires de vie Montréal ».(28 novembre 2011).

Le projet dont Eve-Lyne Cayouette Ashby est la coordonnatrice se nomme Histoires de vie des Montréalais déplacés par la guerre, le génocide et autres violations aux droits de la personne. Étant donné la longueur vous comprendrez qu’on l’appelle plus souvent par son surnom à savoir Histoires de vie Montréal. C’est un projet qui s’étend sur cinq années, soit de 2007 à 2012, et qui a pour objectif de recueillir les témoignages de 500 personnes qui habitent à Montréal à cause de violations aux droits de la personne. Le projet est hébergé par  le Centre d’histoire orale et de récits numérisés de l’Université Concordia. La majorité des témoignages proviennent de quatre grands groupes «ethniques» ou religieux c’est-à-dire des Rwandais qui ont survécu au génocide, des Cambodgiens qui ont vécu le régime de Pol Pot, des Haïtiens qui ont vécu la violence du régime de Duvalier et des Juifs survivants de l’Holocauste.

Les entrevues sont réalisées par des amateurs qui ont reçu certaines formations. Ceux-ci proviennent habituellement de la même communauté ethnique que la personne qui livre son témoignage. Eve-Lyne Cayouette Ashby relève d’ailleurs la subjectivité qui se retrouve dans les témoignages et, selon elle, une des richesses de l’histoire orale provient des vérités comme des mensonges des interlocuteurs. Les sources sont audiovisuelles,  seulement audio ou simplement écrites. Les Montréalais qui participent au projet ont le droit en tout temps de réclamer que leur vidéo, ou toute autre forme de témoignage, soit détruite. La diffusion de ces sources pour l’historien peut donc être accessible un jour, mais plus le lendemain. Cela peut donc représenter un risque. La licence utilisée pour les vidéos est la Creative Commons Paternité.

Malheureusement, le site internet est encore en construction et pour le moment je trouve qu’il n’y a pas encore beaucoup de témoignages en ligne. Par contre, certaines entrevues sont déjà en ligne, il y a d’ailleurs un film qui a été fait avec quatre témoignages que vous pouvez visionner en cliquant ici. Si vous n’avez pas 22 minutes, je vous conseille fortement d’écouter l’entrevue de Ven Runnath de la sixième minute à sept minutes et quatorze secondes puis la suite à dix minutes trente secondes jusqu’à douze minutes trente secondes; c’est touchant.

En somme, le projet Histoires de vie des Montréalais déplacés par la guerre, le génocide et autres violations aux droits de la personne est encore en construction, mais il permettra d’avoir accès à plusieurs témoignages uniques qui permettront de mieux comprendre la réalité de ceux qui ont trouvé refuge à Montréal. De plus, le site internet du Centre d’histoire orale et de récits numérisés de l’Université Concordia est très enrichissant et peut vous être très utile si vous envisagez de faire de l’histoire orale. En effet, il propose un outil « stories matter » qui permet de gérer vos sources audio et vidéo. Sur le site vous pouvez aussi trouver plusieurs conseils reliés à l’histoire orale tant sur l’éthique de l’histoire orale que des trucs liés à la vidéo.

Sources: 

BEAULIEU, Marion, « Compte-rendu de la conférence Qu’est-ce que l’histoire orale?», jeudi 24 novembre 2011. <http://reseauhistoireuqam.blogspot.com/> (27 novembre 2011).

CONCORDIA ORAL HISTORY RESEARCH LAB. <http://storytelling.concordia.ca/oralhistory/> (28 novembre 2011).

GASANA, Sandra,« À propos du projet « Histoires de vie des Montréalais ». <http://parolecitoyenne.org/a-propos-du-projet-histoires-de-vie> (27 novembre 2011).

HISTOIRE DE VIE MONTRÉAL. <http://www.histoiresdeviemontreal.ca/> (28 novembre 2011).

HISTOIRE DE VIE MONTRÉAL, «J’y étais », 2010. <http://parolecitoyenne.org/j-y-etais> (27 novembre 2011).


Le musée virtuel du protestantisme français

Le Musée virtuel français a été créé en janvier 2003 par la Fondation Eugène Bersier, avec le concours de la Société de l’Histoire du Protestantisme Français. Ce musée, accessible que par Internet, vise à présenter les spécificités de l’histoire protestante. Ce musée contient trois « bâtiments » portant sur les siècles, les thèmes et les œuvres protestantes. Il comprend environ 1000 notices et 2500 images provenant de 700 références bibliographiques. De plus, le site est disponible en trois langues : le français, l’anglais et l’allemand. Toutefois, le site est présentement en traduction dans les deux dernières langues.

Dans cette exposition, plusieurs moyens sont mis à la disposition des visiteurs pour faciliter la compréhension des thèmes. Premièrement, les textes sont concis et clair, ce qui facilite grandement l’assimilation de l’exposition. Deuxièmement, une multitude de liens sont disponibles dans les textes ce qui aide à avoir une idée globale sur le protestantisme. Troisièmement, on retrouve une multitudes de cartes qui servent à situer une problématique, telle que la zone d’application de l’Édit de Nantes. C’est une exposition bien structurée que j’ai appréciée. J’ai beaucoup appris sur la Réforme.

Si je devais enseigner la Réforme protestante au cours de ma carrière, car à présent l’humanisme et le protestantisme sont à l’étude en deuxième secondaire, j’utiliserais ce site sans hésiter. À mon avis, il est conçu de façon à ce tout le monde puisse en apprendre davantage sur le protestantisme. De plus, il possède deux avantages que la plupart des musées n’ont pas : il est gratuit et accessible en tout temps. Alors, si j’avais un projet à donner à mes étudiants portant sur le protestantisme, je pourrais donner ce site en référence principale, car il est bien documenté. De plus, je pourrais leur donner un questionnaire portant sur les diverses salles de l’exposition pour leur permettre d’étudier plus en profondeur certains éléments sur lesquels les manuels scolaires ne s’attardent pas. Puis, comme il s’agit d’un projet à faire dans un musée virtuel, ils y ont accès en tout temps et facilement (à condition qu’ils aient Internet chez eux). L’approche pédagogique étant différente, cela peut stimuler leur intérêt, car il ne s’agit pas d’une recherche ordinaire où ils iront tout rechercher sur Wikipédia.

 

J’ajouterais un petit bémol. Depuis 2008, il est interdit de prendre des images du site même pour un public étudiant (ou du moins, ils ne font pas cette nuance). Ainsi, je n’ai pas pu mettre d’images tirées du site pour agrémenter la présentation de cet article.

 

Source :

Musée virtuel du protestantisme français. Musée virtuel du protestantisme français. http://www.museeprotestant.org/(Consulté le 27 novembre 2011).


Iphone et le tourisme historique

Depuis quelques années, une foule d’organismes permettent de découvrir les grandes villes du monde d’une autre façon grâce à des applications, souvent gratuites, pour les téléphones intelligents. Ces applications ont toutes en commun de fournir une large collection de photos historiques, des données sur le lieu et la date de la prise et de retracer, grâce à votre GPS intégré, quelques photos à proximité de vous. Les autres options sont la superposition des photos historiques sur le paysage actuel grâce à la caméra et les cartes à épingles. Les termes permettant de définir ces technologies sont géolocalisation et réalité augmentée.
Il existe deux grandes catégories pour ces projets, les projets crowdsourced comme Historypin et WhatWasThere et ceux mettant en valeur des collections et archives privées. Ces derniers se concentrent généralement sur une seule ville, par exemple Cleveland, Philadelphie, Montréal, Toronto, Paris, Metz, Nantes, Londres et sont générés par un organisme comme un centre de recherche, un musée ou un centre d’archives.
Ces applications permettent d’allier la technologie et l’étude de l’histoire. Plusieurs objectifs sont visés par les promoteurs. Les sites globaux veulent réunir une histoire photographique mondiale et faire participer les individus à la construction de ce patrimoine. Les musées veulent faire découvrir leur collection et sa valeur, pour éventuellement amener le visiteur à l’intérieur de ses murs. Mais plusieurs projets, bien documentés et très professionnels (Cleveland historical et PhillyHistory.org) vont susciter plus que la curiosité, mais également favoriser la compréhension du passé de la ville.
Les projets constituent une nouvelle approche du tourisme qui favorise la découverte d’une autre facette des villes au moment même où elle est appréhendée. Un tourisme historique autogéré qui permet de renouveler le rapport au passé architectural et urbain. Il faudra bien sûr s’assurer de trouver le meilleur outil avant la visite de chaque ville. Ainsi, plus de gens pourront être amenés à s’intéresser à l’histoire.
Sans avoir moi-même essayé toutes ces applications, elles permettent de s’interroger sur la formule la plus efficace pour la pertinence des archives ainsi consultées. En visitant les sites de Historypin et WhatWasThere, on s’aperçoit rapidement que l’information est lacunaire sur les évènements et l’histoire. Les photos ne sont pas mises en contexte à tout coup. Tandis que les concepteurs de Cleveland historical nous font des Tours très détaillés rendant une interprétation d’une réalité historique, exemple : L’immigration irlandaise.
Il est à noter que les projets plus locaux et mieux à même de répondre aux interrogations des visiteurs vont peut-être nuire à la mission globale que se donnent Historypin et WhatWasThere. Les gens auront tendance à aller directement vers les sources les plus riches, délaissant les autres projets.
Pour Montréal, la toute nouvelle application Musée Urbain Montréal est toujours la plus intéressante d’entre toutes les applications du genre. La collection de 150 photos provenant des archives Notman du Musée McCord est sélectionnée à travers 1,3 million de photos. Il s’agit d’un nombre restreint quand on compare à la quantité de photos sur New York, Londres ou Paris avec d’autres applications, mais Musée Urbain MTL s’avère plus avantageuse pour cette ville qu’Historypin ou Whatwasthere avec leurs quelques dizaines de photos peu commentées.
Il faut tout de même souligner l’incroyable contribution de ces applications pour le tourisme historique. La possession d’un petit appareil électronique peut se révéler être une source inédite d’érudition et de divertissement. Naturellement, pour quiconque désire contribuer du fruit de ses recherches grâce à un corpus de photos commentées, Historypin et WhatWasThere sont des outils faciles à utiliser comparativement à la création de son propre projet.

 

Alex Giroux

Sources:

http://www.apple.com/itunes/

http://www.mononews.ca/nouvelles/1517/musee-urbain-mtl-une-application-avant-gardiste-du-musee-mccord-pour-decouvrir-le-montreal-dhier-et-daujourdhui-de-facon-techno

 


« Building The Digital Lincoln », l’utilisation de l’informatique dans la recherche historique.

                  En naviguant sur internet, à la recherche d’articles  pour mon cours sur l’historiographie américaine, j’ai découvert  » Building The Digital Lincoln » , un site particulièrement intéressant, non seulement pour mon cours d’historiographie, mais aussi pour notre cours portant sur l’utilisation de l’informatique dans la recherche en histoire.

                Créé à l’occasion du 200e anniversaire du Président des États-Unis, Abraham Lincoln, ce site fait partie d’une édition spéciale en ligne « Abraham Lincoln at 200 : History and Historiography » du Journal of American History.

Le projet est né d’une association entre des historiens du Journal of American History et des chercheurs du projet universitaire House Divided Project.  Ce dernier projet, mené par les professeurs et étudiants du Dickinson College, tente de trouver de nouvelles manières d’étudier l’Histoire de la Guerre Civile américaine et ce, afin d’en avoir une meilleure compréhension.

C’est ainsi, que pour le 200e d’Abraham Lincoln, ces chercheurs se sont réunis et ont créé le site « Building the Digital Lincoln ». Ce site a pour objectif de montrer aux utilisateurs de quelle manière la collaboration entre les historiens et les humanités digitales permet d’apporter de nouvelles informations sur Abraham Lincoln, et ainsi, d’en dresser un portrait plus complet.

Les chercheurs mettent en lumière l’utilisation de nouveaux outils technologiques dans la recherche historique sur Abraham Lincoln. Certains outils que nous avons vus lors des présentations orales sont utilisés et appliqués sur ce site internet. Cela permet d’avoir un exemple concret de leur utilisation dans le domaine historique.

Ce site se divise en plusieurs parties : les documents et sources d’Abraham Lincoln, la manière de diffuser ce contenu sur internet, les différents outils informatiques utilisés pour créer ces analyses et finalement une bibliographie des livres et des sites les plus connus sur Abraham Lincoln.

Cependant, étant donné le thème du cours, je me concentrerai d’avantage sur la première partie. Cette dernière, Documents & Artifacts , décrit l’analyse des documents et autres sources premières à l’aide d’outils informatiques. Celle-ci est divisée en trois types d’analyses : la représentation de texte, les données visuelles et les cartes dynamiques.

 Afin de montrer de quelle manière l’informatique permet d’offrir de nouvelles représentations des textes de Lincoln, les chercheurs illustrent leurs propos avec deux sortes de représentations:

               La première, la représentation visuelles grâce au nuage de mot qui analyse deux débats d’Abraham Lincoln, l’un en 1858, l’autre en 1860. Il permet de comprendre d’un simple coup d’œil les thèmes ou sujets abordés dans les deux débats analysés et de pouvoir en faire la comparaison.

La deuxième représentation est d’une grande importance. Les chercheurs ont mis en ligne une source première, le « Scrapbook » d’Abraham Lincoln. Ce dernier découpait et annotait les articles de journaux se rapportant à ses débats de 1858 avec Stephen Douglass. Conservé par la Bibliothèque du Congrès, le « Scrapbook » ne fut dévoilé au public sous forme de fac-similé que cent ans plus tard en 1958. À présent, il est possible de le consulter, d’en tourner les pages virtuelles et de zoomer dessus sans bouger de sa maison.

               La deuxième partie montre les nouvelles possibilités offertes par la représentation visuelle des données. Par exemple, en combinant des sources de deux collections majeures sur Abraham Lincoln, aux deux logiciels Google Map et Simile, les chercheurs réalisent une carte du temps. Celle-ci permet de visualiser géographiquement les déplacements politiques de Lincoln à travers le temps. De plus, elle donne, en cliquant sur le lien, un accès direct à certaines sources.

Ensuite, il montre l’utilisation de l’Hypergraph qui donne accès, sous forme de graphique à la base de donnée de la House Divided Project. Cela permet de créer des connections entre les différentes sources de la base de données et ainsi de pouvoir en montrer clairement les liens.

               Finalement la dernière partie montre l’utilisation de ce qu’ils appellent les cartes dynamiques. À présent, Grâce au 3-D ou autres technologies, les cartes qui représentent l’un des plus vieux outils de l’historien, ne sont plus forcements statiques. Le site nous propose trois exemples : tout d’abord, les cartes du Geographic Information System qui permettent d’accéder aux cartes selon le choix d’analyse.

Ensuite, grâce au logiciel Zoomify, il est possible de zoomer sur des cartes digitales , afin d’avoir accès au moindre détails. Le site propose ainsi une carte de Springfield en Illinois de 1867. Cet outil permet par exemple, de pouvoir constater le chemin qu’emprunter A. Lincoln lorsqu’il se rendait chez lui.

Et finalement, grâce à l’outil Google SketchUp qui propose une plateforme pour le développement de la 3-D, le site montre des modèles 3D  de bâtiments au temps de Lincoln.

                Ce site permet ainsi d’avoir une belle illustration de l’utilisation des nouvelles technologies en histoire. Cependant, il se concentre d’avantage sur la démonstration des outils que leur création. Il n’explique pas comment ces objets ont été créés, mais décrit seulement le résultat final. Ce site permet donc une meilleure compréhension des liens unissant l’historien et les nouvelles technologies. Cependant, pour ce qui est de la réalisation de ses techniques, l’historien doit faire de plus amples recherches.

                                                                                                          Fanny Dumoulin

Source : http://www.journalofamericanhistory.org/projects/lincoln/media/index.html


La recherche plein texte, le piège de la facilité !

Ma dernière entrée de blogue portait sur un texte de Donald Fyson : À la recherche de l’histoire dans les bibliothèques numériques : les leçons de notre mémoire en ligne, plus précisément sur la première partie du texte. Dans cette première partie, Fyson faisait quelques mises en garde quant à l’utilisation de ces archives numériques dans le cadre de recherche en histoire. C’est à croire que cet auteur m’a inspiré, car mon entrée portera sur la seconde partie de son article qui traite de l’utilisation de la recherche plein texte……en histoire !

Cet outil se révèle des plus précieux dans notre quête du temps. En effet, la recherche plein texte permet à l’historien d’effectuer une recherche par mot clef au niveau de millier de documents, et ce, en quelques secondes !

De façon traditionnelle, l’historien aurait dû se limiter à un corpus de sources raisonnables (échantillon) et éplucher ces dernières une par une à la recherche du mot clef ou d’un concept faisant l’objet de sa recherche. Beaucoup de temps et de patience résument ce genre de recherche, mais ces dernières peuvent être très enrichissantes dépendamment des sources consultées.

Mais attention chers amis, la facilité ne vient jamais sans contrainte et l’historien doit être conscient des limites de ces outils et des pièges qu’ils peuvent comporter dans les résultats obtenus. C’est ce que Donald Fyson nous présente dans la seconde partie de son article.

Les limites sont ici importantes et l’utilisation de la recherche plein texte dans le cadre d’une recherche ne doit pas se faire de façon innocente. L’historien doit en effet connaître les contraintes liées à l’utilisation de cet outil. Contrairement à une recherche méticuleuse au niveau d’un corpus de sources passé au peigne fin par le chercheur, les résultats d’une recherche plein texte effectuée par un moteur de recherche ne doivent pas être pris avec certitude et l’historien, selon Fyson, se doit d’admettre qu’ils sont possiblement erronés. Un résultat négatif ne doit donc pas être pris pour une absence de résultats.

Le moteur de recherche fait une analyse bête d’un texte, dénué de toute interprétation et de toute mise en contexte de la production du document dans son ensemble ou de l’utilisation d’un mot dans une phrase. Cette limite au niveau de l’analyse amène donc une possibilité d’erreur au niveau de la recherche même. L’historien devra donc faire preuve d’ingéniosité dans la formulation de ses requêtes afin de pallier le manque de subtilité du moteur de recherche ! Les requêtes devront être formulées de plusieurs façons afin de ne rien échapper. Fyson donne l’exemple du «s» qui au début du XIXe siècle revêt une forme allongée, «ƒ», que les moteurs de recherche confondent avec la lettre «f». La requête devra donc comporter les deux formes d’écriture, soit par exemple «secrétaire» et «fecrétaire» afin que la recherche soit complète. La langue évolue également au fil des siècles et certains termes utilisés à une époque ne le sont plus aujourd’hui. L’historien devra donc tenir compte de cette évolution dans le cadre de sa recherche.

Un des avantages de la recherche plein texte est qu’elle permet de traiter une quantité importante de source en peu de temps. Cependant, ce type de recherche se prête difficilement aux recherches de mots ou concepts trop généraux. Une telle recherche peut générer une quantité faramineuse d’occurrences qui seront difficilement traitables par les facultés limitées de l’être humain. Je ne veux pas dire ici que l’intelligence humaine est inférieure à celle de la machine, mais vous conviendrez avec moi que passer au travers de plus de 50 000 occurrences concernant le mot «parlement» est une tâche herculéenne. Cette abondance de résultats rendus possibles par la recherche plein texte influence donc la recherche des historiens vers des sujets de plus en plus précis aux résultats plus gérables. Ce type d’outils crée donc un curieux paradoxe. Il permet de traiter une quantité importante de sources, mais dirige les recherches vers des sujets qui génèreront moins de résultats.

L’historien, lorsqu’il utilise la recherche plein texte dans le cadre d’une recherche, doit être conscient que les résultats obtenus peuvent être erronés. En fait, il faut être conscient qu’avec la recherche plein texte, on sacrifie la qualité au profit de la quantité. Aucun programme, faisant une analyse unilatérale par présence ou absence d’un mot, ne pourra remplacer un chercheur avec tout son bagage de connaissances mis au profit de la compréhension d’un document. Mais la disponibilité accrue des sources (les sources ont toujours été abondantes, mais avec la numérisation et le WEB elles sont de plus en plus facilement disponibles) rend le virage informatique presque incontournable. Cependant, l’historien en tenant compte des limites de cet outil pourra éviter quelques pièges dans son interprétation des résultats.

Source :

FYSON, Donald, « À la recherche de l’histoire dans les bibliothèques numériques. Les leçons de Notre mémoire en ligne », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 59, no 1-2, été-automne 2005, p. 95-113. <http://www.erudit.org/revue/haf/2005/v59/n1-2/012721ar.html> (24 novembre 2011).