La Phonothèque québécoise / Musée du son et la diffusion du patrimoine sonore

Bonjour tout le monde,

Cette semaine, j’aimerais parler de la Phonothèque québécoise / Musée du son et de ses efforts dans la numérisation et la diffusion sur le web du patrimoine sonore du Québec.

La Phonothèque est un organisme sans but lucratif fondé en 1989 par quelques individus soucieux de préserver la mémoire sonore du Québec. C’est en s’inspirant des modèles de phonothèques apparues dans les grandes capitales culturelles dès le début du 20e siècle que l’idée d’institutionnaliser la protection de la mémoire sonore prend essor au Québec. Depuis sa création, la Phonothèque se donne l’objectif de devenir «La Phonothèque nationale» du Québec et de rassembler tous les documents liés au patrimoine sonore de la province. Toutefois, comme l’affirme l’ancien président-fondateur de l’organisme Réal Larochelle, l’objectif est loin d’être atteint et il faut plutôt constater l’état fragmenté et dispersé du patrimoine.

Selon un inventaire datant de 2005, on estime les 90 collections de l’institution à environ 12 000 éléments catalogués: disques analogiques et audionumériques, vidéo-cassettes, vidéos numériques, affiches, appareils d’enregistrement sonore, monographies, périodiques, microfilms, partitions musicales, etc.

Malgré son aspect un peu suranné, la numérisation et la mise en ligne d’émissions de radio (extraits couvrant une période de 75 ans de radio: CKAC, CFCF, CKVL, Radio-Canada, etc) et d’entrevues sur le patrimoine sonore rendent le site web de la Phonothèque attrayant pour les historiens et bien d’autres. De plus, des expositions virtuelles sur l’histoire de la radio et des maisons indépendantes de production de disques à Montréal viennent ajouter un contenu historique au site. Il faut avouer cependant que les documents diffusés en ligne ne représentent qu’une petite partie des collections de la Phonothèque. On peut expliquer cet état des choses par le peu de moyens financiers dont dispose l’institution. En effet, comme le mentionne Réal Larochelle, la Phonothèque survit surtout grâce à une subvention gouvernementale annuelle (le montant de 25 000 dollars n’a pas augmenté depuis 1992) et à la générosité d’individus (dons, membership) intéressés par le projet. Une plus grande diffusion sur le web intéresserait sans aucun doute beaucoup de monde. Tout cela dépend des moyens futurs de l’organisation. Y a-t-il des investisseurs quelque part?

Bonne semaine,

Sources: 

LAROCHELLE, Réal, La patrimoine sonore du Québec. La Phonothèque québécoise, Montréal, Les Éditions Triptyque, 2009, 182p.

Site de la Phonothèque: <http://www.phonotheque.org/>


One Comment on “La Phonothèque québécoise / Musée du son et la diffusion du patrimoine sonore”

  1. olivierfaure dit :

    Le site internet de la phonothèque semble lui aussi sortir de vieilles archives,  son aspect statique aux couleurs ternes ne parait pas attirant pour les différentes personnes qui veulent explorer la phonothèque. De plus, la date de sa  dernière mise ? jour, soit le 17 novembre 2006, ainsi que la version proposée du lecteur audio Real One Player, largement dépassée, laisse penser qu’il est à l’abandon. Est-ce que c’est bien le cas ou bien est-ce plutôt le fait que la phonothèque n’a plus les moyens de l’entretenir ? D’un autre côté, peut-être est-ce que cette situation s’explique par le manque de nouveautés ? Néanmoins, tout cela ne peut que conforter le gouvernement dans son manque d’intérêt à propos de la phonothèque. De plus, comment pourrait-on recueillir des fonds pour un organisme apparemment statique ? Je pense que ce sont d’abord les personnes utilisant le site, les historiens d’abord, qui doivent porter le projet plus en avant en affirmant l’utilité de cet outil pour la recherche. Probablement qu’une certaine méconnaissance de la phonothèque auprès du grand public ne joue pas en sa faveur. Une idée pourrait être la contribution de bénévoles notamment au développement de son site. Le manque de financement ne doit pas être une raison pour justifier le caractère statique d’un site Web. D’ailleurs, dans le milieu culturel, la plupart des organismes font appel à des bénévoles afin de pallier le manque de financement public.


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