Les « soap opera » historiques et leur diffusion sur le web: un plaisir coupable?

Les « soap opera », ou romans-savons, se déroulant sur un fond historique se font de plus en plus populaires. La série The Tudors est sans doute l’une des plus connue et son succès a été tel que la chaîne de télévision américaine Showtime l’a remplacée par une autre série du même style en 2011. Cette nouvelle série, The Borgias (Les Borgias), se déroule dans l’Italie de la Renaissance durant la papauté d’Alexandre VI (Rodrigo Borgia), l’un des papes considéré comme le plus corrompu de l’Histoire (il aurait acheté les votes de son élection, avait une famille nombreuse et entretenait plusieurs maîtresses…). Un seul coup d’oeil sur l’affiche publicitaire de la série donne un bon aperçu du ton de la série: Le roman-savon historique est aussi populaire en Turquie, où la série Muhteşem Yüzyıl (Le siècle magnifique) a fait son apparition en 2011. La série se déroule durant le règne du sultan Soliman le Magnifique, et intrigues politiques et intrigues du harem s’entremêlent.

Grâce au web, les séries télévisées ont connues une bien plus grande diffusion à travers le monde. Les communautés de sous-titrage sont très actives et l’accès aux séries étrangères n’a jamais été aussi facile. Dans cette situation, on peut se demander à quel point la diffusion de ces séries informe, ou plutôt désinforme les gens sur l’Histoire. L’exemple de la série turque est intéressant. Pendant longtemps la période ottomane était considérée comme un passé duquel les Turcs devaient s’éloigner.  La série s’inscrit dans un mouvement de retour de l’intérêt pour la passé des Turcs, mais ce passé est dépeint d’une façon qui ne plait pas à tous. Par exemple, les femmes du harem sont tout sauf des femmes voilées et obéissantes et le sultan boit parfois du vin, chose interdite par l’islam (un interdit peu respecté tout au long de l’histoire musulmane). Les débats sont donc virulents entre puristes, qui voient la série comme une diffamation d’une période glorieuse de leur histoire, et les autres qui voient d’un bon oeil la présence de ces réalités. Malheureusement, les exigences de l’élaboration du scénario de ces séries obligent les scénaristes à inventer, voire modifier certains éléments de l’histoire. L’auditeur peu avisé, par exemple quelqu’un qui ne connait pas l’histoire du pays où se déroule l’action,  pourrait donc être souvent victime de désinformation. Par contre, s’il ne s’attache pas aux détails scénaristiques, il pourrait en apprendre beaucoup sur une civilisation ou une région auparavant inconnue. Les romans-savons font ils plus de bien que de mal à la diffusion de l’Histoire? La question reste ouverte. Pour l’instant, ces séries restent pour moi un plaisir coupable…

Jean Lou Castonguay

Sources des images:

Les Borgias : http://www.imdb.com/title/tt1582457/

Muhteşem Yüzyıl: http://devam.hypotheses.org/1133

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La Phonothèque québécoise / Musée du son et la diffusion du patrimoine sonore

Bonjour tout le monde,

Cette semaine, j’aimerais parler de la Phonothèque québécoise / Musée du son et de ses efforts dans la numérisation et la diffusion sur le web du patrimoine sonore du Québec.

La Phonothèque est un organisme sans but lucratif fondé en 1989 par quelques individus soucieux de préserver la mémoire sonore du Québec. C’est en s’inspirant des modèles de phonothèques apparues dans les grandes capitales culturelles dès le début du 20e siècle que l’idée d’institutionnaliser la protection de la mémoire sonore prend essor au Québec. Depuis sa création, la Phonothèque se donne l’objectif de devenir «La Phonothèque nationale» du Québec et de rassembler tous les documents liés au patrimoine sonore de la province. Toutefois, comme l’affirme l’ancien président-fondateur de l’organisme Réal Larochelle, l’objectif est loin d’être atteint et il faut plutôt constater l’état fragmenté et dispersé du patrimoine.

Selon un inventaire datant de 2005, on estime les 90 collections de l’institution à environ 12 000 éléments catalogués: disques analogiques et audionumériques, vidéo-cassettes, vidéos numériques, affiches, appareils d’enregistrement sonore, monographies, périodiques, microfilms, partitions musicales, etc.

Malgré son aspect un peu suranné, la numérisation et la mise en ligne d’émissions de radio (extraits couvrant une période de 75 ans de radio: CKAC, CFCF, CKVL, Radio-Canada, etc) et d’entrevues sur le patrimoine sonore rendent le site web de la Phonothèque attrayant pour les historiens et bien d’autres. De plus, des expositions virtuelles sur l’histoire de la radio et des maisons indépendantes de production de disques à Montréal viennent ajouter un contenu historique au site. Il faut avouer cependant que les documents diffusés en ligne ne représentent qu’une petite partie des collections de la Phonothèque. On peut expliquer cet état des choses par le peu de moyens financiers dont dispose l’institution. En effet, comme le mentionne Réal Larochelle, la Phonothèque survit surtout grâce à une subvention gouvernementale annuelle (le montant de 25 000 dollars n’a pas augmenté depuis 1992) et à la générosité d’individus (dons, membership) intéressés par le projet. Une plus grande diffusion sur le web intéresserait sans aucun doute beaucoup de monde. Tout cela dépend des moyens futurs de l’organisation. Y a-t-il des investisseurs quelque part?

Bonne semaine,

Sources: 

LAROCHELLE, Réal, La patrimoine sonore du Québec. La Phonothèque québécoise, Montréal, Les Éditions Triptyque, 2009, 182p.

Site de la Phonothèque: <http://www.phonotheque.org/>


Google, les livres et les bibliothèques : l’avis de Robert Darnton

Comme dans le cadre du cours j’ai à présenter quelque chose sur le livre électronique, je pensais vous présenter quelques éléments de réflexions que j’ai lus mais que je ne traiterais pas en classe. J’ai notamment fait la lecture du livre Apologie du livre. Demain, aujourd’hui, hier de Robert Darnton (Gallimard, 2011 [2009]). Les réflexions les plus intéressantes du livre sont, je crois, celles en lien avec Google, le livre électronique et la place des bibliothèques.

Quelques mots d’abord sur Robert Darnton. Premièrement, vous le connaissez déjà un peu. En effet, il est l’auteur de « La bibliothèque universelle, de Voltaire à Google» que nous avons lu la première semaine. Historien au parcours impressionnant, il est spécialiste de l’histoire du livre et directeur de la bibliothèque de Harvard depuis 2007. Ses réflexions sur le livre électronique en sont d’autant plus pertinentes.

Voyant la bibliothèque comme une citadelle du savoir et Internet comme un espace ouvert, les accords de Google avec 5 grandes bibliothèques en 2006 amènent plusieurs questionnements. Bien sûr, malgré les questions litigieuses des droits d’auteur, cela annonçait une démocratisation sans précédent du savoir. Enthousiaste de Google, Darnton n’en est pas moins inquiet de ses tendances monopolistiques. Il est le premier à voir dans le projet une grande utilité pour des recherches, par exemple: la numérisation des correspondances des grands auteurs des Lumières. M. Gingras nous en a d’ailleurs démontré quelques aspects. Par contre pour Darnton, contrairement à ce que l’on pourrit croire, Google Book  rendra les bibliothèques plus importantes que jamais. Pour bien le comprendre, il faut d’abord se rappeler que, historien du livre, il a à cœur la conservation des ; voici tout de même résumé ses arguments:

– Même si Google numérise 90% des livres, il en restera toujours un nombre important, les chercheurs ne peuvent donc compter exclusivement sur Google. Plusieurs livres existent d’ailleurs en quelques exemplaires seulement et sont disséminés dans les bibliothèques.

– Les fonds de 5 bibliothèques (même les plus importantes et même s’il y en a plusieurs autres depuis) sont loin de suffire, notamment à cause des livres rares, souvent importants pour les historiens.

-Les droits d’auteur risquent de continuer de poser problème. Il vaudrait mieux de fournir adéquatement nos bibliothèques que compter sur Google pour suivre la publication de plus en plus nombreuse tout en numérisant le passé.

– L’entreprise Google, quoiqu’on en pense,  peut disparaître et sa technologie être dépassée. Les bibliothèques sont là pour rester.

– Inévitablement, Google fera des erreurs dans sa numérisation, nécessitant la conservation des livres.

– La numérisation de Google ne résistera pas nécessairement au temps. Le livre a de ce côté fait ses preuves.

– Google envisage de numériser plusieurs versions du même ouvrage, mais auxquels aura-t-on accès?  « Google emploie des milliers d’informaticiens mais, pour autant que je sache, aucun bibliographe. » (page 105)

– Finalement, l’aspect physique du livre  n’est pas au rendez-vous. Ce qui peut être d’une grande importance pour les historiens. Et bien sûr, l’amoureux des livres n’y retrouve pas une partie de son expérience, du moins pour l’instant.

Darnton y va d’autres réflexions, mais ces 8 huit points donnent une bonne idée de sa pensée, bien qu’elle soit autrement plus étoffée. Déclarant ouvertement que son amour du livre lui donne peut-être un œil plus critique que nécessaire sur l’impact de Google Books, il reste tout de même très impressionné devant les avantages des nouvelle technologies.

« Certes nous devons numériser, mais surtout démocratiser en assurant un libre accès à notre héritage culturel. Comment? En réécrivant les règles du jeu, en subordonnant les intérêts privés au bien public et en nous inspirant des premiers républicains pour instaurer une République numérique du savoir. » (page 120)

Ah oui, j’oubliais: la lecture du livre est très agréable, je vous le recommande entre deux lourdes lectures académiques!

DARNTON, Robert, Apologie du livre. Demain, aujourd’hui, hier, Paris, Gallimard, 2001 [2009], p.71-142


Histoire de chiffres !

Lors du dernier cours, M. Yves Gingras nous a présenté une façon différente de faire de l’histoire par l’analyse de textes provenant d’un corpus de lettres d’une façon purement mathématique. D’entrée de jeu, on peut dire que cette méthode est quelque peu déstabilisante pour un historien ou un chercheur en sciences humaines qui ne fréquente pas nécessairement le domaine des chiffres et des graphiques dans le cadre de ses recherches.

Cette méthode fait abstraction du contenu des lettres (ou de toute autre forme d’écrit) pour se concentrer uniquement sur la fréquence de certains mots ou de leur association avec d’autres mots afin d’en tirer des tendances. De ces tendances on peut par la suite établir des liens conceptuels ou sociaux entre les acteurs impliqués dans ces documents ou établir tout simplement la force d’un concept pour une période donnée.

Cette méthode se rapproche plus des sciences appliquées que des sciences humaines puisqu’elle se base sur l’analyse de chiffres obtenus à l’aide d’une méthode d’extraction (manuelle ou informatique) et qui sont par la suite transposés en graphiques (réseaux). Ce genre d’analyse est fréquent dans différents domaines de recherche des sciences appliquées (par exemple dans le cas de résultats d’analyses d’échantillons effectués sur une période X que l’on reporte par la suite sur un graphique), mais demeure relativement nouveau en histoire.

Par son détachement par rapport à l’objet de recherche, cette méthode permet d’avoir une vue d’ensemble différente du sujet, soit de l’ordre de la macro comme le soulignait M. Gingras lors de sa présentation. Cette vue d’ensemble permet donc d’orienter où d’aborder un sujet de recherche d’une façon différente.

Ce type d’analyse des textes peut se faire de façon manuelle pour de petits corpus. Toutefois, lorsque ce dernier prend de l’ampleur, il devient difficile, presque impossible, d’en faire une analyse efficace et complète sans un outil informatique adapté qui pourra faire l’opération de recherche en un court laps de temps. L’outil informatique permet de ne plus imposer de limite à la recherche et ainsi obtenir un portait globale du champ d’études. C’est le volume important qui peut-être traité qui rend justement intéressant ce genre d’analyse. Plus ce dernier est important, plus sera représentative l’analyse que l’on en fera.

Le problème est justement la disponibilité de ces corpus qui n’est pas toujours évidente et qui rend donc l’utilisation de cette méthode limitée pour le moment. La numérisation des documents d’archives prend de plus en plus d’ampleur pour les raisons que l’on a vues depuis le début du cours. Ce phénomène permettra donc d’accroître le nombre de corpus disponibles pour ce genre de recherche, à la condition que le format utilisé pour la numérisation permettre ce type d’interrogation et que ces corpus soient accessibles à la communauté et non concentrés dans des fonds d’archives privés (voir le texte de Daniel J. Cohen et Roy Rosenzweig au sujet de l’accessibilité des sources numériques http://chnm.gmu.edu/digitalhistory/introduction/).

Dans un futur pas si lointain, les archives du web constitueront une pièce maîtresse de l’étude historique des décennies 80, 90 et 2000. Ces archives, qui seront déjà sous une forme numérique, formeront donc un corpus incroyable pour ce type de recherches statistiques. Avec l’informatique, il n’y aura plus de limite aux nombres de données et les possibilités d’association de mots seront presque illimitées. Les bases de données ainsi crées seront donc des plus complètes et permettront d’établir des tendances fiables et pertinentes. L’avenir est donc prometteur pour cette méthode de recherche.

Jean-Philippe

 

Sources :

COHEN, Daniel J. et Roy ROSEINGBERG, «Introduction : Promise s and Perils of Digital History» dans Digital History: A Guide to Gathering, Preserving, and Presenting the Past on the Web, Philadelphie, University of Pennsylvanie Press, 2006. <http://chnm.gmu.edu/digitalhistory/introduction/> (23 octobre 2011).

GINGRAS, Yves, «Mapping the structure of the intellectual field using citation and co-citation analysis of correspondences », History of European Ideas, vol. 36, no 3 (2010) pp. 330-339. <http://www.chss.uqam.ca/Portals/0/docs/articles/2010/Correspondence%20HEI%28Gingras%29.pdf> (23 octobre 2011).


RealTimeWWII ou comment renouveler l’histoire de la Seconde Guerre Mondiale

Sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, j’avais l’impression que tout avait été fait. Des analyses hyper pointues aux films grand public en passant par les jeux vidéo et les coffrets documentaire vendus par une mauvaise publicité, sur l’un des évènements historiques les plus médiatisés, il est trop souvent question de « réchauffé ».

À mon grand étonnement, l’initiative de l’ancien étudiant en histoire de l’Université Oxford de 24 ans, Alwyn Collinson, montre qu’il est encore possible de renouveler l’histoire de la Seconde Guerre. En effet, le jeune homme a eu l’idée d’utiliser l’outil de microblogage Twitter pour raconter l’histoire de la célèbre guerre en temps réel.

Ainsi, depuis le 31 août 2011 à 4h45, 72 ans jour pour jour, voire heure pour heure, après l’invasion de la Pologne par Hitler, Collinson publie sur son blog RealTimeWWII une dizaine de Tweets chaque jour concernant les évènements-clé de la guerre. C’est ainsi que, à ce jour, 690 Tweets ont été publiés; ceux-ci sont, par exemple, des unes de journaux, des extraits de discours officiels, mais aussi des commentaires que les différents médias de l’époque ont recueillis des gens « ordinaires », ajoutons que l’auteur utilise des sources issues de plusieurs pays, offrant donc une perspective large des évènements. En plus des Tweets, l’auteur du blog intègre également des liens vers les discours, les vidéos et autres archives numériques desquels ont été puisées les nouvelles.

J’utilise le terme « nouvelles » ici puisque le blog donne réellement un effet de site d’informations en continu. L’un des objectifs de l’auteur était d’éviter l’histoire rétrospective. En entrevue avec Paul Sawers pour The Next Web, il dit (je traduis ici) : « Je ne veux pas anticiper le résultat des évènements puisque je veux que les personnes qui suivent mon blog ressentent un peu ce que les gens ont ressenti à l’époque. […] À ce moment, ils ignoraient que les Nazis étaient des monstres et même que la guerre allait devenir la Deuxième Guerre mondiale ».

Ce projet qui, selon la logique, devrait se terminer en 2017, la Seconde Guerre ayant durée près de 6 ans, vise ainsi à montrer comment les gens « ordinaires » ont vécu la guerre, Collinson veut rappeler leurs souffrances. En montrant l’histoire en temps réel et en offrant des témoignages des gens du commun, il espère rendre accessible et vivante cette histoire.

Ce projet se destine, évidemment, au grand public, n’offrant ni le recul, ni l’analyse essentiels à la discipline historique. Je trouve néanmoins que cette initiative en est une brillante et permet réellement de rafraichir l’histoire populaire de la Seconde Guerre mondiale.

Cloé C.

 

COLLINSON, Alwyn, « WW2 Tweets from 1939 », Twitter, 31 août 2011, <http://twitter.com/#%21/RealTimeWWII>, (27 octobre 2011).

RAYMOND, Grégory, « Un ex-étudiant raconte la Seconde Guerre mondiale sur Twitter », Le Post, 26 octobre 2011, <http://www.lepost.fr/article/2011/10/26/2623194_un-ex-etudiant-raconte-la-seconde-guerre-mondiale-sur-twitter.html>, (27 octobre 2011).

SAWERS, Paul, « How an ex-History student is using Twitter to bring World War 2 to life », The Next Web, 25 octobre 2011, <http://thenextweb.com/twitter/2011/09/25/how-an-ex-history-student-is-using-twitter-to-bring-world-war-2-to-life/>, (27 octobre 2011)


Histoire de Montréal: corpus archivistique en ligne.

Bonjour tout le monde!

Le 24 octobre dernier, François Gervais publiait sur notre blog l’article  » Le Vieux-Montréal et son patrimoine » dans lequel il montrait toute la richesse du site web du Vieux-Montréal  (https://his7008.wordpress.com/2011/10/24/le-vieux-montreal-et-son-patrimoine/).

En effet, ce site est une mine de renseignements pour ceux qui s’intéressent à l’histoire du patrimoine et à la géographie urbaine. Comme François le souligne, la carte interactive y est particulièrement intéressante, je dois avouer que je m’y suis attardé un bon moment! Dans la même veine, je voulais référer d’autres ressources en ligne à ceux qui s’intéressent à la géographie urbaine et plus particulièrement ici, à l’histoire de Montréal.

Premièrement, les Atlas disponibles sur le site de la Bibliothèque et Archives nationales du Québec offrent la possibilité de situer géographiquement le secteur montréalais analysé et de définir le type de bâtiment (http://services.banq.qc.ca/sdx/cep/accueil.xsp?db=notice). Ils nous donnent un aspect visuel de la répartition de la population sur les rues et les types de constructions présents, plus particulièrement, quand ils sont mis en relation avec l’Annuaire Lovell et les Recensements du Canada. Ensemble, ces trois sites d’archives permettent d’analyser une multitude d’informations, et ce, dans divers quartiers ou districts montréalais (ou autres régions du Québec).

Comme Atlas disponible, voici l’un des nombreux plans d’incendie de la ville de Montréal, celui du prolifique Charles Goad de 1912-1914, (quartier St-louis, tout près de l’UQAM actuelle).  Les bâtiments de pierres ou de briques sont en rose et ceux de bois en jaune.

Source: Bibliothèque et Archives nationales du Québec.


Pour le même lieu, voici l’Annuaire Lovell en ligne qui contient le nom des principaux résidents par adresse et leur emploi du temps (quoique les métiers ne sont pas toujours indiqués). (Exemple de la rue Dorchester en 1910-1911).  110643_1910-1911_0207
La dernière source en ligne à présenter et non la moindre est celle des Recensements du Canada entre les années 1871 et 1911. Ils livrent une multitude d’informations sur le lieu de résidence, l’âge, le lieu de naissance, la situation familiale, la religion, la profession et les gains de la plupart des habitants montréalais. Voici l’une des pages des listes nominatives du Recensement de 1911. (Toujours sur la rue Dorchester, (District 182, sous-district 23). e002076584

Ces trois types de sources mis en ensemble et sur plusieurs années permettent de répondre à plusieurs questions en rapport avec les Montréalais de l’époque:  phénomène migratoire, situation civile, caractéristiques socio-économiques, logement, environnement urbain, ect. Les informations sont cependant inégales et des zones d’ombre persistent sur certains traits de la vie des habitants. Ainsi, il faut apprivoiser les problèmes que peuvent engendrer ces sources : erreur des recenseurs, problème de numérotations, manque d’information, etc. Ces outils en ligne nous permettent ainsi de se frotter aux erreurs et obstacles des sources que nous devons contourner par une analyse exhaustive des données disponibles. Il faut donc éviter les conclusions trop hâtives et relativiser les chiffres et les sources à notre portée.

Ces outils, issue du développement incroyable des humanités numériques, démontrent l’accessibilité grandissante des documents historiques en ligne.  J’espère que ces liens seront utiles pour quiconque s’intéresse à l’histoire de Montréal.

Guillaume

Bibliographie:

– Le plan d’assurance-incendie de Charles Goad de 1912-1914 sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec:  http://services.banq.qc.ca/sdx/cep/document.xsp?id=0000174399&epage=4&eview=CARTES_PLANS/174399/174399_029.tif

– Annuaire Lovell sur Bibliothèque et Archives nationales du Québec:  http://bibnum2.bnquebec.ca/bna/lovell/

– Recensement du Canada de 1911:  http://data2.collectionscanada.gc.ca/1911/pdf/e002076584.pdf

http://www.collectionscanada.gc.ca/base-de-donnees/recensement-1911/001003-119.01-f.php?sisn_id_nbr=26700&interval=20&PHPSESSID=4diipl92vu14p34o9ups6g3727

http://www.collectionscanada.gc.ca/recensements/index-f.html


Lancement de QRpedia ! … mais qu’est-ce que la technologie QR?

                        En septembre dernier, Wikipédia lançait son service QRpedia.org qui permet de générer des codes QR. Cette technologie permet notamment aux milieux culturels d’offrir aux utilisateurs d’appareils mobiles l’accès au contenu de l’encyclopédie en ligne. Par exemple, une personne qui parcourt un musée pourrait avoir accès à l’article de Wikipédia correspondant à une œuvre précise et ce, uniquement avec son téléphone portable. Comment ? Grâce aux codes QR. Voici un exemple de ce type pictogramme au British Museum qui renvoie à un article de l’encyclopédie en ligne.

Source de l’image : Photographie prise sur le site Terence Eden Has A Blog. < http://shkspr.mobi/blog/index.php/2011/04/introducing-qrpedia/> (24 octobre 2011)

Qu’est-ce qu’un code QR?

Le code QR a été crée en 1994 par l’entreprise Denso-Wave qui permettait de suivre les pièces de voiture dans les usines de Toyota. Cinq ans plus tard, l’entreprise publie le QR Code sous licence libre. Le code QR (Quick response) est un type de code-barres en deux dimensions qui a l’avantage de pouvoir contenir beaucoup d’informations et de les transmettre rapidement soit à un lecteur de code-barres, un téléphone mobile, un téléphone intelligent, ou encore une webcam. Toutefois, rappelons qu’il existe déjà plusieurs applications qui génèrent les codes QR comme Zint Barcode Generator (logiciel libre, multi-plateformes), QR-Generator (Mac) et Kaywa QR-Code (en ligne). Alors,  QRpedia est un logiciel parmi d’autres, mais avec la particularité d’encourager les milieux culturels à promouvoir la consultation des articles de Wikipédia.

Comment ça fonctionne ?

Il existe plusieurs applications pour décoder les codes QR comme ScanLife ou QR Reader.  Avec votre téléphone, vous devez télécharger ce type d’utilitaire ou l’application Google Goggles qui offre ce service gratuitement.  Vous voulez essayer ? Téléchargez l’application de Google et faites une recherche à partir d’une photo.  Photographiez le code QR ci-dessous (avec un bon éclairage) et vous verrez apparaitre soit un message ou un lien internet. (Ceux qui réussiront à trouver l’information cachée, faites moi signe! )

Il faut reconnaitre que les nouvelles technologies d’information et de communication sur les appareils mobiles, appliquées au patrimoine, au tourisme et aux musées gagnent du terrain. La forte croissance des ventes des téléphones intelligents et le comportement de ces nouveaux utilisateurs rendent désormais essentiel l’accès au web à partir d’un appareil mobile. D’ailleurs, plusieurs musées intègrent déjà cette technologie. En France, on retrouve des codes QR au musée archéologique de Saint-Raphaël et au Québec,  l’exposition « D’après Notman » du musée McCord offrait la possibilité d’obtenir pour chacune des photographies  des informations supplémentaires en décryptant le code QR. Voici un exemple de leur utilisation présenté sur leur site.

Enfin, pour vous amuser,  la Société des musées maritimes offre un concours vous permettant de gagner une nuit à bord du sous-marin Onondaga si vous réussissez à déchiffrez le code QR dans le formulaire de participation. Alors, à vos téléphones et …bonne chance!

Marie-Josée S.

Sources :

LAFFONT, Nicolas, « QRpedia : des codes QR pour Wikipedia », septembre 2011.<http://www.branchez-vous.com/techno/actualite/2011/09/qrpedia_codes_qr_wikipedia.html> (24 octobre 2011)

«QR Code», Wikipedia,<http://fr.wikipedia.org/wiki/QR_Code> (24 octobre 2011)