Le musée du Louvre en ligne : exemple d’un projet de numérisation

L’un des articles que nous avions à lire cette semaine traitait, de manière précise et détaillée, des étapes à suivre lors de la réalisation d’un projet de numérisation. Naviguant régulièrement sur le site du Musée du Louvre pour ses sections sur les antiquités proche-orientales et égyptiennes entre autres, je me suis interrogé sur la constitution de la collection numérique et de la mise en ligne du plus grand musée du monde.

Le projet de numérisation des œuvres du musée a pris naissance au début des années 1990 et, à la base, ne s’adressait qu’aux internes, il était destiné à faciliter l’inventaire, la gestion et la documentation. De plus, il favorisait la préservation des œuvres, celles-ci étant, forcément, moins manipulées. Ce n’est que plus tard que le catalogue fut mis en ligne et rendu accessible au grand public.

Le site www.louvre.fr est né en 1995 et a connu une refonte complète dix ans plus tard. C’est 6 millions d’internautes qui le visitaient annuellement au début des années 2000. Ce site fut une entreprise de très grande envergure, ce sont des millions d’euros qui ont été investis par les mécènes et il a fallu cinq années pour le monter et le mettre en ligne.

A priori, il s’adresse à différents types d’usagers, il y a, notamment, des sections consacrées aux jeunes, aux familles, aux enseignants, aux journalistes ou encore aux entrepreneurs. La section Mon espace personnelpermet même de créer des albums personnalisés.

Il me semble, néanmoins, que la constitution du site et les informations qui s’y trouvent se destinent avant tout, mais pas exclusivement, au grand public, qu’il soit futur visiteur ou non. Rien d’étonnant à cela, dans la mesure où le Musée du Louvre cherche à attirer le plus de regards possibles, allant de concert avec la diffusion à grande échelle et la mise en valeur du patrimoine culturel prôné par le Ministère de la culture française.

Je trouve cependant dommage que l’on n’ait pas accès à la collection du musée qui n’est pas exposée devant public. J’ai d’ailleurs eu beaucoup de difficultés à trouver de l’information concernant ces œuvres qui dorment entre les murs inaccessibles du Louvre. Il se peut qu’elles soient consultables, mais rien, à ma connaissance, ne l’indique sur le site internet.

Quoiqu’il en soit, les 30000 œuvres exposées se trouvent dans la base de données Atlas où la recherche s’effectue en mode simple ou avancé; chaque notice y est agrémentée d’une ou de plusieurs photos et d’une fiche descriptive où l’on trouve les mêmes informations accompagnant l’œuvre présentée aux visiteurs. Notons que les informations contenues dans les fiches sont très détaillées et pertinentes à l’historien, on trouve non seulement les informations sur l’objet lui-même (dimension, matériel utilisé, description physique, …), mais également sur le contexte historique duquel il émerge.

Les informations données sur la page À propos concernant le projet du site internet n’ont apparemment pas été mises à jour depuis 2005, ce qui est curieux dans la mesure où on loue l’interface d’alimentation décentralisée qui permet une mise à jour rapide depuis chacun des services du musée ! Nous savons donc quels étaient les nouveaux projets pour 2005, mais ignorons, 6 ans plus tard, ce qu’ils sont devenus !

Bien sûr, le site continu d’évoluer et le Louvre s’approprie les récentes technologies. Il y a, par exemple, un projet de numérisation en trois dimensions qui en est encore à ses premiers balbutiements. Interviewée par Euronews, l’une des conservatrices du Louvre, Anne Coulié, vante les mérites de l’imagerie 3D «qui donne une couverture photographique totale de l’objet» et permet une vision d’ensemble de celui-ci. La manipulation des objets de grande valeur étant, évidemment, interdite au public, ce dernier appréciera aussi cette technologie qui permet, virtuellement, de manipuler l’objet à sa guise.

En terminant, ce site s’avère un outil pratique pour l’historien, cependant, certaines informations pourraient l’enrichir davantage et je suggère la mise à jour des renseignements concernant le site en lui-même de même que les nouveautés qu’il projette.

Cloé

« À propos du site internet du Louvre», Musée du Louvre, <http://www.louvre.fr/llv/apropos/accueil_apropos.jsp?bmLocale=fr_FR >, (25 septembre 2011)

« Numérisation du patrimoine culturel : programme de numérisation », http://www.culture.gouv.fr/culture/mrt/numerisation/index.html, (25 septembre 2011)

DALBÉRA, Jean-Pierre, « La numérisation au Musée du Louvre. Entretien avec Bruno Zeitoun », dans Culture et recherche, numéro 71, mars/avril 1999, <http://www.culture.fr/culture/mrt.htm>, (25 septembre 2011)

EURONEWS, « La nouvelle dimension du patrimoine culturel », Euronews 2011, 8 septembre 2010, http://fr.euronews.net/2010/09/08/la-nouvelle-dimension-du-patrimoine-culturel/, (25 septembre 2011)

VANDRIES, Joëlle, De la diffusion des œuvres d’art à leur protection contre le trafic illicite : les enjeux des bases de données sur Internet, Mémoire de M.A. (Histoire de l’art), Université Paris1, 2005, 100p., <www.observatoire-critique.org/IMG/MEMOIRE1.pdf >, (25 septembre 2011)


2 commentaires on “Le musée du Louvre en ligne : exemple d’un projet de numérisation”

  1. Un projet de numérisation comme celui du Louvre est en effet fort impressionnant: on imagine mal quel travail doit être derrière une aussi grande tâche. Je sais de quoi je parle: je suis découragé par quelques photocopies (et par les photocopieurs disons le)!
    Ta remarque sur l’absence de mises à jour dans les projets m’a fais rire. Dieu sait que les information sur un site web sont rapidement périmées… Après visite sur cette page, je crois que ces projets sont toujours en cours depuis 2005; il faut dire que le Louvre à quand même de l’ambition…

  2. noushkadum dit :

    Ayant déjà utilisé le site du Musée du Louvre ton article m’a beaucoup parlé. En effet, le site du Musée du Louvre est un bel exemple de collection numérique. La richesse de son contenu est, selon moi son point le plus fort.
    Lors de ma troisième année de Bac, j’avais un exposé à faire sur les Grottes de Kiev au début du XIVe siècle. Comme tout médiéviste et ne parlant pas Russe, j’ai été confronté au manque de sources, surtout iconographiques. Je parlais de cela à l’un de mes proches, et celui-ci m’a expliqué qu’il y avait une exposition temporaire au Musée du Louvre sur La Sainte Russie. Je suis allée sur le site et j’ai découvert la présentation de l’exposition et son contenu. J’ai ainsi pu illustrer mes propos, en utilisant la métadonnée ou notice de l’iconographie inscrite en dessous de l’illustration .
    Encore aujourd’hui, soit un an après mon exposé, je suis allée dans la partie Archives des Expositions, et j’ai pu retrouver le site dédié à la Sainte Russie. J’ai été très surprise de voir qu’ils archivaient aussi leur Exposition temporaire, et qu’il m’était encore possible de retroucer l’image utilisé il y a un an. Le musée a su et sait s’adapter au changement, afin de rendre le plus accessible possible ses expositions, que ce soit pour le grand public ou pour un public plus spécialisé.
    Fanny Dumoulin
    http://mini-site.louvre.fr/sainte-russie/index_f.html


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